‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 35 sur 509 · ROUTES · texte numérisé non relu

ROUTES

delà voie ' » (fîg. 18). Mêmes remarques ont été faites à propos des voies des régions rhénanes dont M. Durm donne la coupe ^ (fîg. 19). Les quatre couches en partant du bas donnent: 1° grosses pierres régulières formant radier; 2° cailloux noyés dans du mortier; 3*^ cailloux plus petits ; 4" sable et petites pierres.

I-'ig'. 18. — Coupe de la voie romaine de Carlhage à Tébessa, d'après M. le D'' Carton.

rSfMais pour les routes moins importantes on ne s'astreignait pas à un travail aussi dispendieux ; on négligeait tantôt l'un, tantôt l'autre, des éléments ci-dessus énuniérés ; la nature des terrains influait nécessairement aussi sur le mode de confection de la voie.

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19. — Coupe d'une voie romaine des bords du Rhin, d'après Durm.

«' Dans le Calvados, écrit de Caumont^, les routes antiques les mieux conservées m'ont offert une couche plus ou moins épaisse de pierres calcaires concassées et battues ensemble, reposant immédiatement sur le sol naturel ou sur des pierres dun volume considérable formant le slatumen. J'ai trouvé seulement dans quelques places cet encaissement recouvert d'un lit de pierres cubiques irrégulières, formant la sununa crusta, » Pareille observation a été faite souvent dans les dilTérentes parties de l'Empire^.

1. Carton, Découv. épigr. et arch. faites en Tunisie. Paris, 1895. 8", p. 3â et suiv. cl fifî. 17; Bosrcdon, liée. île Conslantine. XVIII. 1876-7. p. 52.3. ■J. Baiikiinsl der Romer, \>. 431 .

•J. :\ntiq. mon., II, p. 93.

î. \'oir pour l'Afrique, Gsell, .^Inniinienls de IWhférie, II, p. i.

Suivant Payen', la voie militaire du Nord de TAurès était constituée de la façon suivante : k On a creusé, écrit-il, une tranchée longitudinale de la largeur de la chaussée et profonde de 0"75 à 0™80. Au fond de rencaissement, il a été étendu un lit de menu gravier de 0 ■" 08 à 0 ™ 10 d'épaisseur et sur ce sable rugueux on a bâti, sur près de 0 "^ 20 de hauteur et selon les ressources locales, une assise de dalles ou de pierres dures ou de galets liés par une coulée de mortier de ciment de tuileaux ou de terre siliceuse. Par dessus cette fondation, déjà très solide, on a successivement superposé : 1° Une couche d'environ 0'"15 de béton de pierres cassées ou de galets ; "2° Une couche de même épaisseur, constituant le novau de la chaussée et composée d'excellent ciment, mélangé avec du gros sable ou du petit gravier ; 3° enlin une couche dernière de ciment rustique couvre ou mieux couronne l'œuvre éternelle ; et c'est dans ce revêtement extérieur très convexe que les trois bordures ont été implantées, et aussi, çà et là, des cailloux bruts, destinés à ajouter de la force de résistance aux surfaces de roulement. »

La même variété existait pour le pavement. 11 a été dit plus haut que la couche supérieure pouvait être formée soit de grandes pierres formant dalle (la voie était alors dite via muni(a) soit de cailloux agglomérés (via (jlareala). Les grandes roules étaient généralement pavées, parce que la circulation des voitures y était active ; ainsi en était-il des voies de la campagne romaine, dont la chaussée a été retrouvée intacte sur plus d'un point '-; en particulier de la voie Appienne, qui conserve encore pendant la plus grande partie de son parcours son pavement antique ^. (Jn en pourrait citer bien d'autres, en Syrie ', en Arabie °, en Gaule **, etc.

Mais il n'était pas rare que des routes, même stratégiques, fussent simplement recouvertes d'une couche de cailloux. La voie de Car-

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