Streypowski, Kleinasien. 193. Cf. DerDom su Aachen, W
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était pleine d'Arméniens. Une multitude d'aventuriers de ce pays venaient chercher fortune dans la capitale ; beaucoup d'entre eux y parvenaient aux grands emplois de l'administration, de l'armée, aux grandes charges de la cour. Des Arméniens occupaient le trône impérial même, Romain Lécapène, Nicéphore Phokas, Jean Tzimiscès. Entre l'Arménie el la capitale, c'était un incessant va-et-vient de généraux et de diplomates ; sans cesse les petits souverains d'Arménie étaient en visite au Palais- Pacré, sollicitant des alliances, des titres, des pensions.
Race active et intelligente, avide et pauvre, l'Arménien se répandait à travers tout le monde oriental. On trouve, au xi' et au xu' siècle, des peintres arméniens en Kgypte, et d'autres à Jérusalem. A Constantinople, on rencontre des jurisconBultes arméniens, et même — ce qui importe davantage — des architectes. A la fin du x' siècle, quand le tremblement de terre de 989 ruina . - * ,■ ■ o ■ ,- ■ la coupole de Samte-bophie, Id'aprè» Lynch, Armenia). des architectes arméniens
travaillèrent à. la restauration. Parmi eux était un certain Tiridate. qui est précisément l'architecte de la cathédrale d'.-^ni.
Il est incontestable, d'autre part, que certaines églises byzantines présentent des plans qui rappellent les édifices arméniens. On cite en particulier les sanctuaires triconques que l'on trouve, à la fin du i' siècle, dans les plus anciennes églises de l'Athos, dont l'une, on le remarque justement, fut bâtie par des Ibériens (Iviron) ; et on observe enfin que cet art d'Arménie, sî original et si fécond au x" et XI* siècle, n'eût point pu conserver celte originalité, s'il avait été dominé par Byzance.
Les faits qui viennent d'être indiqués son! certains : sont-ils pourtant absolument probants ? Je ne le pense point. C'est un fait aussi
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que, daos toute rencontre de deux civilisations, c'est la plus avancée qui exerce aon inûueace sur l'autre : or on ne niera point que la Constantinople du x" siècle ne fût singulièrement supérieure » l'Arménie. Par ailleurs, il entre dans ces raisonnements une forte pari d'hypothèse. Nous sommes assez mal renseignés en somme — Straygowski lui-même est obligé de l'avouer — sur l'édifice essentiel autour duquel tourne le débat, sur les dispositions architecturales de la Nouvelle-Église : si bien qu'il est malaisé de savoirs! elle availquelque rapport avec fart arménien. Le plan triconque, d'autre part, a fort bien pu venir à l'Athos directement de Constantinople, où on le trouve en usage dès le vn' et jusqu'au ix° siècle. Et enfin certains édifices arméniens, loin d'avoir inspiré les architectes byzantins, apparaissent tout aussi bien comme des variantes intéressantes appoKées par des constructeurs ingénieux aux types apportés de Constantinople, soit à l'église à trompes d'angle, soit à l'église à croix grecque.
La question posée demeure donc obscure. Tout ce qu'on peut et doit accorder, c'est que les vieilles traditions de l'art asiatique conservées dans le pays arménien, les influences orientales dues au voisinage du monde musulman, ont contrebalancé dans ces régions l'influence byïantine, et produit, entre les mains d'architectes habiles et capables de création, un art qui, tout en devant beaucoup à Bvïance, n'est point une copie servile de l'art byiantin. Ce qu'il faut dire en outre, c'est que, si cet'arl n'a donné rien d'essentiel à Byzance, il a dû toutefois à ses qualités propres d'avoirvers d'autres directions une curieuse expansion. La Géorgie a imité l'Arménie, et de là, contournant le domaine byzantin, le courant a atteint la
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Russie et les Slaves du Sud. Entre le plan de Mokvi et celui de Sainte-Sophie de Kief, il y a une analogie remarquable, et on a pu se demander si la vieille église russe n'était pas Tœuvre d'un arménien plutôt que d'un byzantin. Parallèlement à Tart de Constantinople, l'Arménie, tributaire au reste de Byzance, a contribué à répandre dans le monde oriental les méthodes de l'art chrétien.