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CHAPITRE V

Sommaire. — I. Citernes. — II. Aqueducs et châteaux d'eau. — III. Distribution de l'eau. Fontaines. — IV. Ésouts. Canaux de drainaae.

Les villes ne peuvent vivre, prospérer et grandir, si elles ne sont pas largement approvisionnées d'eau : il en faut pour la boisson et pour la nourriture des habitants, pour la propreté des rues, des maisons, des places publiques ; il en fallait surtout à l'époque romaine pour alimenter les bains publics et privés, si nombreux dans les moindres agglomérations.

Aussi la question des eaux occupait-elle une des premières places dans les préoccupations des particuliers aussi bien que des autorités ; et les ingénieurs avaient-ils amené à la perfection l'art de recueillir et de conduire jusque dans les cités les eaux de pluie ou de source.

^ I. — Citernes '.

Tout dabord chaque maison avait sa citerne, disposée au centre de Vatrium, sous Vinipluvium ; elle recueillait la pluie qui tombait sur le toit et dans la cour; mais la quantité de liquide ainsi emmagasiné était assurément insuffisante pour les habitants.

Le mal n'était pas sans remède si la ville s'élevait au bord d'une rivière à débit constant; l'eau qui y coulait fournissait aux particuliers le surj)lus dont ils avaient besoin. C'est là un fait sur lequel il n'est pas utile d'insister.

De même, si dans les limites de la cité jaillissait une source abondante : on prenait alors soin de la capter afin d'en éviter la déperdition, de la recueillir en un point où il fût fac-ilc d'v puiser. On l'entourait d'un bassin de forme circulaire ou carrée, souvent élégamment décoré; on la couvrait d'une voûte, pour la protéger

I. Cf. E. Guillaume, dans le Dicl. des .\nl. de Saglii», au mol Cislerna.

centime la terre et tous les corps étrangers qui auraient pu la contaminer. Quelque sanctuaire à la nymphe protectrice du lieu complétait parfois l'ensemble.

Mais une bonne partie des agglomérations urbaines étaient éloignées de toute rivière et privées d'une source puissante ; il fallait chercher ailleurs le supplément d eau nécessaire à la consommation locale. On fut alors amené à édifier de grandes citernes publiques ou même privées. Les unes étaient simplement des bassins couverts, soutenus par des piliers qui pouvaient atteindre de grandes dimensions ; les autres étaient plus compliquées'. \'itruve a indiqué le principe qui devait présider à leur construction. Comme les eaux de pluie sont chargées de poussière, on devait avoir soin d'échelonner les citernes par bassins successifs, qui se transmettaient les unes aux autres le liquide progressivement épuré. On a gardé un spécimen remarquable de ce procédé de filtrage dans un édifice de Fermo, autrefois Firmum '-. Les bassins y étaient situés sur le haut dune colline élevée, loin de toute rivière et de tout aqueduc; il n'est pas douteux qu'ils étaient remplis par les eaux de pluie du pays. La citerne se compose d'une série de chambres voûtées, mesurant 9 mètres sur 6 mètres et hautes de 5"' 20; elles sont réparties en deux étages superposés. La voûte des chambres inférieures, de deux en deux, était percée d'ouvertures carrées par où l'eau circulait; au même étage, elle se répandait d'une chambre dans la voisine par des portes cintrées, larges de 2 •" 45, hautes de 1 ■" 50, percées dans les murs latéraux. Les sédiments que le liquide a déposés dans ces salles sont tellement abondants qu'elles sont devenues à peu près impraticables.

Le même système était employé, quand, au lieu d'eau de pluie, le réservoir recevait l'eau d'un aqueduc pénétrant dans la ville ; quelque belle qu'elle fût, une telle eau contenait, elle aussi, des impuretés qu'il fallait éliminer.

11 arrivait, d'ailleurs, qu'une citerne fût construite primitivement pour être remplie par les eaux pluviales et qu'ensuite, après l'établissement d'un aqueduc, elle servît de débouché à la nouvelle canalisation. C'est ce qui semble, par exemple, s'être produit à Carthage. Il existait dans cette ville de grandes citernes, qui remontent, peut-être, à l'époque punique ; quand Hadrien eut

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