LA COURONNE
§ \ II. — La couronne.
Fréqueramenl revient sous l'Empire un motiC de décor hérité de l'art f^rec. la couronne de feuillage. Dans le principe, elle rappelait la couronne civique, décernée à qui avait sauvé un citoyen ; puis elle prit une valeur essentiellement ornementale, à laquelle s'ajoutait peut-être, plus ou moins, le sens mystique qu'on y attachait en Orient ', où la couronne symbolisait la victoire remportée par le défunt sur les puissances du mal, j^râce à une vie pieuse qui lui assurait l'immortalité. Généralement, les couronnes étaient attachées dans le bas - par une bandelette dont les rubans, avec des courbes
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l,M"acieuses, allaient {garnir les ang^les inférieurs de la face. Il en est d'assez banales, comme les couronnes de chêne de deux autels, au Capitole •'' et au Louvre ''. Une autre, sur un autel de Pompéi dédié à Vespasien ', sedistinj^ue par un faire un peu sec, mais minutieux, et le cercle en relief qui l'entoure lui ménage un cadre attrayant. Vn sculpteur d'Arles a réalisé eu ce genre une fort belle œuvre, «l'un singulier accent de vérité, qu'Allmann *"' a finement analysée :
I. F. Ciimonl. 7?ei'. de Vliist. des reliyions, XLII 1910), p. 1 15.
■J. La couronne fig-ure en liant sur le monument de ('alvcntius Qnietus <.•{'. plus haut, p. 562, note 1) : Mau, op. cit., t'ig. 261.
•H. Mus. Capitol., pi. i.xxxni. p. 310: Altmann, GrabalUire. p. IS.H. fi^'. lis, n° 248.
*. Altmann. ihid., p. 1.S2. fi}.'. 1 16, n° 213.
). Ihid.. |). 181, fi{,'. I 15, n" 242.
<i. Ihid . p. 185-186. fi},'. 150: Espcranclien. Bas-relirfs. I. p Ils.
les feuilles dessinent une légère concavilé vers l'extérieur, dans laquelle se loge un gland: il en résulte que seuls sont éclairés les glands et le pourtour des feuilles: de là un très curieux effet de jour frisant. Avec moins de métier, mais plus d'invention, l'auteur d'un fragment qui est aujourd'hui dans lavant-cour de l'église des Saints-Apôtres, à Rome (fig. 306), a fait mieux encore : il a posté à l'intérieur de la couronne un aigle, dont les ailes, fièrement étendues, affirment leur envergure en passant derrière le feuillage. Nous trouvons même, à une date très basse, à la lin du iii*" siècle, sur un autel dédié à Jupiter Sol Serapis ', ce motif de la couronne de chêne traité avec vigueur, mais non renouvelé. Depuis longtemps, près de deux siècles, le décor strictement ornemental est peu apprécié; les efTorts des sculpteurs tendent surtout vers la figure humaine et les scènes développées.
1. AUmann, Graballiire. p. 183-JSi, fig. I Ut, n" 249; Slron^. Rom. Sculpture. pl.xcvii: S. Reinach, Relief.'!. III. p. 1S8, 3.