A. Hallu. Les ruines de Timijnd. Paris. 1897, 8°. p
7. Plin..///s<. nat.. .X.X.WI, 4s , cf. Tissot, Géogr. comp. de l'Afrique^ Paris, 1888. 2 vi.l. 4", I, p. 263.
On pourrait multiplier aisément les exemples en les empruntant à toutes les proA'inces du monde romain.
<:; II. — Le marbre '.
Les Grecs ont surtout employé le marbre dans leurs constructions, parce qu'il existait en abondance dans le pays : il n'en est pas de même à Rome et dans les autres parties du monde romain.
A Rome même il avait fallu attendre, au dire de Pline -, jusqu'à l'année 103 av. J.-C pour voir utiliser le marbre dans la décoration des édifices ; il ne devint commun que sous l'Empire. A cette époque, si l'on ne faisait que de rares emprunts aux gisements de marbre pour constituer les murs mêmes des temples et des autres monuments publics, à cause de la cherté de la matière, on leur demandait souvent les colonnes dont on les parait et plus souvent encore les plaques de revêtement crustae), blanches ou multicolores, qui donnaient aux parois un éclat plus durable que la couleur. Des marbres ainsi employés, les uns étaient fournis par les carrières voisines des localités et leur usage était restreint à un rayon assez peu étendu ; d'autres, au contraire, ceux qui étaient particulièrement réputés, étaient demandés dans le monde entier.
On sait que les marbres destinés à l'ornementation de Rome étaient amenés jusqu'à Ostie ; là, on les transbordait sur des chalands qui les apportaient en remontant le Tibre. On a trouvé deux des anciens dépôts où ils étaient déchargés en attendant leur utilisation. L'un était situé à l'ouest de l'Emporium, à l'endroit qui garda durant tout le moyen âge le nom de Murmorata "*, le second, sur la rive gauche du fleuve, en amont du Pont Saint-Ange ^.
Les différentes variétés de marbre connues des Romains sont innombrables et il est impossible de les énumérer toutes. Nous nous contenterons de donner dans le tableau suivant la liste des principaux marbres dont l'emploi a été constaté dans les ccmstructions romaines ou dont les carrières ont été retrouvées par les explorateurs. Suivant la méthode moderne, (jni tient compte
1. (>f. (î. Lafayt". «lans le l>ict. des Anl. de Safjlio. au mol Miinnor III, p. 150" et suiv.).
•1. Ilial. nat., XVM, 6.
3. Bulletl. (leir Insliliitn, 1X70, p. •» el 37 : 1871, p. i>s : lh72. p. 72 et 13i ; Lanciani. AncienI Home. p. 2j0 el Ruins and ExciVHlionx, p. 527.
i. Rullell. comun., 1891, p. 45; 1802, p. 175; Lanciani, /îu/ns and Excavations, p. 527, 528.
4 I. MATERIALX DE CONSTRUCTION
pour leur classification, non seulement de la couleur et de Faspect extérieur des variétés, mais aussi de leurs formations géologiques, nous les avons divisés en plusieurs catégories : marbres ordinaires, cest-à-dire carbonates de chaux cristallisés, susceptibles de prendre. au polissage, une teinte brillante et de se réduire en feuilles minces ; brèches, c est-à-dire marbres formés de fragments anguleux dautres marbres, réunis par un ciment calcaire : lumachelles et brocatelles, ou marbres coquilliers, constitués par l'agglomération de petits coquillages ; albâtres, produits par des dépôts d'eau, plus durs que le marbre et translucides ; serpentins : basaltes, pierres volcaniques compactes ; puddings ou brèches dures ; porphyres ; granits, composés de grains de quartz, de feldspath et de mica : pierres fines *.
A. — Marbres.
Blanc. — Marbre de l'aros, très blanc et plein degros cristaux brillants. Employé surtout pour la statuaire. Deux variétés : greco dura et f/rcchello duro. Provenance : Paros, dans r.Archipel.
Marbre de 7'hHsos. blanc livide [greco lirido^ à paillettes luisantes. Provenance : Thasos.
Marbre de Scyros, blanc à grains très fins. Provenance ; près de Kolonna Scyros).
Marbre de Leshos, blanc jaunâtre, à grains gros et brillants. Provenance : Lesbos.
Marbre penfélique [greco fino), blanc d un grain très fin, sans cristaux. Provenance: le mont Pentélique, à I Ikilom. d'Athènes.
Marbre de Vllymelte, blanchâtre avec de longues veines parallèles d'un gris bleu ; contient de gros cristaux, comme le Paros. Provenance : le mont llymette.
Marbre du (Jap Sunium, blanc avec une nuance gris bleu. Provenance : une carrière à i kihun. au Nord du Cap Sunium.
Marbre de fyr, blanc i)leuâtre. Provenance : le Liban.
