‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 462 sur 509 · KES METIERS · texte numérisé non relu

KES METIERS

beau de M. VergiliusEurysaces, boulanger, fournisseurde l'Etat », gros brasseur d'affaires, qui avait fait placer sur sa tombe sa statue et celle de sa femme Antistia. Les bas-reliefs (fig. 8r)5! rappellent sa double qualité. Toutes les opérations de son métier s y succèdent : des mulets mettent en branle le moulin à farine ; huit mancEuvres, penchés devant deux tables, s'occupent à pétrir ; plus loin on enfourne la pâle. I)e-ci de-là quelques scènes accessoires : des gens ont l'air de procéder à un calcid ou à un inventaire : quelques-uns jjnrtent des récipients ; un homme remet à un antre des pièces de monnaie. Enfin, les pains achevés, on les réunit dans dévastes corbeilles, et lannone vient les recueillir : devant nn personnage qui tient en mains ses tablettes, on les pèse dans une grande balance dont les plateaux effleurent le sol ; le compte établi, eu présence d'hommes drapés qui font oflice de contrôleurs, de nouveaux portefaix emportent les corbeilles chargées vers leur destination. Tout cela sans prétention, mais vivant, alerte, avec un indéniable accent de vérité.

On retrouve fréquemment le moulin que tourne un animal, un cheval dhaliitude : et dans un cas l'on se demanderait s'il n'est pas ligure les yeux bandés, précaution contre le vertige ; tout à côté un porteur remplit une mesure à l'aide d'un sac de farine ; un autre homme, avec un bâton, égalise le niveau supérieur '. On sait que les professions de meunier et de boulanger allaient ensemble ; par suite, si certains reliefs, par exceplifm, montrent seulement la moln

1. \rr li.ïoldfiischi- y.pilniui. I«77. pi. vu. 2 ; Itcinacli, III. p. IM). 1.

678 X. BAS-REI.IEFS A SLJETS DU GENRi:

jiimentaria ', on voit, sur un sarcophage, d'un cùlé le moulin, de l'autre le boulanger veillant à la cuisson ^.

Aimable tableau encore, que cet intérieur de boucher — ou plutôt de charcutier ■' — , qui est indiqué sur une plaque considérée comme une enseigne, à cause des deux parties évidées. de droite et de gauche, qui permettaient de la suspendre. La mai'chande est assise, artistement coiffée, et tient les livres ; le marchand, debout devant une table massive à pieds évasés, débite une grosse pièce en menus morceaux ; n'était le genre de balance ligurée derrière lui, on croirait voir un magasin de notre temps. Le relief qui accompagne, sur sa pierre tombale, le buste de Julius Vitalis '", est bien plus médiocre, mais jusque dans les fragments pendus au croc, jambon, tète de veau, on constate encore le souci de l'exactitude. Il en est de même sur la plaque du musée Torlonia ^, où volailles, porc, lapin sont accrochés, toutefois avec un certain oubli des proportions et avec des prétentions au grand style qu'attestent une colonne dans le fond, les attitudes des femmes et autres détails.

On nen peut dire autant de cette image d un cabarelier à son comptoir ''', ce comptoir tellement élevé que le client en contre-bas, qui tient gauchement sa cruche pleine, a juste la taille d'un enfant. In relief d'Ince ", mal conservé, montre sans doute le cellier d'un marchand de vins en gros, rempli de cuves pourvues de couvercles en bois, où des manœuvres déversent ou remplissent des amphores. Signalons enfin les marchands de fruits, le revendeur en plein vent*, et le boutiquier établi, possesseur d'un imposant guichet à grillage, pour défendre la caisse contre des mains trop avisées **.

Plus joli encore le petit relief disparu, provenant d'.Aesernia"' : un voyageur encapuchonné, tenant par la bride sa monture, est Mir

1. Reinacli,II, p. 232. l ; III, p. 104, 2 Baumeisler, Denhmiiler. il. p. i'^;»; là aussi le cheval parail avoir les yeux bandés' : p. 40j. -i.

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