LE PORTRAIT. LES PARTICULIERS
Sommaire. — I. Personnages illustres. — II. Personnages obscurs ou anonymes. Evolution du portrait en sculpture. — III. La production industrielle. — IV. Types provinciaux. Les Celtes. Palmyre, l'Egypte.
i; l". — Personnaç/es illuslres.
Les hommes politiques antérieurs aux Césars ne i-evivenl que dans des œuvres qui datent toutes, monnaies comprises, du dernier siècle de la République, qui, par conséquent, pour ceux d'une époque plus lointaine, n'offrent aucune garantie de fidélité. En outre, dans liconographie impériale, ce sont quelquefois des douzaines de médailles ou de bustes qui relèvent de notre examen : il s'en dégage une impression d'ensemble. Pour les célébrités de la fin même de la République, la rareté s'ajoute à l'imprécision ; bien souvent nous n'avons même pas le secours limité d'une monnaie inscrite. Nous nous bornerons donc aux personnages dont l'identification présente au moins une grande probabilité.
Nul n'oserait remonter au delà de Scipion IWfricain. dont l'activité se place entre '218 et 183 environ. Ses traits nous sont rendus, très vraisemblablement, par divers bustes en marbre, dont un, au Capitole ', accompagné d'une inscription de forme antique, qui semble pourtant une addition franchement moderne - ; plus sûr paraît être un autre buste, en bronze, du musée de Naples (fig. '28"2): il le vieillit beaucoup plus, mais, malgré la tète rasée, le front chauve allligé d'une grosse loupe, la bouche édentée, fine cependant, son air grave et froidement méditatif lui donne un très noble caractère.
Après Scipion, nous d(fvons, d'un bond, franchir plusdun siècle. Une tète de marbre du \'atican ^ passait couramment jadis pour celle de Marins, parce qu'on y reconnaît la tète d'un rustre, ce qu'il fut