VIII. RELIEFS FUNERAIRES
espérances par l'image d'une Bacchante dévêtue ' . Mais d'habitude les allusions étaient, ou plus compliquées — cortèg^es dionysiaques, triomphe de Bacchus, Ariane consolée par lui — , ou plus subtiles : c'était un rameau de vigne -, une branche de lierre, la plante toujours vivace, le pin rappelant plutôt celui qu'on plantait devant la porte pendant l'exposition du corps, un panier rempli de ces fruits que le même dieu avait fait naître et qu'on rattachait aussi
Fif^. 327. — La porte du Lonibcau (Cliché Moscioni .
au culte d" Aphrodite. Les (leurs se mêlaient aux fruits et l'oiseauàme v prenait son festin. Parfois seulement, associant les pensées de joie et de deuil, on figurait la corbeille renversée, devant laquelle s'arrête la [)anthère dionysiaque ^. Quelques animaux sont sculptés sur les autels funéraires en raison de leur caractère à la fois erotique et chthonien, surtout le coq, le lièvre et le serpent, dont la tète émerge de la ciste mystique ', représentantl l'àme du défunt, et qui est souvent encore enroulé autour d'uni arbre, d'une colonne ou d'un autel ; on voit alors en lui le mort! devenu agalhodainion, génie tutélaire qui veille sur les vivants. La spéculation orientale propagea des formules nouvelles. Suri
1. Stèles de (lermanic : S. Uoinacli, Itelie/'s, II. p. .J2, 6 ; 72, 2.
2. Les scènes de vendanges sur les cippessont sans doute plulnl le souvenirj d une prulession Allmann, o[). cil., p. 251).
•'5. Allmann, j7»d.,p.01. n" GO. Corbeille renversée, dans le IVrinton d'une nrne'l du Louvre: ihid., p. 67, n" 13, fig. 60. 1. Ihiil.. p. 2G.S, 266.
SYMBOLES SÉPULCRAUX 617
un cippe de l'époque d'Auguste, au-dessus des portraits des défunts, les bustes affrontés des ^'ents, des Tritons et des dauphins, avec deux lions qui s'y ajoutent, évoquent l'envolée des âmes à travers les éléments : l'air, l'eau et le feu *. Certains hommes, enfin, passant de la vie à la mort, y acquièrent une condition vraiment divine ; la sculpture funéraire ne craint pas de traduire l'ascension aux sphères célestes des simples particuliers, comme elle l'eût fait pour les pi'inces : le buste du mort ou de la morte est enlevé dans les airs par un aigle ou un paon aux ailes étendues. Cette double consecralio s'observe sur les deux faces d'un autel du \ atican ^. On a démontré ^ que l'aigle funéraire est l'oiseau du Soleil, chargé de porter les âmes, en particulier les âmes royales, vers l'astre qui les a créées, et que ce symbolisme, qui a son origine en Chaldée, fut transmis à l'Occitlent par les Syriens.
1. Jahreshefte des listerr. Inslilnlex. XII 190'.*', p. 22ii. lij;-. Ili ; cf. Fr. Cumont. ihid., Beiblatt.p. 213.
'2. Altmann, Grabaltiire. p. 279. fij:. 207 a et b. 3. Fr. Cumont. Rev. de l'hisl. def: reliffions. LXII (I91o . p. 119-163.