‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 50 sur 509 · Motizie deiili Scavi, 1880, pi. xii · texte numérisé non relu

Motizie deiili Scavi, 1880, pi. xii

rt. (2a^'nal-Baliu, Timçfad, p. 339 et suiv.

7. Cf. la bnicliure (le F. Ilaverfield, AncienI 'J'oirn-planninij, Ovfoiil, 1913,

lie centrale des ruines, celle qui correspond à la ville primitive, est enserrée dans une enceinte quadrang^ulaire à angles arrondis, percée sur chaque face de portes et de poternes ; cette enceinte l'orme à peu près un carré tig- 271. Celui-ci était coupé de l'Est à l'Ouest par

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Plan primitif de la colonie de Thamugadi, d'après Gagnât et Ballii.

une grande voie, soigneusement pavée, qui est la grande route de Lambèse à ïébessa parle versant nord de 1 Aurès ; la largeur en est en moyenne de seize pieds romains. La partie septentrionale du knido est de même parfaitement visible, elle vient rejoiiulre le decumanus à l'entrée même du forum. Elle aurait dn, suivant la règle, après avoir traversé la place jHibli(|ue se continuer vers le Sud et, sans doute, il en était ainsi dans le plan premier ; mais le théâtre fut bâti précisément à cet endroit, et il fallut la supprimer et la rem-

8°, p. 56 et suiv. \'oir aussi les plans de Fondi K. Pais, Sliidi slorici. 1913, p. 30), de Corne ibid., p. 32;, de Vérone ,/tmer. Joiirn.of Arch., 191 i, p. 134),

placer par un kardo secondaire utilisé comme artère principale. Le decumaniis est limité à ses deux extrémités par deux grandes perles, celle qui a reçu le nom d'Arc de Trajan et la porte de Klienchela ; le point de départ du kardo est marqué par une autre porte monumentale. De chaque côté de ces rues principales existent des rues secondaires, dix allant de l'Est à l'Ouest, et dix du Nord au Sud. L'intersection de toutes ces voies perpendiculaires dessine une série de carrés, qui mesurent en moyenne 70 pieds romains de côté. Certains d'entre eux ont été utilisés pour des constructions publiques, soit dès la fondation de la ville, soit postérieurement ; il est même arrivé que plusieurs d'entre eux ont été empruntés pour un seul édilice, théâtre, thermes, marché.

Un tracé aussi régulier ne pouvait, naturellement, être adopté que sur un terrain vierge de toute construction antérieure ; il n'était possible que si une ville était créée de toutes pièces en pleine campagne. Pour les villes qui existaient déjà en Italie ou dans les différentes parties du monde romain avant l'occupation du pays, les transformations, les embellissements même qu'on était amené à y apporter, si on en faisait des colonies, ne suffisaient pas à en modifier totalement le plan, conformément au type idéal qui vient d'être décrit, .\ussi a-t-on rencontré dans les colonies qu'on a fouillées les dispositions les plus diverses. Il suffit de jeter un coup dœil sur le plan de Pompéi, en le comparant à celui de Timgad, pour voir combien il est éloigné de la régularité que recommandent les gi'omalici. Pour y ti'ouver, en vue de faciliter la visite des ruines, les deux grandes rues réglementaires, il a fallu baptiser du nom de kardo la grande rue de Stabies et faire de la rue deNola le decumanus, bien qu'elles se coupent assez loin du forum : il n"a pas fallu moins de complaisance pour admettre que les petites rues secondaires étaient parallèles à ces grandes artères. En réalité, il n'y a là qu'un à peu près.

Néanmoins, toutes les fois qu'on l'a pu, on s'est rapproché de la disposition caractéristique adoptée pour les colonies romaines. Un des procédés les plus simples était d'établir la nouvelle cité à côté de l'ancienne, de la juxtaposer à celle qu'il s'agissait de développer. C'est le cas qui s'est produit, par exemple, pour Silchester {Calleva.), en Angleterre. La colline où elle s'élève est entourée, dit M. Stuarl Jones', d'ouvrages de terre, peut-être d'origine cel-

1. (jOinjtiinion lo lioinan hislnry, p. 29 ; le plan de la ville est donné dans VArcfineologia, 1911, LXH, pi. i.xxxv.

tique. Une ville romaine succède à l'ancienne; elle est irrégulière de forme, mais les rues sont en échiquier ; et. comme aucune délies ne traverse les anciennes constructions préexistantes, nous pouvons en conclure que le plan de cette ville date de sa fondation comme centre romain, c'est-à-dire de l'époque flavienne.

