SCÈNES DE MYSTÈRES
sujet linitiation d'Héraclès aux mystères d'Eleusis : lacchos portant le flambeau et l'hiérophante, vêtu comme il convient à l'officiant, accomplissent une libation; 1 initié est assis couvert de son voile; Coré, debout, purifiant la terre avec la flamme de ses torches inclinées ', le sépare de Déméter assise sur la ciste sacrée. Quelques surcharges dans ce tableau trahissent la copie tardive d'un orij^^inal i;Tec des meilleurs temps.
Les doctrines des mystères n'ont rien, enefTet. d'essentiellement romain; c'est un héritage de la Grèce, de l'Asie, de l'Egypte; mais, dès la République, Rome l'a pour une bonne part recueilli et plus tard amplifié, sous l'influence du syncrétisme impérial si complaisant. I^es confréries se multiplient; on spécule toujours davantage sur les idées de vie future ; on oppose au christianisme l'union mystique avec la divinité, avec tous les dieux ; presque tous ont leurs mystères auxquels on se fait initier à l'envi. Les (l'uvres d'art témoignent de ces préoccupations, de cette mode si répandue. Témoignages très peu clairs, bien entendu, puisqu'ils rappellent des cérémonies dont le fond doctrinal devait s'enfouir silencieusement dans les consciences auxquelles il avait été révélé.
Parmi les monuments les plus difficiles à interpréter, on noiera le verre Pierpont Morgan ^, dont les sujets paraissent concerner l'initiation au culte de Priape, comme le balsamaire du musée archéologique de Florence ^ ; dans ce dernier, l'initié porte Jui-même sur sa tête le van mystique. Peut-être est-ce là la phase dernière de l'oblation. La première nous serait connue par une série de reliefs (Ml terre cuite, comme la plaque Campana au Louvre ' ou celle de Hanovre ' : l'initié, complètement voilé et s'inclinant, est entre deux Bacchantes, dont l'une lui saisit la tête, sur laquelle va s'éle- \er le van, et l'autre frappe un tamijourin. Cette corbeille sacrée, tenue par un Silène, regorge de fruits au milieu desquels s'érige un phallus. Nous avons ici un aperçu des mystères de Bacchus ; il -agit de ceux d'l'"leusis, évidemment, sur l'ossuaire de l'Esquilin ^, j)uisqu'à une extrémité de la scène on retrouve les Grandes Déesses, avec les flambeaux et le serpent, dont s'approche le niystagoguc :
1. Cf. le relief de Naples Heiiiacli, lielief's, III, |). s'.>. L' : Huoscli. Giiidn di .\npoli, n° 5GS), idcnliquc pour ces détails : ce sont n'-pliques iln ni(-nn'iiio(lèK'.