I. — Curies
Nous parlei'ons en détail dans un autre chapitre de la forme et des dispositions propres aux temples romains ; nous n'avons pas à nous y arrêter ici.
Pour les curies, on trouve dans le traité de Vitruve ^ quelques préceptes précis ; d'après lui le plan pouvait être oblong ou carré. Dans le premier cas, la hauteur devait égaler la demi-somme des côtés; dans le second, une fois et demie la largeur. La décoration consistait en un revêtement de stucs ou de laml)ris, s'arrêtant à mi-hauteur des parois et terminé par une corniche : celle-ci avait pour mission de rabattre le son et d'éviter les résonances.
Les curies dont nous avons gardé soit des restes, soit simplement le plan, étaient conformes à ces données.
La plus importante et en même temps la plus complètement conservée est la curie de César, rebâtie par Dioclétien, sur le forum
I. Mommsen. Droit public romuin, VI, 2, p. S59 et suiv. •J. Sur cette particularité à Timu^ad, cf. Cag:nat-lîallu. Timgad, p. OS et suiv. ; cf. Merlin, Althiharos, p. 9.
romain, qui existe encore; on la transformée en église sous le pape Honorius : c'est Téglise Saint-Hadrien. A côté, l'église Sainte- Martine représente les bureaux du sénat isecretarium senatus) (fig. 56). La curie était de forme rectangulaire, longue de 25 mètres
Fig. 56. — Curie de Rome.
environ et large de 18 ; les piliers et l'abside ont été ajoutés lors de la transformation de Tédifice.
On y accédait antérieurement par un escalier. La décoration en était très riche : les murs de brique étaient revêtus de stuc à l'intérieur, la voûte était dorée, le pavement, de marbre; la porte, de bronze, a été transportée à Saint-Jean-de-Latran.
Le secretariiim senatus ne mesurait que 9 mètres de large ; il se terminait en abside. Entre les deux, pour assurer la communication, régnait un portique établi par Auguste, V atrium Minervae. Le tout formait un ensemble profond de 27,50 avec une façade de 50 mètres encore sur le forum '.
A Pompéi, nous retrouvons pareillement un ensemble de trois salles, séparées par des allées étroites qui débouchent sous des arcades reliant les salles deux à deux ; si bien qu'elles ne forment, en réalité, qu'un seul édifice (fig. 51). La salle du centre, la curie, de plan rectangulaire (14 m. 50 X 12 m. 50), est précédée d'un perron, haut de 1 mètre et long de 5 mètres, auquel on accède par deux escaliers latéraux ; il constitue une sorte de tribune dominant le sol
I. Cf. Lanciani, L'auia e ^it uffici del senato romano (Atti délia reale Accad. dei Lincei, Memorie, 1883, XI/, p. 5 et suiv. ; Hulsen, Das Comitium iind seine Denkmâler ' Rôm. Miltheil., 1893, p. 86 et suiv.).