‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 61 sur 509 · CITERNES · texte numérisé non relu

CITERNES

amené au cœur de la cité les eaux du mont Zaghouan, elles furent aménag-ées pour recevoir et emmagasiner le produit de cette nouvelle adduction ^

De quelque façon que les citernes fussent alimentées, leur mode de construction était le même. Les murs faits, la plupart du temps, de ce béton étanche qu'on appelait opus signinum, parfois en briques ou même en grand appareil, étaient revêtus d'un enduit imperméable, d'un ciment dans lequel entrait souvent de la poussière de tuileaux ; cet enduit est caractéristique des réservoirs romains.

Quant au plan, il est de deux sortes, suivant que le système adopté veut être plus ou moins perfectionné. Le plus simple consiste en une chambre unique, où l'eau vient s'amasser. Quand les dimensions de la citerne sont considérables, la voûte est soutenue par des piliers. Un exemple remarquable de citernes de cette nature est fourni par les ruines de la ville d'f'thina Oudna , en Tunisie- ; on y voit deux très grandes citernes ; l'une d'elles, la plus petite, mesure 6.") mètres de long sur 23 mètres de large ; ses dix-huit piliers disposés sur deux rangées forment trois nefs. C'est suivant le même principe que sont construites les citernes voisines de Baies, appelées Piscina mirahili.s ^, construction de 71 mètres de long sur 27 de large; la voûte est supportée par 48 piliers, qui partagent la salle en cinq nefs : elle contenait en^ iron 1900 mètres cubes d'eau.

^L^is à côté des réservoirs de celte nature, il en existait d'autres, plus perfectionnés, bâtis suivant le système des « citernes échelonnées >i que recommandait Vitruve et dont nous avons déjà parlé.

Ces sortes de constructions sont très nombreuses et l'on n'a que l'embarras de choisir parmi tous les exemples qui nous sont parvenus.

.Ainsi, il existe sur l.Avenlin une grande piscine qui servait pour l'usage des thermes de Titus : on lui donne le nom de « Le Sette Sale )), bien qu'elle se compose en réalité de neuf salles parallèles, non de sept (fig. 42). Elle mesure 42 mètres sur 56^. Chaque compartiment communique avec le voisin au moyen de portes pratiquées dans la muraille de séparation. Il faut noter que ces portes ne sont jamais placées en face l'une de l'autre : de la sorte, l'eau, arrêtée dans

1. Cf. «iircctle question. .Vudnllcnt, Cir/Ziar/r /om.imc, Paris. 1001 . 8", p. 251.

2. Allas archéolof/iqup <le la Tunisie, feuille d'ClucIna, citernes H.

3. Diirm, Haukunsl rler Riniicr, p. 159 plan cl vue), l. Cnnina. Archilell. rom., |). 102 et pi. ci.xxiii.

sa course, était obligée de faire un détour pour continuer sa route et, parcourant avec plus de lenteur un espace plus long^, ai^rivait à déposer chaque fois une partie des impuretés quelle contenait.

Fijî. 42. — Piscine dite « Le Set le Sale », d'après- Canina.

Un des ensembles les plus intéressants, parce 'que très bien conservé, est celui que M. .1. Renault a déblayé à Dar-Sanial, non loin de Sidi-bou-Saïd, sur le territoire de Carthage. Voici la description qu'il en a donnée ifig'. 43 j ^ Les bassins qui constituent ces réservoirs sont de trois sortes. Il y a dabord trois bassins de décantation dans lesquels leau arrivait par un aqueduc, puis quatre grands bassins d'égale capacité qui recevaient les eaux après leur passage dans les bassins de décantation, enfin la chambre des vannes. Le premier de ces bassins (A) est de forme oblongue ; sa contenance est d'environ 166 m. c. Il recevait l'eau la plus ordinaire. Quand il était plein, le liquide se déversait par une canalisation ménagée à la partie supérieure dans le grand réservoir voisin. Celui-ci se compose de deux bassins longs fD, E), séparés par un mur vertical percé d'une arcade voûtée en plein cintre, par laquelle l'eau passait de D en E, après avoir déposé dans le premier les impuretés qu'elle contenait encore. L'ne conduite en plomb, res-

1. .1. iJcnault, «»//. .irr/i. du CinnHi-. 1011, p. .31.3 et suiv. ; cf. Ciihii'm liarchénlogie lunisienne, nouvelle série, I. p. 27 et suiv.

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