§ II. — Rues.

Dans les cilés du monde romain, les rues étaient loin d'avoir la largeur et la régularité auxquelles les villes modernes nous ont habitués. A Home môme le nombre des grandes artères était très limité; la config'iiralion du terrain, succession de ravins et de collines, créait un obstacle presque insurmontable à une viabilité méthodique. Les additions successives, survenues au cours du temps et au gré des événements, n'étaient pas faites pour corriger ces inconvénients. Le système des rues de Rome resta toujours très défectueux *. On peut en dire autant de presque toutes les cités provinciales, à l'exception toutefois des colonies fondées en un jour et conformément à un plan fixé d'avance sur le papier. Pour celles-là, le réseau des rues olfrait un ensemble bien compris : chaussées larges et percées en ligne droite, circulation facile, bonne aération ; en se reportant au tracé de Timgad que nous avons donné plus haut, on verra que rien, dans l'établissement des voies, n'y avait été laissé au hasard. Mais généralement, dans les ruines qui ont été fouillées, on a constaté que les rues étaient tortueuses, enchevêtrées, étroites, comme dans les petites villes actuelles de l'Italie et de l'Orient.

Seules les voies destinées aux voitures offraient une certaine largeur, très relative. A Pompéi, les rues importantes ne dépassent pas 7 mètres, y compris les trottoirs ; les autres, en moyenne, ne comptent pas plus de i mètres: ce qui tient à ce que la circulation n'était pas active et que les véhicules n'excédaient pas certaines dimensions : lesornières laissées parles chars sur le pavédes voies prouvent que les roues en comportaient au plus 1 m. 35 d'écartement ^. .\ Timgad les rues, aussi bien les principales que les secondaires, n'ont, en moyenne, qu une largeur de ."> mètres. C'est à peu près aussi celle des rues de Silchester.

Pour l'ordinaire, ces rues étaient pavées. .A Home on a retrouvé

1. Cf. Friedlander. Siltengeschiclile, I, p. 10 (I, p. 13 de la trad. française).

2. Breton, Pompein, p. 30 ; Overbeck-Mau. Fonipeji, p. 633. noie 25.

dans les différents quartiers le dallage de ces voies antiques, au Forum, au Palatin, où il est encore visible et, sur certains points, intact ; au Champ de Mars, sur lAventin, sur lEsquilin, sur le Quirinal. A Pompéi ùg. '28 t les rues sont pavées de gros blocs de lave polygonale, enchâssés les uns dans les autres et consolidés par des cailloux, des morceaux de marbre ou de granit introduits dans les joints '. A Timgad tig. '29). le paAement est fait de grandes dalles rectangulaires placées de biais par rapport à Taxe de la route, de telle sorte que les roues des chars, pesamment suspendus, ne frappaient pas simultanément ni normalement les bords de la dalle; par là le choc était atténué et la pierre moins exposée aux accidents. On a constaté Texistence de pavements semblables dans les rues de toutes les villes du monde romain que Ton a fouillées.

Mais, avec ce procédé, quand les voies étaient en pente, la surface ne laissait pas que d'être très glissante. Pour remédier à cet inconvénient, on labourait la surface des dalles de stries en damier ou de rainures, qui créaient dans les pierres des aspérités.

Il n'est pas rare de rencontrer au milieu de ces pavements de chaussées, des pierres ajourées qui permettaient aux eaux de pluie de se perdre dans le sous-sol ; elles se présentent sous la forme de petites cuvettes percées de rosaces ou d'ornements analogues.

Les rues secondaires et les ruelles recevaient naturellement un pavement moins soigné et moins solide; à Pompéi, le sol était fait de petits cailloux ; ailleurs on employait aussi la brique.

Les grandes rues étaient souvent bordées de trottoirs, plus ou moins élevés. A Pompéi leur niveau dépassait celui de la chaussée de près de 0 m. 50. Aussi, pour éviter aux promeneurs qui voulaient traverser la rue la peine de monter et de descendre, on avait disposé, au travers de la voie, de dislance en distance, comme on peut la voir en se reportant h la fig. "28 (premier plan), des bornes plates de même hauteur que les deux trottoirs, qui permettaient de passer de lun à l'autre de plain-pied. Déplus, en temps dorage, quand la chaussée était changée en torrent, on pouvait, au moyen de ces pierres, franchir la rue sans se mouiller. Mais, d'ordinaire, la hauteur des trottoirs était bien moindre.

