PREFACE
L'arl byzantin, pendant de longues années, a été considéré comme un art immobile, impuissant à se renouveler, et qui, sous la stricte surveillance de T Eglise, borna son effort millénaire à répéter indéfiniment les créations de quelques artistes de génie. Assurément cette conception surannée ne trouve plus guère de partisans aujourd'hui. Pourtant les historiens récents de l'art byzantin y reviennent, en quelque manière, par un détour, lorsque, dans la plupart des œuvres de cet art postérieures au vi® siècle, ils ne veulent retrouver autre chose que des répliques de prototypes perdus. Au vrai, l'histoire de l'art byzantin offre infiniment plus de complexité et de souplesse. Certes il fut, nul ne le conteste, bien des fois imitateur et copiste ; mais il fut, davantage encore, capable d'originalité et d'invention créatrice. L'admirable floraison artistique qui marque le siècle de Justinien ne l'épuisa point. La magnifique renaissance qui accompagna l'époque des empereurs macédoniens et Comnènes trouva des sources d'inspiration inconnues à Tâge antérieur, et révéla des qualités que cet âge n'avait point connues. Enfin, au xiv** et au xv*" siècle, l'art byzantin, dans une évolution suprême, apparut capable de se transformer et comme prêt à se renouveler. L'art byzantin n'est donc point, comme on le pense trop souvent, un art mortné, qui, après un fugitif éclat, s'est survécu en une longue et stérile décadence ; c'est un art vivant, dont le développement suit une courbe logique, continue et progressive, et dont il