‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 128 sur 370 · Dalton, Catalogue n · texte numérisé non relu

Dalton, Catalogue n

2. II. de Villefosse, communication dans Bull, de la, Société des Antiquaires,

3. CR. de la Commission imp. archéologique, 1897; Garrucci, Sloria, VI, pi. i36; Lauer, loc. cit.^ 71.

4. De Rossi, La capsella argentea africana^ Rome, 1889 ; Lauer, La capsella de Brivio (Mon. Piot, XIII, 1907).

menUlion, la torsade en forme d'épi, le style et les caractères généraux des scènes représentées attestent une évidente parenté avec le vase d'Émèse. Quoique trouvés en des points fort éloignés les uns des autres, loua ces objets dérivent â'un foyer commun d'inspiration artistique, et ont été fabriqués dans une région unique, certainement orientale, et très vraisemblablement syrienne,

Kig. Iâ6. — Plat en ait;enl Ir

Vogue de l'orfèvrerie syrienne. — Facilement transportables, ces ouvrages d'art se sont répandus sans peine en Afrique ou en Italie, de même que la vogue de l'argenterie syrienne en portait vers le même temps les produits jusqu'au centre de l'Asie. C'est en Mésopotamie qu'a été ciselé le célèbre plat d'ai^ent de la collection Stroganof {vi" siècle) (fig. 150), découvert en Sibérie, et où sont représentés en repoussé, avec un goût qui rappelle l'art hellénistique, deux anges debout aux côtés d'une croix. Un .lutre plat à inscriptions syriaques, de même date, trouvé dans la région

de Perm, montre des sujets empruntés aux ampoules palestiniennes (Ascension, Crucifixion, Résurrection), mais modifiés selon les procédés et le stvle de Tart sassanide ^ De tels faits attestent à la fois la notoriété dont jouissaient les ateliers d'orfèvrerie syriens, et expliquent — chose importante pour Thisloire de Ticonographie — comment se propagèrent à travers le monde chrétien les compositions monumentales créées en Syrie et en Palestine.

Bijoux, — Plusieurs musées ou collections particulières possèdent enfin des bijoux précieux du v* et du vi* siècle. Le Musée britannique conserve un certain nombre de bagues en or, cachets ou bagues de mariage, portant des monogrammes ou des figures de saints ^ ; quelques-unes, qu'on date du v® siècle, sont formées d'une série de médaillons représentant des saints ou portant des bustes alternés d'hommes et de femmes exécutés en nielles {n^ 19(), 207) . Un beau bracelet d'or (n» 279), de provenance syrienne, est orné d'un médaillon figurant la Vierge orante, tandis que sur le cercle des oiseaux, cygnes et perdrix, sont représentés parmi des rinceaux. Au musée de PErmitage, parmi les objets provenant du trésor de Mersina, on signalera un collier d'or, formé de vingt médaillons décorés des deux bustes d'un empereur et d'une impératrice (Justin II et Sophie?), et auquel est suspendue une plaque d*or repoussée montrant, entre deux figures allégoriques, un triomphateur en costume antique^. Mais ici encore la série la plus remarquable a été fournie par le trésor découvert en 1902 à Kerynia de Chypre'*. On notera particulièrement une ceinture formée de seize médaillons d'or, dont les quatre plus grands, représentant un basileus sur un quadrige, sont au nom de l'empereur Maurice Tibère (582-602), des bracelets d'or richement décorés de rinceaux de vigne, un collier d'or formé de feuilles ajourées auquel sont suspendus une croix et six pendentifs en forme de disques ou de feuilles, un autre collier d'or enfin, avec croix à dessins estampés et dix pendentifs en forme de vases ou d'amandes. Tous ces objets, que possède la collection Morgan, sont travaillés au repoussé, et

l. Chvolson, Pokrovskij et Smirnof, Un plai (Targent syrien trout^ dans le gouvernement de Perm •, Matériaux pour l'archéologie russe, n» 22). Pctersbourg, 1.S99 (russe); Stassof, Un plat d'argent oriental à V Ermitage, y voit au contraire un travail turc du xiii* ou xiv* siècle. Cf. Smirnof, Argenterie orientale, Pétersbourjf, 1909.

"2. Dalton, Catalogue.

Page 1