I.L- l)iiii(jiiicr L. Caecilius Jucuiulus
((Cliché Moscioni .
1. Voir plutôt un cippe de \y-Carlsherg : Allmaun, Graballàre. p. 214, lig. 173. n» 276.
2. Chr. Hiilsen, Rhein. Mus., LXVIII l;'J.3^. p. 1(;-2I. V Mau. Pompeji, p. 464, fip. 27 1.
ôl8 IV. LE PORTRAIT. LES PARTICULIERS
portraits de jeune fille. L'un, du temps de Claude, représente peutêtre cette Minatia Polla, de quatorze ans, dont on a retrouvé l'urne funéraire inscrite à son nom, dans la même chambre sépulcrale ' ; l'artiste n'a rien atténué, dans le front, le nez et les lèvres, de ce qui l'individualise sans l'embellir, la beauté de cette figure étant dans une certaine expression de mélancolie. Le deuxième '-,qui date du philhellène Hadrien, a dans l'extrême régularité des traits, dans l'ovale impeccable du visage, dans le regard, que rend maladroitement une technique à ses débuts, quelque chose d'assez conventionnel. Rappelons en elfet que si, dans les reliefs de VAra Pacis, on voit déjà la pupille indiquée, il faut attendre un siècle, sauf exceptions très rares, pour que ce procédé s'étende à la ronde bosse ; peu à peu il se perfectionne ; alors la pupille, comme dans la réalité, est souvent reproduite avec une convexité plus prononcée que celle du globe de l'œil, et légèrement enfoncée dans celui-ci ; le rebord de la dépression fait une ombre qui donne de la vie au regard ; pour lui prêter une direction apparente, on place sur l'iris des points de lumière, qui consistent dans une petite pointe émergeant du fond ^.
Les menus détails matériels permetlenl, avec dautres données, de fixer une date approximative ; chaque génération a ses procédés. Au début de l'Kmpire, on ne se fait aucune nécessité d'aplanir, dans le rendu des vêtements, les traces des coups de ciseau : nous le constaterons, par exemple, dans legroupe des" Epoux romains». Sous les Flaviens, on est moins préoccupé des effets linéaires que sous .Auguste; le modelé se transforme, devient plus rond; les changements de plans se marquent par transitions insensibles ; il y a là surtout des effets de lumière, cette sorte de pittoresque qu'on a appelé « l'illusionnisme ». Deux monuments caractérisent cet art du i*""" siècle finissant.
Le cordonnier G. Julius llelius ^lig. 289) surgit d'un renfoncement, dont le marbrier n'a point su arrondir les contours et atténuer ainsi les ombres trop intenses ; de même le modelé du corps est bien sommaire et celte poitrine rebondie n'est point celle d'un homme ; mais, dans son honnête conscience, qui ne nous a même pas fait grâce d'une verrue à longs poils au coin des lèvres, l'auteur
1. Strong, Rom. Sculpture, pi. cxi ; .VItmann, Gnihnlliire, p. 48, fip. .Ift : Ilclbig, Fiilirer. n° 1 i ift rmisêedcs Thermes .
2. Slroiijî, ibifl.. pi. c.wiii ; llelbijr, o/>. cil.. i\° 11»" même musée).