‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 389 sur 509 · LES ENCADREMENTS · texte numérisé non relu

LES ENCADREMENTS

11 arrive que le marbrier fasse involontairement de 1 archaïsme en copiant quelque modèle plus ancien : claudien par la forme de son fronton est un autel du \'atican ', augustéen pkr le décor, surtout sur les faces latérales, où les rinceaux d'acanthe entourent très joliment un petit panneau, dan? lequel se détachent en fort relief deux rameaux d"olivier. Il s'est fait dailleui'S en ce genre des sortes de poncifs circulant d'atelier en atelier, et les exemplaires de province ne diffèrent guère de ceux de Rome. Pourtant un spécimen dArles, le monument de Sempronia Tertulla -, marque une tentative pour renouveler le motif dans ses détails : les deux rinceaux indépendants y partent, non d'une touffe dacanthe. mais d'un vase à deux anses. Le riche tombeau de Naevoleia Tvche. à Pompéi, qui remonte aux Haviens ^, nolï're rien au contraire de particulier, saufqu'il nous achemine, comme celui de Quietus, dont il a déjà été question, à une série de cippes où le socle, qui consiste habituellement en un tronc de pyramide sur un dé, ne reçoit plus de simples moulures rectilignes : le décor se prolonge sur le premier de ces deux éléments, où il forme des zones variées, el aussi sur les différentes moulures qui se profilent immédiatement au-dessous du couvercle à fronton.

Tel est le cas pour un autel de \aples ■*, dont l'encadrement es! très spécial : les rinceaux figurent à la partie supérieure seulement ; sur les côtés sont deux tiges rigides, doù partent une série de feuilles et de pousses. On ne remarquera pas moins un cippe du Latran (fig. 305), parvenu jusqu'à nous en pitoyable état; mais son délabrement n'empêche pas de reconnaître par places tout le raffinement dont il témoigne: alignements de feuilles très découpées, grandes ou menues suivant la largeur de la zone ; rangées de perles et d'oves, de denticules, rais de cœur, postes, rinceaux délicats où butinent de gentils oiseaux ; tout cela, à vrai dii'e, répète des formules déjà connues, mais le mérite propre de l'ouvrage est dans leur agencement, dans le rare fini du travail, dans les jeux de lumière et d'ombre, qui donnent à distance l'illusion d'un ouvrage de broderie.

t. Altmann, Grabaltiire, p. 131, fig. 107-10«. iv 1 10. 2. Ihid., p. 1.32, fip. 110. n" lîl.

6. yiiiu. Pompeji, p. îll.fi};. 261; Bauingartcn, llcllen. nitti. Kiillur. p. .lOU. fig. 202.

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