Il n'était pas rare (jue les bas côtés fussent entièrement occupés

1. r,f. Ma/ois, Les ruines île l'ompéi. II, p. 31 frontispice;: Gu.sinan, Pompéi, p. l'tT et siiiv.

LES VILT.ES, MLRAILLES ET PORTES

par des portiques qui formaient, adroite et à gauche de la chaussée, des colonnades couvertes pour les piétons. Des restes en sont visibles à la figure '29. Cest, en elTet. une nécessité dans des pavs

Fitr. 29.

Une rue de Timsrad.

chauds où les pluies sont aussi violentes que la chaleur est intense, dassurer au public un abri contre les intempéries des saisons ou les rajons du soleil . On avait donc inventé d'établir auprès des temples, autour des places, le long des théâtres, partout où artluait la foule, des galeries, dont le fond était formé par les murs des édifices et la façade par des colonnes ou des piliers supportant le bord d'un toit en pente. A Home, les portiques arrivèrent à former des édifices indépendant^, à plusieurs rangées de colonnes, comme le portique Minucia. élevé en 109 av. J.-C, le portique des Dii (consentes, celui de Mélellus, celui de Pompée, celui de Livie, celui d'(.)ctavie : les uns se présentaient sous la forme de longues galeries ouvertes sur le devant, dont le fond était occupé par des boutiques ; d'autres constituaient des péristyles entourant des cours et des jardins. Dans les villes d'Italie et de province, les portiques restèrent, avant tout, des bordures de promenades, de places, de périboles de temples et surtout de rues.

MURAILLES 65

^ III. — Murailles.

Naturellement la plupart des villes qui se créèrent, aussi bien en Italie qu'en province, dans les régions qui n'étaient pas entièrement sûres furent tout d'abord entourées d'un mur de fortification.

Il en fut ainsi de Rome quand le Palatin composait à peu près toute la ville : une muraille établie à mi-côte de la colline constituait la ligne défensive. Plus tard, sous Servius TuUius, dit la tradition, on éleva un nouveau rempart ; on le répara et même on en modifia le tracé ultérieurement, sans doute au iv*^ siècle de Rome, à la suite de l'invasion gauloise, si on en juge par la technique des partiesqui nous en ont été conservées ' ; se détachant du Tibre visà-vis la pointe méridionale de l'île, il enveloppait la partie supérieure du Capitole et du Quirinal jusqu'à la porte Colline ; de la porte Colline il redescendait presque en ligne droite jusqu'à la porte Capène. entourant l'Aventin et. rejoignant le fleuve à la pointe orientale de cette hauteur, le suivait pour atteindre de nouveau son point de départ. Presque partout la fortification se présente sous la forme dune grande muraille faite de gros blocs de tuf, alternativement disposés dans le sens de la hauteur et dans celui de la longueur ; il est certain qu'elle n'était pas flanquée de tours. Entre la porte Colline et la porte Esquiline s'étendait un système défensif plus perfectionné, Vagger^ ; il se composait d'un fossé extérieur large de 100 pieds et profond de 30 ; avec les terres de déblai, on avait constitué le noyau d'une muraille, soutenue intérieurement et extérieurement par deux parements, que rattachaient entre eux des murs de liaison. Enfin, le long du Tibre, existait un mur de quai massif, doublé d'un autre mur plus élevé qui dominait le fleuve.

