RELIEFS FUNÉRAIRES
SoMMAiiuî. — I. Imajj,cs funèbres proprement dites. — II. Allégories mythologiques. — 111. Symboles sépulcraux.
Celte rubrique, rappelons-le, se l'onde, abstraction faite des types de monuments, sur la seule nature des sujets. Parmi eux, nous distinguerons plusieurs catégories. Les uns se reconnaissent au caractère ouvertement funèbre de la scène; ce ne sont pas les plus nombreux. J^a plupart — soit aversion instinctive pour les tableaux de mauvais augure, soit héritage des idées grecques qui tendaient à concevoir la mort comme révénement le plus naturel et à la figurer sous un jour qui n'attristât pas la vie — sont plutôt des allusions à la sombre visiteuse. On reproduit donc sur le cippe, plus souvent sur le sarcophage, ou bien quelque scène, généralement mythologique, où elle a le premier rôle, ou un motif très simple qui semble, à première vue, tantôt anecdotique, tantôt purement ornemental, mais qui, par la voie du symbolisme, répond habituellement à la même idée élémentaire, celle de la grande loi ([ui pèse sur l'humanité.
§ P'". — Inia(/es funèbres proprement dites.
L'image brutale de la mort, dans ses traits les plus réalistes, est fort exceptionnelle. Plie apparaît pourtant sur un cippe du Hritish Muséum ', de basse époque (ni" siècle) et qui se ressent peut-être vaguement des influences chrétiennes. Dans un petit panneau, on remarque un squelette étendu tout du long; au-dessous, des vers grecs demandent au passant s'il pourrait dire : ce l'ut là Ilylas, ou Thersite — les types achevés de la beauté et de la laideur humaines. — J>a mort nous fait tous semblables.
I. Sciilpl. nj lir. Mus., lll.lig. ."):>, n" 2391. Antre s(iueletle sur un cippe de Napics, reproduit d'après Spon dans V. Cliapot, Colonne lorse, p. 0»», lig 110.
Mil. RELIEFS FINERAIHES
L'art antique ;i également répugné à la représentation de l'agonie ; mais une autre, dont le retour des mêmes détails a fait un vrai poncif, est celle de la désolation familiale après le dernier soupir, ce qu'on appelle brièvement la conclamatio. Nous en avons plusieurs exemplaires, conçus de façon identique ffig. 176,9 et 313) ^ : le mort est couché de côté, la lète sur un
Fig. 313. — Lamentations auprès du moi'l.
coussin, ou appuyé sur le rebord du lit ; devant lui, un tabouret, où sont restés ses sandales, ou bien quelque vase, image des soins suprêmes et inutiles; les assistants, les femmes surtout, se livrent aux transports de la douleur, étirent les bras, s'arrachent les cheveux, essuient leurs larmes, allongent la main vers le défunt, comme pour l'obliger à parler, lui caressent le front, espérant l'éveiller; assis dans leurs chaises, les hommes prennent une pose de douleur muette, les jambes croisées, l'air concentré et recueilli. En arrière se tiennent les serviteurs, venus partager la consternation commune ; quelquefois le chien familier gémit avec eux, et un groupe de musiciens complète le rituel funèbre.
Suit l'exposition du corps, l'ancienne prothesis des Grecs. Xjw relief du temple-tombeau des Halerii, au musée de I^atran (lig. 314), montre la morte étendue sur le dos, après sa dernière toilette, et déjà gag-née par la rigidité cadavérique. On a, pour la relever, ajouté au lit des matelas. Elle est dans V atrium de sa niai.><on, dont se voit la toiture, et où l'on a disposé un catafalque enguirlandé; les servantes tiennent étalées des tentures. Réchauds, hauts candé-
I. Sarcophage du musée de Cluny, à Paris : Espérandien. /i.i.s-relje^s, IV. j). 241 : ici d'après Saj^lio, Dict. des Anl., fig. 3357. Trois autres, de Vérone (Saglio, fig. 6114), du Hritish Muséum inoli-e figure 176, 9) et de l'Iorence (S. Heinacli. Heliefs, III. p. 45. 1).