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rotulo di Giosuè (Godices Vaticani, V), Milan

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remarquablee [Rg. 117). Un trait particulièrement intéressant et bien alexandrin se marque dans la place que tiennent dans ces miniatures les personnifications. Les villes, les fleuves, les montagnes, sont symbolisés par d'élégantes figures d'une grâce tout antique

(fig. 1 18) : c'est un fleuve couché àdemi-nu auprès de son urne renversée ; c'est une ville assise près de ses remparts, la tête couronnée de tours ; c'est un dieu des montagnes étendu au sommet de la colline. Toutefois, entre les composilionH et l'exécution, il y a un assez curieux contraste, et par la facture ces peintures sont bien inférieures à celles de la Genèse. C'est évidemment que l'on se trouve ici en présence d'une copie d'un original plus ancien qui,

234 LES NONL'MBNTS DB LA PBINTUBB

d'après Strzygowski, remonterait jusqu'à une époijue antérieure i Constantin. En tout cas, comme la Genèse et les manuscrits profanes, l'œuvre est profondénient pénétrée des traditions hellénisliques.

II en va tout autrement, si de l'Ancien Testament on passe à l'illustralion des évangiles. D'aulres influences s'y maniTestenl, pluft spécifiquement orientales ; l'art syro-palestinien y tient plus de place que l'art alexandrin. Au style pittoresque se substitue une tendance très caractérisée vers le style monumental : c'est ce que démontrent amplement plusieurs beaux manuscrits du vi'' siècle.

Évangile syriaque de Florence. — La Laurentienne de Florence conserve un évangile syriaque enluminé en l'an 586 par un moine nommé liabula dans un couvent de Zagba en Mésopotamie. Il semble bien que Rabula ail copié un original grec, mais cet original se rattachait nettement à la tradition de l'art asiatico-oriental, tel que le cultivaient surtout les monastères. Un des traits les plus caractéristiques de cet art, c'est la grande place qu'il fait à l'ornenien talion. Sur presque tous les feuillets du manuscrit, on

EVA14GILB SyaUQUE DE Fl^BENCB

rencontre de grands encadrements architecturaux, de hauts portiques soutenus par de frêles et élégantes colonnettes, tout un

ensemble de formes dont beaucoup n'ont plus rien d'antique. Sur le faite et au pied de ces légères constructions, sont placés des fleurs, des oiseaux, des animaux, traités dans un slvle gracieux cl recherché. Sur les côtés, se disposent de» miniatures de petite dimension, n-présentant, pour la plupart, di-s scènes évangéliques, et qui ont un

caraclëre historique très marqué. Plus loin, sous des arcades, sont figurés les évangélistes écrivant, dont le type, inspiré des portraits d'auteunt profanes, se rencontre ici pour la première fois dans

c de Florence (Plinl.

l'iconographie chrétienne. Enlîn, de grandes compositions en pleine page, encadrées, à la façon des mosaïques, de motifs géométriques ou inscrites sous des arcades, représentent la Crucifixion, la RésuiTcclion, l'Ascension (tig. II9], la Pentecôte (fig. 120), la Vierge avec l'Knfant et le Christ assis entre deux evêques et deux moines.

ÉVANGILE d'eTSCHMIADZIN 237

Aïnalof a justement signalé Tétroite parenté qu'offrent ces compositions avec les scènes figurées sur les ampoules de Monza, où sont reproduites, on le sait, certaines mosaïques fameuses des sanctuaires palestiniens. Ceci prouve à la fois le lien très étroit qui unit cet art syrien à la Palestine et explique le style monumental de ces compositions. Si, malgré la richesse et Télégance de l'ornementation, l'exécution générale du manuscrit est médiocre, ces grandes pages n'en sont pas moins fort remarquables par leur arrangement. On y trouve plus d'une fois le premier exemple iconographique de telle ou telle scène, depuis lors consacrée parles siècles. Les personnages également sont dignes d'attention : leur stature ramassée, un peu lourde et trapue, n*a, pas plus que leur visage, gardé la beauté des types antiques. Avec son ovale amaigri, son nez mince, ses grands yeux noirs, sa bouche menue, la Vierge offre un aspect caractéristique qui subsistera dans l'art byzantin; et pareillement le Christ, avec ses yeux noirs, sa barbe épaisse et noire,son front étroit qu'ombrage une ample chevelure noire tombant jusque sur les épaules, annonce un art nouveau. On voit, pour le noter en passant, tout ce que doit l'iconographie byzantine à la Syrie et à la Palestine, et combien l'influence de ces régions a modifié l'aspect de l'art ^.

