PORTES DE VILLES
forcée, avant de pouvoir franchir la porte de sortie et où il était exposé de tous côtés aux coups des défenseurs de la place. C'est l'application d'un principe de fortification énoncé par Vég-èce, et qui était connu de toute antiquité chez les Grecs '.
En outre les portes étaient, pour l'ordinaire, flanquées de tours, à droite et à gauche.
Le nombre des baies pratiquées dans les portes est pareillement variable. Tantôt on se trouve en présence d'une ouverture unique: tel est le cas pour la porte de Stables à Pompéi, pour la porte Appienne à Rome, pour la Porta Aurea de Spalato ; tantôt, de deux ouvertures, comme à Pompéi (porte de la Marine), à Trêves, à Vérone, à Saintes ; tantôt de trois, ainsi qu'on le voit à la porte d'Herculanum de Pompéi, à celles d'Aoste, de Cologne, de F'ano, d'Adalia en Asie Mineure. Parfois même on était allé jusqu'à ménag-er quatre ouvertures ; les exemples les plus connus sont la porte d'Auguste à Ximes, la porte Saint-André et la porte d'Arroux à .Autun et les portes de Turin.
Fij,'. 3:J. — Porte de Stables à Pompéi.
Les tours sont le plus souvent de forme arrondie ; l'étage supérieur est percé d'ouvertures par où l'on peut communiquer de l'une à l'autre, en passant par une galerie ménagée au-dessus de la porte elle-même. Tandis que les tours latérales permettaient de frapper les assiégeants de flanc, la galerie offrait les moyens de les
1. \'oii' Fougères, «lans le Dicl. des An(. de Satjlio, au mol Purla.
accabler de projectiles de haut en bas^ au moment où ils essayaient de forcer l'entrée de la place.
Quatre exemples feront mieux comprendre ces dispositions. La porte de Stabies à Pompéi [Hg. 33). antérieure à l'époque romaine, se compose de deux voûtes, Tune à l'extérieur (B) précédant la baie d'entrée, l'autre faisant suite à la baie de sortie (D) ; entre les deux existe un espace découvert plus larg'e i C) dominé de tous côtés par le rempart. Un escalier latéral [b) permettait d'accéder de l'intérieur de la ville au chemin de ronde *. La porte de Cologne dite «. Pfaffenpforte » (fig. 34i date du milieu de l'Empire : elle présente
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Fijr. 31. — Porte de Culofriie.
trois voûtes, une grande pour les voilures, et deux petites pour les piétons^. La fameuse porte de Trêves, appelée <( Porta \i'(/ra » (fig. 35) remonte à l'année 260 ; elle est constituée par deux arceaux juxtaposés qui mènent à une cour de défense dont la sortie est faite de deux autres arceaux, prolongements des premiers. Deux grandes tours demi-circulaires flanquent l'entrée. Tours et entrées sont surmontées d'étages, au nombre de trois pour la tour de droite, percés de nombreuses arcades en plein cintre qui éclairent des galeries intérieures^.
La Parla Aurea du palais fortifié de Dioclétien à Spalato (fig. 36)
1. Overbeck-Mau, l'oinpeji, p. .ïO ; Mau-lvelsey, Poinpeii, p. 236; Tliédenat, Pompéi, II. p. 13 : Giisman, l'ompéi, p. 36.
2. Schullze, loc. cil., pi. xv ; cf. lionner Jahrhiicher, XCVIU, 1895 (Schulze et Steuernafrel, Cofonta .ljfri/jpi/i<»n.s/.S;, p. 3i et siiiv. et j)!. viii.
3. Schullze, loc. cil. pi. xvi ; cf. Lehner, Die rotn. Stndlhefpslirftinif von Trier, dans la Westd. Zeilschrift. XV, 1896, p. 230 etsuiv.