‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 62 sur 509 · CITERNES · texte numérisé non relu

CITERNES

tée en place, prenait leau du bassin E pour la conduire à travers le troisième bassin (F) dans la chambre des vannes. Les deux autres bassins de décantation (B et C i communiquent ensemble par un tuvau de plomb placé à mi-hauteur: le bassin G ne recevait donc qu'un liquide déjà purifié. De là, il se répandait dans le second grand réservoir, composé de deux compartiments (F et G), où il achevait de se reposer, pour se répandre ensuite par un tuyau dans la chambre des vannes. Cette eau, plus pure que celle qui sortait du réservoir E n'était point cependant encore d'assez bonne qualité pour l'alimentation. Le propriétaire, afin d'avoir à sa disposition un liquide meilleur encore, avait fait établir dans le réservoir F, à

Fip. 43. — t^iterncs de Dar-Saniat, à Cartliage.

un peu plus d'un mètre de distance du radier une troisième canalisation en plomb, qui se dirigeait elle aussi dans la chambre H. On pénétrait dans cette dernière par un escalier de seize marches qui permettait de descendre juscjuau fond.

Les trois qualités d'eau sortaient de la chambre par un aqueduc couvert. Deux des eaux passaient dans le radier de l'aqueduc en suivant deux caniveaux séparés [)ar une murette en maçonnerie; la

conduite qui donnait passfig-e à la troisième était suspendue à la partie supérieure ; on voit encore la trace des scellements qu'elle a laissée. Les ruines de l'Afrique du Nord, où l'aménagement de l'eau avait une importance capitale, sont, à cet égard, des plus instructives * . On trouve des réservoirs ainsi conjuguées dans presque toutes les villes du pays, où ce système paraît avoir été particulièrement en faveur -. u Leur plan, a écrit Gauckler, est généralement conçu de manière à assurer le fractionnement de la masse liquide, ce qui

permet de nettoyer alternativement les diverses parties du récipient, engorgées par les apports d'alluvion et les dépôts calcaires, sans entraver le fonctionnement de l'ensemble.

Ils se composent du ne série de compartiments parallèles (fig. 44), beaucoup plus longs que larges, ayant en général de 30 à 35 mètres dans un sens, de 5 à 6 dans Tautre.

Juxtaposés en longueur, ils communiquent entre eux par de petites portes basses et des lucarnes qui assurent l'étjuilibre de l'eau dans les divers bassins et suppriment les pressions latérales sur les cloisons intermédiaires. Les murs, en petit appareil, supportent des voûtes en berceau, percées, au sommet, de regards circulaires qui aèrent l'édifice; l'eau se déverse dans les bassins par un orifice carré placé près de la voûte. Un dernier compartiment, en tout semblable aux précédents, mais qui leur est perpendiculaire, recueille les eaux parfaitement clarifiées; elles s'écoulent au dehors par des canaux maçonnés à vannes et à robinets, sur lesquels s'embranchent les tuyaux de conduite et de distribution. Diverses dispositions accessoires, puits, escaliers, canaux de décharge, facilitent la surveillance des bassins, assurent la circulation, l'aérage, la décantation des eaux et règlent leur sortie. »

Fig. 44. — Citernes de Tliubur nica. d'api-ès le D' Carton.

1. Cf. Tissot. Géoffr. comparée rie i Afrique. I. p. :y9b el suiv. : Knquèle sur les inslallationx hiidrnuli(iues romaines en Tunisie. Tunis, lS!t7-19l2, 2 vol. 8°: Gsell. Monuments île l'Algérie. I, p. 260 cl suiv.

2. Gsell, loc. cil. ; P. Gauckler, Larchéolnrjie île la Tunisie. Paris, isitfi. H", p. 24 ; D' Carton, Étuile sur les travaux hi/iirauliiiues îles Humains en Tunisie. Tuais. 1S97. S° (Extrait de la lierue Tunisienne, p. 11!» et suiv.

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