CHAPITRE VII
SiiMMAiRK. — I. Di''(înitioii. — II. Le sacrifice. — III. Cortèges de fêtes. — W . Divinités en action. — Y. Cérémonies privées. Le mariage. — VI. Scènes (le mystères.
i< !'' . — Définition.
Les bas-reliefs relig^ieux sont, pourrait-on dire, innombrables, et il suffit de feuilleter les trois gros volumes du Répertoire de reliefs de M. Salomon Reinach, qui ne donnent qu'un choix forcément limité, pour voir combien d'exemples variés trouveraient place à bon droit sous cette rubrique. Mais notre plan en exclut la grande majorité.
Beaucoup, et ce sont généralement des ex-voto, plus modestes qu'une statue, nous donnent l'image d'une divinité ; mais nous avons dû nous en servir accessoirement, en même temps que des ouvrages de ronde bosse, en étudiant dieux et déesses, et nous n'aurons guère à revenir sur cette série.
Nombre d'autres, des scènes mythologiques pour la plupart, se rencontrent sur les cippes funéraires ou les sarcophages ; mais Comme ces sujets sont des allusions, plus ou moins directes ou enveloppées, à la mort et à l'au-delà, il est infiniment plus logique (le les comprendre parmi les reliefs funéraires.
Enfin un groupe important de reliefs nous mettent sous les yeux des cérémonies du culte, mais à l'occasion d'un événement donné, en y introduisant des figures officielles, que d'autres, à vrai dire, pourraient rem|)lacer bien souvent sans rien changer d'essentiel ; <es reliefs religieux deviennent plutôt par là des reliefs historiques. Certains ouvrages de doctrine rangent même sous ce dernier nom les sujels similaires, quoique sans figures historiques, parce qu'ils -<• rattachent au groupe ou font partie d'un ensemble dans lequel fondent les tableaux commémoratifs.
.Aioulons cpio diverses scènes religieuses sont conçues dans un
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vu. BAS-RELIEFS A SUJETS RELIGIEUX
esprit qui nous amène encore à les reporter ailleurs, parmi le> sujets de genre. On voit combien ce chapitre est tinalement restreint. Mais il est naturel de lui réserver certaines représentations d'un caractère extrêmement général et dont il se découvre de temps à autre quelque exemplaire nouveau. Il en est une qui se rencontre à satiété, le sacrifice.
.^11. — -Le sacrifice.
Le sculpteur nous montre telle ou telle phase de la cérémonie. Tout d'abord, une frise du temple de ^'espapien. à l^ome, construit vers 80, va nous faire voir, rassemblés, les instruments qui
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Inslrumciils de sacrifice Cliché Moscioiii)
servaient aux sacrifices tig. Ii07;. Cette frise — on remarquera combien les genres voisinent et parfois se superposent — a élé^ entendue d'une manière franchement décorative. .Au-dessous d'une corniche somptueusement ornée de feuilles d'eau, de palmeltes, de' rosaces, de feuilles d'acantiie, de rais de Cfi-'ur, de den.ticules, enlrCj
deux bandeaux dune finesse de dentelle, et, en largeur, entre deux bucranes à bandelettes, qui sont une allusion claire aux victimes, saligne, en désordre apparent, la série, d'ailleurs incomplète, des instruments. Bien que destinés à être vus à distance, ils ont été sculptés avec le plus grand soin : le bonnet du prêtre, surmonté de Vapex, est richement brodé ; après Taspersoir vient le vase d'eau lustrale praefericalum), dont un jeune Kros, penché vers l'intérieur, forme lanse, et couvert en plusieurs zones d'animaux et de scènes de chasse ; c'est ensuite le couteau à égorger, la patère à libations avec un superbe emhlema au milieu de feuilles rayonnantes, la cuillère à puiser (simpuliim) et la hache dont on frappe le tain-eau. Les diverses pièces ne sont pas à la même échelle ; lartiste a rapetissé celles qu'il ne pouvait guère décorer ' .
Une des premières opérations du sacrifice consistait à répandie des grains d'encens et autres matières sur l'autel allumé. C'est ce que figurent plusieurs reliefs '^, un, notamment, de la villa Albani, où ce sont des femmes qui accomplissent le rite ^ devant la façade d'un temple. Le voue (suffihulum] qui leur couvre la tète, la forme ronde de l'autel, forme chère à Vesta, tout donne à penser, comme on l'a dit ', que ces prêtresses sont des Vestales ; la matrone, pareillement vêtue, assise au premier plan, sceptre en main, ne pourrait être alors que la déesse elle-même supposée présente.
Un des panneaux de VAj\i Pacis, conservé au musée des Theimcs de Rome (fig. 308,, a fait l'objet de commentaires variés. Au pied^d'un chêne se dresse iin autel en pierre-^ brûles, sur lequel ont été posées des guirlandes ; tout à côté deux jeunes gens aux pieds nus, les camilli, couronnés de lauriei-, prêtent leurs bons offices ; l'un a sur le bras la rnappa à franges et de la main gauche avance un vase plat charj^é de fruits et de feuillages, la droite abaissée tenant le praefen'cnlnm ; l'autre amène la truie qui doit
1. 11 existe daulres frises fort aiiali»ffiies : Mus. (Jupilol., p. 261. n' 100. et 262, n" 104, pi. i,xi = S. Reinach, Ileliefs, 111. p. 216, 4-.i : H. Willcrs. Seue Unter.iuchiingen iiher die rnmixche Industrie von (Jiipua. Hanovre, 1907. S", pi. V. 4 [à l'amphillu-atre de cette ville].
2. Cf. celui (rAlcamciie teiiani l'imafcc de cirede son fils (Reinach, Heliefs, Ml. p. \i'.>. 1 .