A Pompéi, les remparts, qui remontent à une époque fort ancienne, furent réparés à plusieurs reprises jusquau jour où les Romains, assurés de la sécurité, cessèrent de s'en occuper'. Telle qu'elle existait au dernier siècle avant J.-C. la muraille était faite de deux parements parallèles, plus épais à la base qu'au sommet ; le vide qui les séparait avait été rempli par de la maçonnerie de blo-

1 Cf. Sluart Jones. Companion tn [îoinan Ilixlory. p. 66 et suiv. 2. La description en est donnée par Denys d'Halicarnasse, IX, 68. :i. Mazois, Pompéi, I, p. 3.3 ; Breton. Poinpeia, p. 233 et suiv. ; Mau-Kelsey, Poinp":i. p. 231 et suiv. : Thédenat, Pompéi, II, p. 9 et suiv.

cage à la partie inférieure, et, au-dessus, par de la terre formant terre-plein (fig. 30). Le parement extérieur mesurait de 8 à 10 mètres

Fig. 30. — Muraille de Pompéi, d'après Mazois.

de hauteur et était garni de créneaux ; l'autre, plus élevé de '2 m. 50, était soutenu par des contreforts recouverts d'un talus de terre. On montait de la ville sur le terre-plein par des escaliers placés dans les tours auprès des portes.

La muraille était, en effet, flanquée de tours carrées, saillantes des deux côtés. Elles sont, d'ailleurs, une addition d'époque postérieure , bien quelles existassent déjà au temps de Sylla . On y avait disposé trois étages: le premier ouvrait sur le fossé extérieur, le second sur le terre-plein qui faisait chemin de ronde ; enfin le troisième dominait la campagne.

Les murs dWoste, qui remontent à .Auguste, présentent les mêmes caractères. Des cailloux noyés dans du mortier formaient la partie centrale ; les parements étaient de calcaire débité en pierres de moyen appareil : ils mesuraient '2 m. 80 à la base et 2 mètres au sommet. Intérieurement, les courtines étaient renforcées de 14 mètres en 14 mètres par des contreforts saillants, sur lesquels reposait sans doute un tablier de bois, faisant chemin de ronde. Le sommet des murs, hauts de 8 mètres, était crénelé.

MURAILLES

Des tours espacées de 170 mètres sur les g-rands côtés de la place, de 130 mètres sur les petits, complétaient la défense K

Quand la paix romaine eut assuré la sécurité à l'Italie et aux provinces. c"est-à-dire sous les Flav^iens et les Antonins, il ne fut plus utile, sauf sur les frontières extrêmes de l'Empire, de fortifier les villes nouvelles qui se fondaient ni même d'entretenir les fortifications existantes ; les habitants du monde entier vivaient dans des cités ouvertes. Mais les choses chang'èi'ent de nouveau au III* siècle. Devant les menaces d'invasion, il redevint nécessaire de mettre à l'abri derrière des murailles les hommes et les biens, de constituer ou de reconstituer les barrières qui avaient existé autrefois.

A Rome on éleva l'immense muraille qui porte le nom de l'empereur Aurélien ^, parce que ce prince en fit entreprendre la construction, et qui ne fut achevée que sous Probus. Beaucoup plus développée que l'enceinte de Servius, elle entourait la presque totalité des quatorze régions dWuguste, y compris le quartier du Transtévère. Ce qui en caractérise le tracé c'est que, pressé par le temps, .Aurélieu s'efforça d'utiliser des édifices

déjà existants ; ainsi, il lit entrer dans la fortification le mur de soutènement des jardins des .Acilius, au pied du Pincio, celui du

Fig. 3L. — Coupe du mur d'Aurélien, d'après Homo.

1. Prom\s,Sloria dell antica Torino, pi. iv ; Hoclias dAiglun, Principes de la fortification anti<iiie, Paris, 1S81, 8°, p. (i.3 et suiv. ; \. HIancliet, Les enceintes romaines delà (iniile. Paris, 1907, 8", p. 289.

2. Cf. Homo, Essai sur le règne de l'Empereur Aurélien, Paris, 1904, 8", p. 21 i et suiv. ; Middleton, Hemains of Home, H, p. 372 et suiv.