I. Cr. surlfiut pour les dilTérents marbres connus: Hl. Caryophilus, De iinlifiiiis nvirnwrihiis. Vlrcchl, 1713, {" ; V. Corsi, Délie pieire antiche ['2' éd.), Hoini'. )H.i:\. 8° ; II. Bliimnei-, Technologie, III, p. 8 el siiiv. : Hai-bicr de MoiiUiult, Tnhleiiii raisonné îles pierres et marbres anliifiies ilans le linllel. moniini.. X.X.W. ItstiO ; Cîli. Diilxtis. Etude sur les carrières romaines; G. Lalayt" liuns le Dicl. des Anl. de Saglio, au mol Mamutr III, p Iiiol i»t sniv. ".
Marbre palomhin palomhino, coralilicum ., blanchâtre, tendant au ^^Tiset au jaune, comme les plumes de pigeon ; grain très fin et tissu compact. Servait surtout aux pavements. Provenance : la Phrygie. sur les rives du Sagari. Marbre du Cap de Garde, blanc veiné de gris. Provenance :
le Cap de Garde, près de Bône, en Algérie. Marbre du Fil fila, blanc. Provenance : le Filfila, près de Bône. Marbre de Carrare lunense, blanc savonneux, souvent taché de noir ; très employé à Rome depuis Jules César, comme aussi, ultérieurement, dans toutes les provinces. Provenance : Carrare, en Italie, près de Pise. Marbre des Pyrénées, blanc. Provenance : Saint-Béat et Arguenos iIIaute-(Taronne , Barousse Hautes-Pyrénéesj, Blanc des Bains, Blanc de Carrol, Blanc de Py, le Canigou (Pyrénées-Orientales).
Jaune. — Jaune antique igialio anlico., numidicum), jaune, qui varie du jaune pâle au jaune foncé, teinté souvent de rose, couleur chair. Provenance : Chemtou, en Tunisie. Rouge. — Marbre du Ténare (rosso anlico). Provenance : la partie sud de la presqu'île de Mani (cap. Matapan). Marbre d'Alabanda, rouge foncé tirant sur le noir, uniforme, moucheté de points blancs ou rayé de noir. Provenance : -Aiabanda, en Carie.
Noir ou gris. — Xoir antique, noir, taché quelquefois de lignes blanches courtes et brusquement interrompues. Provenance : le Ténare.
Marbre de Chio [luculleumi. gris bleu l'oncé. Provenance :
île de Chio.
Marbres gris de Téos et de \axos.
Marbre de Lunn [bardir/lio. lunense), gris bleu, tacheté.
Provenance : Carrare.
Xoir de Moulins et de Mnntaillon (.Ariège). Multicolore. — Cipollin {carystiuni), blanc sale ou verdâtre, veiné d un vert plus foncé (^variétés : fond verdâtre semé de taches blanches, fond rayé semé de taches blanches). Provenance: les environs de Caryslo, dans l'île d'Kubée. Fleur de pécher (mnln.ssium), fond blanc avec taches de
violet cliiir. Provenance : l'Epire.
Marbre de Proconnèse, blanc et noir, mélangé en parties égales. Provenance : île de Proconnèse, dans la Propoiitide.
b I. MATERIAUX DE CONSTRUCTION
Marbre de Synnada ' pavonazello, docimenium), blanc avec taches roses et violettes: ressemble à de lalbàtre. Très employé à Rome. Provenance : carrières à 47 kilom. au Nord de Synnada (Phryjjfie).
Marbre de Corinthe (jiaUo tigrato), jaune clair avec des veines jaune foncé. Provenance : Corinthe.
Porte sainte \porta santa, iassense), roussâtre avecde nombreuses taches ou veines, blanches, noires, bleuâtres, violettes, jamais vertes. Provenance : lassos, sur la côte d'Ionie.
Marbre de Rhodes, fond noir veiné de jaune d'or. Provenance : Rhodes.
Gris antique {hatthium) ; offre un aspect gris à cause de la réunion du blanc et du noir, en taches, veines ou filets. Provenance : Milet ?
Blanc et noir d'Egypte, très noir, semé de petites taches rondes d'un blanc sale. Provenance : TÉgypte.
Marbre de Cascatel (Aude), noir veiné de jaune, noir et blanc.
Marbre de Bourbon-Lancy, gris, veiné de blanc.
Africain, multicolore, noir, gris, rouge, vert, blanc. Provenance : Chio ?
B. — Brèches.
Blanche. — Brèche de Scyros, blanche à rayures rouges. Provenance : le Sud de l'île.
Multicolore. — Brèche à semis {semé sanlo), fond violet avec semis de petits grains gris et jaunes. Provenance : TKgypte.
Brèche de Marignac et de Ri, à fond jaune avec marbrures blanches ou rousses. Provenances : Marignac, Ri, près Saint-Béat.
Brèches diverses : rouge, d'Alep mélangée de gris rougeâtre. de brun, de noir), dorée (violette avec taches brillantes jaune d'orj, coralline (fond blanc ou rosé, avec veines couleur du corail), jaune et noire, de la villa Hadrienne icafé brûlé avec taches jaunes, rouges, vertes, bleues, violettes et blanches i, d'Arlequin (jaune doré avec taches blanches, louges et bleues), violette [pavonazza], violette et jaune {brocalellone). Provenances inconnues.