IV. LE PORTRAIT. LES l'ARTICL LIERS
placé dans une niche profonde, et Ion serait tenté d y voir un porti-ait d'ancêtre dans son armarium '.
A meilleur compte on obtenait également, pour les exposer dans le vestibule de la maison ou au columbarium, de simples plaquettes où se détachaient des ligures familiales avec le relief atténué dun médaillon. Nous donnons fig. '290 comme exemples
Fi-. 291. — Plaques funéi-aiies des Caltilii Cliché Moscionii.
caractéristiques, et non pour leur valeur d'arl, les profils de Caltilius Ililarius et de Callilius Celer (musée de Latran, i" siècle), qui ont au moins une certaine saveur réaliste, et où Ton remarquera Tœil dessiné de face, à la manière archaïque. Un souvenir tardit des anciennes imagines se manifeste encore peut-être sur le couvercle du sarcophage des Amazones (fig. 325) : derrière les deux bustes, le sculpteur a indiqué des draperies sur lesquelles, dans la réalité, les porlrnils devaient se détacher au seuil de la maison. Un compromis entre la plaquette et le buste est réalisé par un groupe qui nous est fort mal connu : ce sont ces imagines clipentae, surgissant dun bouclier qu'on suspendait dans les édifices publics ou les habitations, ou qui encore, dans des dimensions plus minimes,
1. CepeiKlant, chose bizarre, il apparaît .luc la niche a dû cire close fMcndel,^ Srnlj)!. (lu Mus. ollom., I, p. 127, n° 35).
constituaientdes piècesdapplique pour mobilier^ On voyait ainsi le portrait d'Auguste sur un bouclier d'argent exposé dans la curie. Un relief funéraire - représente le mort étendu sur un lit à côté de sa femme assise ; au fond de la scène, dans un clipeus, limage d'un homme âgé, sans doute un ancêtre. Un autre relief ^ nous montre un sculpteur donnant les derniers coups de ciseau au support d'un bouclier analogue, duquel émerge la tète dune jeune femme, peut-être celle qui pose la main sur le rebord et qui a pu être le modèle. Il n'est pas invraisemblable que ce genre d'objets ait contribué à donner l'idée des bustes placés sur les cippes dans une niche ronde, et des portraits enfermés dans un cercle qu'on observe sur certains sarcophages ; ces derniers seraient de vraies imàxjines clipealae si le sculpteur n'avait réduit le relief pour le rendre moins fragile ^.
Un rapprochement s'impose d'autre part avec les cruslae ou emhletnala de la vaisselle de luxe, petits bustes décorant le fond de certains vases. Leur origine paraît bien être italique : on a exhumé des ruines de Venafrum (Samnium) une de ces coupes céramiques à relief de la série dite de Calés, ayant dans le fond une tête d'Hercule en relief ''. Des images divines ornent de la sorte les pièces d'orfèvrerie : une Minerve en pied, les bustes de Cybèle et d'Attis, Hercule étouffant les serpents, sur des coupes du trésor de Hildesheim ; Mercure, les bustes juxtaposés de Mercure et Vénus, sur des pièces de celui de Berthouville ^. Mais on plaçait aussi dans les phiales des effigies humaines, témoin celle qui a été signalée dans une collection autrichienne, à Wels ", et d'autres qui appartiennent au trésor de Boscoreale au Louvre : un buste de l'Afrique idéalisée, un portrait d'homme et son pendant, un portrait de femme, dérobé au cours des fouilles el entré depuis au Musée britannique ^. Ces deux derniers étaient, peut-on croire, limage
1. Déjà en usage dans le monde grec : Diltenbcrgcr, Orient, (jr. inscr. sel., n" 571. note 4 ; B. C. //., XXXVIII (1911), p. 66.
2. Mus. Capitol., pi. xxiii, p. 13S; Allmann, Grahaltiire, p. 204, %. 161. .3. S. Reinach, Reliefs, III. p. 405, 1.
4. Cf. ibid., p. 405, 2. Par cxce|)tion, bustes en liaut relief, dans des médaillons, sur un sarcophage d'Analolie méridionale Monumenti aniichi dei Lincei. .\.\III [1915], p. 165, fig. .39,.