‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 428 sur 509 · DE TIBERE AUX FLAVIENS · texte numérisé non relu

DE TIBERE AUX FLAVIENS

posés? Trois, a-t-on pensé ; nul ne le sait; les transitions sont insensibles ; pas de fond proprement dit, sauf dans le haut de la composition. Il n'y a que dix-huit personnes, et c'est une vraie foule qui semble frémir d'enthousiasme et s'agiter.

Le panneau d'en face fig". 335i n'est que la suite du premier ; le

Fij;. 333. — Le liiilin pris aux Juifs sous Titus (Cliclio Bro^i .

sculpteur" n'a point encore su approprier les sujets à leur cadre. C'est maintenant la procession des dépouilles qui défilaient derrière le char. L'exécution se heurtait à de bien moindres difficultés : rien que des silhouettes de profil, à part deux ou trois tètes. Mais il y a un bel effort de réalisme, des plus décoratifs. Voici, porté sur des brancards, le butin arraché au temple de Jérusalem : le chandelier à sept branches, la table d'or des pains de proposition, avec les deux vases où brûlait l'encens, les trompettes d'argent annonçant les fêtes; et pour couvrir le fond du tableau, quelques-unes de ces pancartes fixées au haut dune hampe, où se voyaient les noms des peuples vaincus et de grossières peintures de batailles. Le tout s'engoulfre sous un arc, dont la perspective est meilleure que celle de l'autre cadre, mais dont le cortège ne parait pas trouver l'axe. Néanmoins on est frappé avant tout par l'élan général du groupe, savamment gradué. Les derniers figurants sont droits et calmes: les premiers, courbés sous le fardeau, semblent hâter le pas pour rejoindre le char rapide. Diifin remarquons, puni* la première fois,

tl.î4 IX. RELIEFS A SIJETS HISTORIQUES ET MILITAIRES

une science deselFets de lumière et domhre qui donne le maximum dillusion. A\ ickhoff ' plaçait à oette époque une conception nouvelle, qui fait creuser les figures à des profondeurs diverses dans le marbre, dont le niveau orig^inel reste indiqué par le rebord faisant saillie, de manière à donner la- sensation de l'espace qui les entoure ; le fond perd son caractère de surface neutre n'ayant d'autre office que de permettre le silhouettage des figures. Petersen et Mrs Strong ont fait remarquer que ce procédé se rencontre déjà dans VAi-a Paris: à vrai dire, il y est plutôt en jjerme ; il s'ébauche et va prendre ensuite plus de développement.

i; I\'. — I.\ipogée. Epoque de Trajan.

Nous n axons donc encore vu, si l'on omet les monuments cello-romains, <|uc des tableaux de la gloire militaire, et non de la mêlée qui y conduit. Kst-ce un goût persistant pour les scènes d'allégresse, un reste de celte urbanité à fond d'optimisme et de sérénité, qui caractérisait l'art augustéen ? Les vrais panoramas de batailles, les scènes de vigueur et de violence vont aj)paraître sous Trajan. Mais ce prince ne fut pas seulement un conquérant, et les j)remiei's reliefs de nous connus exécutés sous son règne se réfèrent évidemment, quelque doiile qui subsiste sur l'interprétation, à des événements pacilicjues. .\ux balustrades sculptées découvertes non loin des Hoslres. deux sujets - ont pour théâtre le Forum mmain : à l'extrémité de chacun se dresse la statue de Marsyas sous le figuier sacré; dans le fond apparaissent la Curie, les basiliques l'imilieniie et .lulienne, les temples de Saturne et de \ espasien. Ce souci du détail précis, qui localise raclion, est un trait de caractère romain et en j)articulier de l'art de celte époque. Le répertoire des sculpteurs s'enrichit en outre d'un nouveau thème, Vadloculin principis : ici les Hoslres mêmes servent de tribune ; Trajan est entouré de ses licteurs et il vient d'annoncer aux assistants qui l'acclamenl la mesure consignée dans le voliimen qu'il lient à la main : il a consenti à de petits agriculteurs des prêts hypothécaires, dont rinlérét sera employé c'i l'entretien des enfants pauvres. Quelcjnes hommes

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