Evangile (T Etschmiadzin ^. — On peut rapprocher du manuscrit de Florence un autre évangile syriaque, provenant de Mardin, et datant du vt^ siècle, que conserve la Bibliothèque nationale (n^ 33) et surtout l'évangile d'Etschmiadzin, copie arménienne faite en 989 d'après un original plus ancien, et qui d'ailleurs conserve à la fin quatre miniatures du vi® siècle provenant du manuscrit primitif. On y trouve, comme dans l'évangile de Rabula, cette riche ornementation architectonique, arcades couronnées de fleurs et d'oiseaux, qui atteste des influences orientales (fig. 121 \ et des compositions — images d'apparat, comme la Vierge trônant, ou des scènes évangéliques, comme l'Adoration des Mages ou l'Annonciation. — qui s'ordonnent avec la symétrie et selon les principes du style monumental (fig. 122). Dans les miniatures originales du vi« siècle subi^istent encore quelques traits hellénistiques. Mais l'enseuiblc, comme dans le manuscrit de Rabula, montre d'étroits rapports avec l'art monumental de la Palestine. L'Adoration des Mages, avec les

1. Cf. Strzygowski, Die Mini&iiirea des serbischen Psallers in Mùnchen. Hl suiv.

2. Strzypowski, Das Elschmiadzin-Evangeliar (liyz. Dcnkmïi\er, I;. Vienne, tK92.

archileclures fantaisistes qui en occupent le foud, semble copiée sur les mosaïques de la façade de Bethléem. Certains détails du Sacrj- Tice d'Abraham ne s'expliquent que par l'iconographie palestinienne. Évangile île Bossano', — Le plus importao' par son illuslralioii <)es évangéliaires grecs de la première période est le célèbre manuscrit, écrit en lettres d'argent sur parchemin de pourpre, que possède U cathédrale de Roassno. Il date de la fin du vi' siècle, et aurait, d'après Stn:vgowski , été exécuté en .Asie .\fineure, d'après Haselolf, en Kgypte ou en Syrie. Kort apparenté par la facture à la Genèse de Vienne, il conserve certains traits de la tradition hellénistique, par exemple le portrait d'évangëlisle écrivant sous la dictée d'une ligure allégorique, et qui rappelle les portraits d'auteur du Dioscoride. Pourtant il «ffrc encore plus de traits communs avec les évangiles syriaques. Comme eux, il est un produit de l'école monastique; comme eux.

Fil,'. 131. — Miniature de TiivanKéliaire ., ., r-i. ■ , ,

j.f. T- j ■ j- ■ o. ■■ d prête au Christ un type

Dm Elschmiadtin-Ei-anyeliar). oriental; comme eux, il

emprunte à la Palestine

plusieurs traits de l'iconographie; comme eux, et plus fortement

accusé encore, il donne aux compositions un caractère monumen-

lal. 1^ plupart des douze grande.^ miniatures du manuscrit de

Rossano semblent inspirées de mosa'iques. La Communion des- Apolres, avec son Christ deux fois ligure, les Vierges saRCs et

ca Vierges folles, avec la porte qui occupe le milieu de la scène, rappellent, par leur disposition, la décoration d'un hémicycle (('abside: les deux épisodes représentant le Christ devant Pilate

MIAUMENTS UE E

li^. l'23-l'24) devaient décorer un tympan. Les autres composilions, avec leur absence de cadres, leurs personnages tous au même niveau, leur mince li^e de sol, sans paysage, semblent empruntées à quelque longue frise disposée sur les mars d'une ^ndenef ; et de même les prophètes qui les accompagnent, alignés !H>us les scènes et à moitié cachés par des rouleaux déployés, semblent avoir une origine pareille. Enfin, le fond de pourpre du manuscrit remplace admirablement les fonds bleu ^ ou or des mosaïques. Il faut remarquer, en outre, l'absence presque complète delémenU symboliques, la tendance marquée vers tes représentations historiques. Les deuxjugements dePilatesont, h cet égard, parliculièrement remarquables, par l'exactitude de5 costumes comme par le réalisme des figures. Par là, plusieurs des peintures du Rossanensis rappellent les mosaïques de Saint- .\pollinaire-Neur à Ravenne. Enfin l'ifuvre a par ailleurs encore une importance considérable :

elle annonce l'iconographie de la seconde époque

byxantine, el ses compositions fournissent des. prototypes qui seront fréquemment imités au xi' et au nu' siècle (Entrée à Jérusalem, Bon Samaritain, Résurrection de Lazare. Communion des .Apôtres, etc.).

Fragment» Je Sinope '. — Un fragment d'évangélîain; provenant de Sinope, et récemment acquis par la Bibliothèque Nationale.

1. Omont, Peinture! da manuscrit grec de l'Évangile de saint JUalhiei Mon. Piot, VII, \90i); Fae-iimiléi de» miaialaret det plos anciens manaicril gréa de la BibtiotMqat iVa{jon«I«, Paris, 1903 ; Munni, Codes pnrpurea Sinopentit 'N«AC, X1I\

Fig. 113. — Miniature de l'évanfréUa d'Etschmiadzin (d'après StrzyguMs " " i-KrangeliMr .

Dài Eltchmiadzii

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