‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 451 sur 509 · O. Relier. Riim. Mitlh., XXlll 1î>08 . p. i · texte numérisé non relu

O. Relier. Riim. Mitlh., XXlll 1î>08 . p. i

relèvent la grâce souveraine des motiis principaux; sur chaque pan, la place de lépitaphe exceptée, un Eros en fort relief; un seul, immobile, les jambes croisées, appuyé à un pilastre et jouant delà flûte ; les autres, animés d'un mouvement léger qui fait voler leurs courtes draperies ; tel joue de la double flûte ou, sur la cithare, semble exécuter un air. langoureux ; un quatrième, élevant la main gauche, tient de la droite un flambeau renversé; en voici un qui, à l'aide d'une petite torche, en allume une plus haute que lui ; un autre porte une lanterne ; le dernier est à peu près le symétrique du quatrième décrit, son voisin, à qui il paraît en dansant faire visà-vis. Par sa variété, sa fraîcheur d'inspiration qui ne sent point le pastiche, cette urne est une des plus aimables créations de l'art gréco-romain. On en peut rapprocher un autel circulaire du Vatican, autour duquel trois Eros, suspendus à des guirlandes, semblent former une ronde ' : mais la composition a plus de monotonie.

Souvent, ces Amours remplacent les Saisons ; leurs attributs respectifs rappellent en ce cas la chasse, la pâture, la moisson, la vendange - ; alors on les grandit un peu ; ce sont des enfants qui approchent de l'adolescence ^, et à leurs pieds se jouent d'autres l'^ros très menus, dont les ébats charmants remplissent les vides de la composition '.

Jouer, c'est leur occupation et leur talent. Nous les reveiTons tels en peinture; et, sur de simples dessins, on prendrait pour des fresques les reliefs du temple de Jupiter à Spalato ■', où évoluent des Eros cavaliers, cochers, chasseurs, en lutte même avec des lions. Dionysos symbolisant la vie joyeuse, ils constituent à eux seuls un thiase bachique. Tel ou tel s'arme du thyrse, d'une lanterne, du peduin, frappe la lyre de son plectre, joue de l'aulos, des cymbales, de la flûte de Pan ou des cliquettes; d'autres instruments roulent à terre. Un enfant porte sur la tète une corbeille <le fruits, ou une outre sur l'épaule; un autre, tenant le pot aux onguents, parfume sa chevelure; tel se sent gagner par l'ivresse; un camarade moins chancelant le soutient, l'aide à choir en dou-

1. Gusnian, Arl décoralif, pi. xxxii; Reinacli, III. p. 367, 1-3.

2. Rcinach, III, p. 29G, I et 3. Interprétation douteuse pour le sarcopha}?edo Floi-euce (p. 2", 1 , car les Kros y sont trop nombreux, et leurs attributs (ro|> iwii formes.

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