DE TIBÈRE AUX F'-.A VIENS
faut joueur, saisit deux doig-ls de sa mère *. » La variété résulte, dans chaque panneau, de la diflerence des âges, des statures, du mélanj;e des sexes, de l'opposition entre les figures de profil, de trois quarts, de face, ou même tournées vers l'arrière, de certains attributs ou insignes : faisceaux, hache du popa, apex des flamines.
t""ii!-. 32'J. — CurU-i;c ; ria-Muciil de \ Aru l'mi& Cliclic Moscioni .
statuette de Lare que tient en main un jeune spectateur. Malgré ces détails réalistes, l'effet général est sévère, imposant, religieux; re>prit de la vieille Rome plane encore sur ce défilé. Une conquête de la technique, c'est la sensation de masse, de foule pressée, à laquelle ont suffi deux plans superposés, rarement trois; mais de la seconde rangée on n'aperçoit guère que les pieds et les bustes, quelqu.ifois à peine dégagés du fond, sur lequel leurs silhouettes sont comme tracées à la pointe.
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De Tibère aux Flariens.
Il existe dans notre documentation de fâcheuses lacunes. .Après VAra Paris, durant un intervalle de près d'un siècle, il faut nous
I. Courbaiid, op. cil., p. 79 et suiv. M\MM ii'Anr'in''i)i.(i<iir rumaink.
626 IX. RELIEFS A SUJETS llISTORIyTES ET MILITAIRES
coiilenter. pour suivre l'évolution du jrenre. de petits monuments comme les pierres gravées ou les pièces d'orfèvrerie : du reste ils doivent être. d;ins quelque mesure, des rellets de quelques compositions plus vastes qui ne sont point parvenues jusqu'à nous. Il est dil'licile de dater exactement les deux skyphos du trésor de Boscoreale ' que nous allons étudier; on peut les placer en gro> sous le règne de Tibère; ils témoignent déjà dune avance notable sur les reliefs de VAra Pacis. Chacun d'eux comporte deux sujets, séparés par les anses. Sur le premier vase, c'est d'abord Auguste maître et pacilicateur de l'univers : drapé dans sa toge, tenant le globe et le L'ithimen-, il est assis sur la chaise curule aux pieds recourbés; deux groupes s'avancent vers lui à droite et à gauche ; en tète de l'un d'eux, une femme ; V//7j/.ç? Vénus? Livie divinisée?) portant la Victoire; derrière elle le Génie du peuple romain avec la patère et la corne d'abondance, flanqué d'un petit Éros, symbole de prospérité; enfin la déesse Rome casquée et qui tenait une lance disparue; en vis-à-vis, Mars ou Agrippa ? précède le cortège des provinces soumises: l'une de ces ligures a, en elYet, le front surmonté d'une trompe d'éléphant; c'est l'.Afrique. La seconde composition se déroule autour de l'empereur comme centre. Son siège est celte fois la sella caslrensis, pliant léger aux branches droites; six licteurs l'environnent, avec deux officiers de la garde prétorienne; il reçoit quelques barbares introduits par un légat, peut-être le jeune l^rusus, et que leur costume désigne p(^ur des Germains : un homme mûr agenouillé présente son enfant qui tend les bras, un autre est incliné, mais reste debout, pour n'être pas caché par le premier; enlin, savante gradation, un troisième, très droit, a assis un bambin sur ses épaules, d'où ce dernier observe toute la scène. Nous retrouverons ailleurs c[uelques-uns de ces motifs de détail, mais ils n'auront plus la note ici prédominante, la grâce. A un. point de vue plus technique, le ciseleur a résolu deux grosses diffirultésravec un très petit nombre de personnages et en utilisant adroitement la courbure du vase, il a donné une impression de foule et de profondeur, particulièrement frappante dans la seconde •^cène /fig. :?."i<' .
I. I.es nieilliMires planches ont ôli" publiées par.V. lli-rDU de ^■illcfossc dans les Monumenls l'iol, V ,lS99i, pi. .x.wi à xxxvi (nos fi;;. :<30-:«l sont tirées des pi. xx.xi, 2 et \.\xv, \) ; cf. Slrong, op. cil., pi. xwii à xxix: an poinl de vue dn détail ilc la représt'ntation. sinon de l'clTel. voir li'> n()nd)icu\ dessins au Irait dans S. Heinacli. Reliefs. I, p. 02-07.