camp prétorien, les aqueducs, IWmphithéàlre castrense, des tombeaux ; naturellement il les transforma pour les approprier à leur nouvelle destination. Le mur du Pincio fut couronné de créneaux ; les arcades des aqueducs furent bouchées du côté de la campagne et percées de meurtrières ; les murailles du camp prétorien furent surélevées ; le tombeau d'Hadrien devint un bastion crénelé ; celui d'Eurysaces forma le noyau d'une tour. Quant au mur même i lig. 31 ) il était constitué de deux façons: la base, un socle massif épais de 4 mètres, était fait d'un solide blocage à revêtement de briques ; on y avait accumulé comme matériaux des morceaux de tuf, des briques cassées, des fragments de sculptures ; les briques de revêtement sont, elles aussi, souvent des morceaux de remploi : elles proviennent des monuments antérieurs démolis pour faire place à la nouvelle fortification. .Au-dessus du socle plein, le mur se composait de deux parties : extérieurement, une paroi qui n'avait plus qu'un mètre environ d'épaisseur; intérieurement, derrière cette paroi, une série de chambres voûtées, séparées les unes des autres par des pieds-droits, perpendiculaires à la direction du mur et formant contreforts. L'ouverture de ces chambres regarde la ville ; elles communiquent entre elles par un passage continu qui longeait toutes les courtines. Le niveau en est de 2 m. 50 environ au-dessus du sol intérieur, de 8 ou 9 mètres au-dessus du sol extérieur, beaucoup moins élevé. Le haut du mur était crénelé. .\ des intervalles réguliers, tous les 'J9 mètres environ, des tours quadrangulaires faisaient saillie au dehors. Des portes, ouvertes juste au niveau de la galerie interne des courtines au rez-de-chaussée, plus haut, au niveau du chemin de ronde, au-dessus des chambres voûtées, permettaient de communiquer de 1 une à l'autre. Chaque tour était divisée en trois étages, où l'on accédait par un escalier étroit (fig. 32). Les mêmes principes de fortification ont été appliqués à celte époque dans toutes les parties du monde romain. Kn général, les murailles reposaient sur une base, solidement établie, en gros blocs, capables de résister au choc des machines de guerre. Mais — et c'est là une des caractéristiques les plus sûres de ces constructions — comme on n'avait ni le temps ni l'argent nécessaires pour demander aux carrières voisines des pierres de taille soigneusement appareillées, on utilisait celles qui provenaient d'anciens monuments, publics ou privés, principalement des cimetières extérieurs aux villes qu'on pillait pour la circonstance, lorsqu'ils n'avaient pas été déjà mis à sac par les incursions ennemies. On

MURAILLES

Kig. '■\'2. — l'ortu .\siniinu de 1 ciiiiMiilf irAiirolioii.

a trouvé dans ces sortes de soubassements des inscriptions, des pierres ornementées, des statues même '. Sur cette base on élevait une muraille en petits matériaux. Le noyau en était fait de blocage où entraient aussi, dans un mortier plus ou moins compact, toutes sortes de débris. Le revêtement consistait en pierres cubiques de petites dimensions, disposées rég^ulièrement et coupées, de distance en distance, par exemple toutes les cinq ou dix assises, par d'autres assises de briques forment une ligne horizontale : c'est là encore une des particularités auxquelles on reconnaît les fortifications du III'' et du iv« siècle : on en trouvera de nombreux exemples, pour notre pays, dans l'étude que M. A. Blanchet a consacrée aux enceintes de la Gaule -. Le haut du mur portait généralement un chemin de ronde protégé par un parapet crénelé. Enfin ces enceintes étaient flariquées de tours, rondes le plus souvent, suivant le précepte de Vitruve •^, parfois rectangulaires ou octogonales, bâties, elles aussi, sur un socle de grand appareil en pierres plus petites, réunies par du mortier et coupées de chaînes en briques ^. I^eur nombre est très variable.

^ W. — Portes de villes.

Les portes ouvertes dans les villes fortes sont, en général, au nombre de quatre, plus rarement de deux : mais on a aussi des exemples de portes plus nombreuses. Elles sont, d'ailleurs, d'une grande variété de types ~' ; mais leur plan présente certaines particularités notables, qui sont communes à presque toutes. Elles constituent un massif de maçonnerie d'une certaine épaisseur, ouvert sur chaque face, d'une part sur la campagne, de l'autre sur la ville et fermant les deux extrémités d'un passage. Ce passage n'est pas continu : il est interrompu au milieu par une cour à ciel ouvert, où l'ennemi devait s'entasser, une fois l'entrée

1. Cf. pour la (iaulc. qui a été bien étudiée à cet éj;ard : A. Hlanchct, Lex enceintes romaines de la Gaule, p. 238 et suiv.

2. Hlaiicliet, o/j. cil., p. ÎSS cl suiv. et pi. i. n. iv, xvi ; Sluait Jones, Companionlo Roman Hislortf. p. "I cl suiv. Pour Londres, voir Haverfield, Roman London. dans \o Journal of Roman Sludies, 1912, p. 153.

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