LES METIERS
le point d'entrer dans une auberge ; il discute les conditions avec rhôtesse, et l'inscription ' nous révèle ce petit marché.
On passerait ainsi en revue la plupart des professions. L allégorie n'est pas toujours éliminée : dans un laboratoire de pharmacie, reconnaissable aux mortiers et pilons partout répandus, une femme au premier plan, si elle n'est pas la déesse Meditrina comme on l'a supposé, est du moins certainement un être symbolique -. Mais le réalisme triomphe presque invariablement. Un relief de Sens -^
FijT. 356. — Autel funéraire d'un coutelier. a. — I.a forge. b. — L'armoire aux couteaux.
montre, en deux registres, l'industrie d'un tondeur de draps qui, muni d'énormes cisailles, coupe les poils d'une étoffe tendue devant lui, et un foulon piétinant dans sa cuve. Deux panneaux du musée des Offices ' sont des tableaux, d'espèce rare, du commerce de luxe : sous des galeries ouvertes formant un spacieux portique, des visiteurs de marque sont venus faire leur choix ; d'une part on leursou-
1. C./.L., IX, 2689 : Copo cnniputemus . — Hahes vint sextarium unuiii. p;ine{m) assem nnum, ptilmenlar{iiim] asses duo. — Conrenit. — Pitellain anses oclo. — I-'l hoc convenit. — Faenum miilo. asses duo.
2. Reinach, II, p. 222, 1 : Saglio, Dicl. des .4a/., lig. 4884.
3. Hcinach, II. p. .307, I ; Saglio, op. cit., iig. 3172. 3306 : Espcranilieu, Rasreliefs, l\\ p. 12; lîaumgartcu, op. cil.. ]). 292. fig. 190.
i. Heinacli, III, p. 44, 2-3; Saglio, fig. 4290 el 672S ; ./ahreshefle des dslerr. Inslilules, XIII 1910), p. 98-99.
met un lissii déployé ; de lautre deux commis offrent un catalogue déchantillons ; dune tringle élevée pendent divers articles, étoffes à franges, bordures élégantes, galons brodés.
Ailleurs, comme, heureusement, l'inscription le précise, un aurifex entame à coups de hache un lingot, entre plusieurs empilés près de lui '. Signalons aussi, sur l'autel funéraire du coutelier L. Cornélius Atimetus, au Vatican, deux scènes qui ont souffert, mais capitales néanmoins dans la série [ïi^. 356'i ^ : deux compagnons travaillent à la forge ; l'un, assis, maintient sur l'enclume la pièce de métal que l'autre frappe à grands coups de marteau ; en arrière on aperçoit béante l'ouverture du brasier où se tord la flamme, devant le soufflet que devait actionner le pied d'un des opérateurs ; au-dessus, suspendus à une barre de fer. quelques couteaux de toutes formes, à large lame, triangulaire ou courbe, et des pinces. Dans l'autre tableau, le marchand déploie devant un client son riche assortiment d'outils, étalés contre les parois d'une armoirebuffet à double battant ; dans le bas. des tiroirs à poignée ronde. L'artisan est revêtu dune longue tunique qui tombe librement ; pour travailler, il la remonte à la taille par une ceinture et dégage l'épaule droite. Toutes les autres scènes de forge sont très inférieures •*.
Après le travail du fer. le travail du bois. Sur un sarcophage, au-dessous du médaillon, se voient deux ébénistes à l'établi, dont l'un pousse le rabot, et l'autre dégrossit un pied de meuble qui figurera une tête fantastique ^. Sur une stèle un faher navalis, l'a.vcia au poing, achève de tailler une côte de carène ''. Deux scieurs de long forment un groupe qu'on dirait croqué dans un chantifr d'aujourd'hui ''. A Sens ', deux ouvriers sur un échafaudage appliquent contre une paroi une couche de peinture ou un crépi : ce sont peut-être des stucateurs. Un troisième, courbé vers le sol. retrousse sa manche d'un geste franc et naturel. N'oublions pas lo corçlonnier ou peaussier, en tout cas un travailleur du cuir, vu l'in-
1. Ileinacli, III, p. i04, 4; Saglio, o/j. cit., lijr. 859 ; .Vmclunj^, SAh//}/. (lex Vnlik., II. pi. LU, n" 261 a.
2. Cf. Stuart Jones. Companion, pi. i.iii ; Allmann, Grahalllire, p. i'-^, fii.^ 139-1.39 a. iv 229 : Amelung, Skulpt. des Valik., I. pi. xxx, n' I i7.
3. Reinacli, II, p. 110,8; 114, 1 (instruments démesurés). J. Uciiiach, III. p. 405, 2 ; Saglio, Dict. des .4n/., fig. 4836. ô. Heinach, HI.p. 128, 2.