IX. RELIEFS A SUJETS HISTORIQUES ET MILITAIRES
105 'deuxième campagne), limpression est loule différente. Autre technique : pas de fond ; pour en masquer les moindres échappées, on a mis un arbre, une tente, des étendards; c'est un entassement voulu, systématique \ une mêlée si furieuse que tous ceux qui v prennent part, hommes et animaux, sont comme enchevêtrés, emboîtés; on n'en retirerait pas un sans disloquer la masse. Cest là, dans notre documentation présente, la plus ancienne des vraies scènes de g'uerre dans le relief romain.
A peu près contemporaines sont les sculptures d'Adam-Klissi [Tropaeum Trajani) ^, car nous nous en tenons à la dale proposée parTocilesco et Benndorf et qui concorde avec l'inscription de 109 retrouvée dans les fouilles ^. Seulement, daprès Petersen ', les ^-^uerres représentées seraient, non pas celles de 101-105. mais bien plutôt des expéditions sur le Danube contre les Germains, douze à quinze ans auparavant : les adversaires des Romains ny rappellent pas les Daces de la Colonne Trajane; ils sont coiffés, vêtus, armés autrement ; les armes seules se ressemblent ; elles ont la même forme recourbée, mais un peu plus de longueur; coiffures et costumes, à vrai dire, sont peu distincts. Rien de décisif. Quant à identifier les auteurs de ce rude ouvrage, implanté dans un éditice' qui a dû être, au contraire, une grande œuvre d'architecture, on n'y, saurait prétendre : des légionnaires romains, a-t-on supposé, ou^ bien des lapicides indigènes ou venus des pays voisins, nolammenli de la Thrace. Ln deuxième hypothèse ne manquerait pas d'arguments : l'illustration de cette longue frise devait offrir plus Aél difficulté que le dégrossissement d'une stèle funéraire; et puis il y a, au moins pour les métopes, sinon pour les sculptures des créneaux, comme une certaine unité de facture, que n'eût pas donnée lacolla'< boration de soldats de toute origine. Facture plus que médiocre^ assurément, grossière, mais vivante, pittoresque, énergique ; oi dirait des dessins d'un débutant bien doué. Les scènes se réduise à un. deux, trois personnages, rarement plus ; ce sont des combat
1. Les dépradcT lions, très sérieuses, alténuont passablement l'efTel de reliefs : on cnjuf^e mieux par les dessins de Huheis. (jui semblent assez fidèl
2. Reinach. op. ((7., I, j). 428-142. avec toute la bil)liof;rai)hie en léle. plupart des morceaux sont au musée de Bucarest.
3. Mrs Slronjî s est laissé fasciner (c'est son mol, op. cit., p. 100} par U affirmations de furtwanji^ler « proving (?) Ihe Aurjustan date », d'fl résullcrait la réapparition en province d'un très vieil art ilaliole. Hien de pU inadmissi)>lc (|ue celle renaissance en un pareil endroit et à pareille dale.