‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 368 sur 509 · MYTHOLOGIE FAMILIERE · texte numérisé non relu

MYTHOLOGIE FAMILIERE

de vin ou vidée par eux; ils la portent sur l'épaule avec une belle gravité, boivent à même ou. repus, s adossent au précieux récipient, manière de traversin qui aide à cuver livresse. Lart grec de là meilleure époque avait déjà maintes fois traité ce sujet ; il l'a transmis aux âges suivants '. Un motif amusant, que reproduit un bronze d'Herculanum, nous est fourni par le Silène à califourchon sur une outre, dont rorilîce donnait issue à un jet d'eau K Au Vatican, on conserve deux figures de fontaine symétriques : deux Satyres tenant par le col une outre posée sur leurs genoux et brandissant une grappe de raisins 3. Ces exemples nous montrent que le Satvre à l'outre navait pas gardé en Italie une signification officielle exclusive, en dépit de celui qui se dressait à Rome (fîg. 336), au forum même, et dont une copie se retrouvait sur la place publique de toute ville dotée dun avantage mal connu, peut-être le jus Ilaliciim *. Pan, quoique dieu lui-même, a parfois des attitudes pleines de bonhomie; le voici qui retire obligeamment une épine du pied d un Satyre qui paraît beaucoup souffrir •'. Le sujet a plusieurs variantes ; le Louvre possède la réplique d'un original différent, de moinsjoyeuse invention ^ Rien de plus fréquent encore que le Faune qui danse ou serre de près quelque Ménade ou quelque Nymphe, lui brutal, elle espiègle et se défendant pour la forme. Bacchants et Bacchantes de toutes sortes complètent une abondante série; notons-en un, tout joyeux, qui lutte avec un bouc dont il a par jeu saisi les cornes ".

Le groupe de Vénus ne se prête pas moins à cette statuaire en quelque sorte anecdotique. Peut-on compter dans les effigies religieuses ces innombrables « Aphrodites pudiques .. cachant, c'est-àdire soulignant, leur sexe des deux mains? ou bien dans la sculpture de genre, celle que sauve de la lubricité l'insignifiance irritante d'un visage toujours inexpressif? Le cas est embarrassant. La déesse

1. Satyre ivre du Vatican : AmeIunJ,^ Skulpt. des Vatik., H, pi. ,. n" 267 Les Satyres adolescents ont davantage la possession de leurs sens : cl", le très calme .<»atynsque a I outre de la Glyptothèque de Munich : S. Reinach, Stalunive I p. II /, 6. ' '

2. Museo Rorhonico, HI, p|. xx,i- Saglio, Dict. des Anl.. fig. 3158 1. Amelung. o[,. cit., pi. v à g. et à dr., n- 32-33.

/.i;-^"'"','!""'"^''''^''^'*'"''^- ■^^' ''''3- I'- ^''": -^''- Heinach. A7,„. XIV (lyj I , p. 33 / .

5 Roscl.er, Lexikon, au m.,l /',„., p. r,i:: lU-lUr^. Fuhrer, I, „» 336; S Heinach, .S/a<Ha«re, I, j). i]2, 5.

♦j. Reinach, op. cit.. I, p. lio, o.

:. Babelon-Blunchet, lironzes de h liihl. Nal., p. 203. n" 401.

Page 1