SUJETS ANTIQUES
noé, on a trouvé par centaines les fragments plus ou moins bien conservés de tissus de toute sorte, tuniques de lin brodées, robes de laine à panneaux de tapisserie, de fabrication presque identique à celle des Gobelins, bandes ou carrés de soie brochée garnissant des manteaux, linceuls en toile brodée, coussins de tapisserie, écharpes de légère mousseline imprimée, tissus brodés de soie, toiles peintes où Timage du mort est représentée avec un remarquable sentiment de réalisme. Pareillement dans la nécropole d'Achmim, Tantique Panopolis, on a découvert des étoffés semblables, mais d'un style plus nettement oriental, et où d'assez bonne heure les motifs ornementaux sont traités avec bien plus d^habileté que ne Test la figure vivante. Malheureusement, on ne s'est guère préoccupé jusqu'ici d'étudier bien sérieusement el de classer chronologiquement ces suites de monuments. Beaucoup d'entre eux, on l'a vu précédemment, se rattachent à la tradition hellénistique, et les plus anciens remontent au moins au i\^ siècle de l'ère chrétienne. D'autres, plus précisément datés, appartiennent au milieu du v^ siècle, comme ce panneau en broderie au petit point, provenant 'd'Antinoé, et qui représente, sous des arcade^, les portraits en buste, très vivants, d'un certain Aurelius Colluthus et de sa femme. Beaucoup datent du vi^ et vu* siècle. Ce sont ces derniers surtout qu'on étudiera ici, sans prétendre au reste s'enfermer dans des limites chronologiques absolument précises, chose impossible quand il s'agit d'ouvrages qu'on ne saurait dater rigoureusement. Les étoffes que nous aurons à examiner, et auxquelles on joindra les belles soieries conservées en divers musées ou trésors d'église, et les rares broderies qui nous restent de ce temps, appartiennent à la période qui va du vi* au vni^ siècle ^