IX. RELIEFS A SUJETS HISTORIQUES ET MILITAIRES
chaque expédition, Vadloculio aux ivonpes, la luslration de l'armée, le conseil de g-uerre (10-12 = vi-ix ; 80-84 i= ci-cv) ; les dernières opérations à la fin de la première campagne, où l'on voitles ambassadeurs daces, à pied ou à cheval, se présenter devant l'empereur, qui, par un curieux double emploi, est figuré deux fois (23-24 -^= xxvii-xxviii),puis des massacres d'hommes et de bétail (25 = xxix), etc. — 2" Sfyle vraiment continu, où la marche des événements se poursuit dans sa logique, sans abruptes transitions. Ainsi, au début de la deuxième campagne : on charge sur le Danube du matériel, des bêles de somme ; l'empereur se rend à bord, débarque plus loin, harangue ses troupes el part en tète des cavaliers; des éclaireurs annoncent lapproche de lennemi ; on pourchasse les cuirassiers sarmates, alliés de Décébale, et Ion cerne son infanterie dont la nuit voit l'entière défaite ; vieillards et femmes, emmenant leurs enfants, viennent faire leur reddition ; puis les Romains élèvent un retranchement, garrottent les prisonniers et pansent leurs blessés (27-33 = xxxiii-xLi. Il en va pareillement du siège et de l'assaut de Sarmizeg^etusa, ensemble magnifique (90-94 = cxiv-cxvi). — 3" Style panoramique, rapprochant des événements qui ne sonl pas rigou- 'l reusement contemporains, comme les tableaux eidourant la soumis- .1 sinn de Décébale dans la première guerre (56-61 = lxxii-lxxviii) el les trois qui accompag-nent la chute de Sarinizegetusa (95-103
= CXVIII-CXXVl).
Nous ne pourrons suivre que dans ses traits généraux celte chronique illustrée, nous attachant surtout à en faire ressortir, par, des exemples frappants, le mérite artistique et la valeur docu-j mentaire ; d'être réunis dans le même ouvrage, tous deux sej trouvent rehaussés: il est beaucoup de ces tableaux sans lesquels nous serions bien mal informés de la vie militaire des Romains.
La liguration commence aux bords du Danube, gardés par desj sentinelles. On y voit des tours fortifiées (/jj/ZY/n, avec sig-naux lumineux, des approvisionnements de bois, des meules de fourrag'esJ des barques chargées de tonneaux, el déjà se trahit un des rares défauts de la Colonne, non pas le dédain des proportions, mais un« résignation excessive à les fausser : les gens sont aussi grands que les maisons, les bateaux trop minuscules pour des transports ; on en trouvera plus loin où une demi-douzaine d'hommes tiennent avec peine. I/armée franciiil un double pont de balcaux près de ■^. \'i niinacium ; le dioii Danube, [ilongé à mi-corps dans le courant,-j
L APOGÉE. Kr'OQlE DE TRAJAN 043
fVvorise le passa-e — il y a donc, clans cette œuvre réaliste ' encore un peu de mythe et de symbole. Celui-là inutile; mais d autres ont leur intérêt : la Nuit, qui émerge sur la hauteur 131 = xxxviiii, au plus fort d'un combat, indique qu'il continue après la hn du jour: Jupiter fulminant au-dessus des Daces ^io-nifie un orao-e funeste à Tennemi 22 = x.w . ^-oici maintenant une scène banale : le consed de -uerre. Lempereur. sur la sella casirensis entouré des principaux chefs, discute les plans ; il est au sommet d un suggeslus, tribune construite en appareil ré-ulier (10 = vi . Passons sur des sujets déjà connus par ailleurs : les siwvelauHUa et la haran-ue du prince. Les victimes sont conduites autour du campement, dont la disposition intérieure est toute conventionnelle. \ lent ensuite la construction d'un camp retranché ; bien des éléments semblent y concourir, la pierre, la brique peutêtre et surtout le bois : dans dés scènes mouvementées, les légionnaires abattent des arbres et plantent des palissades 13-18 = xv-xx). Mais déjà commence la bataille, à laquelle participent des auxiliaires germains nus jusquà la ceinture; des soldats, avec orgueil, pré^entent au prince des tètes coupées (22 ^ xxv) Tout est précision dans ce tableau : le physique des Daces, barbus, chevelus : leur costume, longue tunique et manteau: leurs armes gdaives. arcs; leurs étendards, surmontés dun dragon gueule ouverte ; les tètes décharnées plantées au bout d'un pieu, tout autour des retranchements daces incendiés, ajoutent une note des plus dramatiques. Après une scène de novade. l'ennemi s'étant aventure trop en foule sur une rivière gelée, on aperçoit dans le fond les auxiliaires des Daces, les cavaliers sarmafes cuirassés d'écaillés comme leurs chevaux, etcoilTés d'un casque en forme de tiare (^6=' xvxn. Remarquons qu'ils sont trois; c'est une autre faiblesse de ces rel.els : on ne craint pas de représenter une armée par un infime peloton. La nvière est adroitement indiquée, avec quelques ^mdaces de perspective : le cavalier qui va couler, et qu'un camarade, de la nve. saisit au poignet, est bien peu vraisemblable : le cours d eau est brusquement interrompu par une place forte, puis reprend au delà; à l'arrière-plan on voit un amphithéâtre, dont i intérieur se révèle malgré la hauteur des murs.
■Nouvelle campagne, déjà signalée comme échantillon de style
mna ^8-9 ,^-^ ; ils com-spondenl sù.vment à ceux des corps engagés.