Salzenberg, Gurlitt, Ebersol t, ^oc. ci
2. Dans Téglise du nord, ces colonnes sont remplaçâmes aujourd'hui par des piliers ; mais Gyllius, qui les vit encore en place au xvi* siècle, dit qu'elles étaient en marbre thébaïque. Dans Téglise du sud, les colonnes en granit rouge, qui existaient au xvi* siècle, ont été remplacées par des colonnes en marbre blanc.
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Petite Métropole d'Athènes) ; de belles dalles sculptées en Forment les parapets. Les jambages enfin et les linteaux des portes sont ea marbre blanc.
Ainsi l'extérieur des édifices s'égaie par les Jeux multiples de la polychromie. En face des édifices civils, tels que Tekfour-Serai ou
Fig. 105. — Parapet du dôme de Torcello.
la maison de Melnic, les absides de Saint-Luc (fig. -203), de Saint- Nicodème d'Athènes, de Kilissé-djami, offrent, au xi' siècle, des exemples pittoresques de cette riche décoration ornementale. Salzenberg a cru remarquer que ce genre de décor disparaît, au moins à Constantinople, dans les constructions de l'époque des Comnènes (Pantocralor, Kahrié-djami). Si cette observation est exacte, elle ne Test que partiellement. Les églises de Grèce du xn" siècle (Nauplte, Merbaca) conservent des exemples charmants de cette décoration polychrome; et elle subsiste merveilleusement riche, au sn-*siôcle, àl'iibside des Saints- Apôtres â Salonique, à celle de Fetijé-djami. et dans plusieurs éf,'lises de Maccdotne et de Grèce (.Arta, etc.). La dècornlion sculptée. — Parapets et ckapileaaj: '. — Ladécora-
1. Callanco, Varchileclore en lUlie du VI- au XI' liicle. Venise, 1K91. H. vnii der Gabelcnlz, Mitlelalterlicke PUutik in Ventdig, L^eipzig. 190.t : BrDckhau!!. Die Kanit in den Alhoi-Kl/lttern, I«ipug. 1891 ; Salzenbcr^ . Pul-
irher, (oc. cil.
(ion sculpt«e n'est pas moins soignée. Elle est représentée d'abord par ces parapets sculptés qui garnissent les fenêtres ou forment des clôtures, et que l'on trouve encore en place à la Kilissé-djami IlifT. 204), à Saint-Luc. à Torcello, à Kief, à Saint-Marc, ou réemployés dans la phiale de Lavra à l'Athos et sur les murailles de la
Fi)c. !08. — Parapet de la phiale de I.avra (Coll. Haules Éludes, C. \39,.
Petite Métropole d'Athènes. D'assez nombreux motifs sont empruntés à cette décoration zoomorphique et végétale, fort inspirée de l'Orient, que les iconoclastes avaient mise en honneur. Ce sont tantôt, comme à Skripou, des animaux fantastiques, courant dans des cercles au milieu de feuillages, tantôt des lions, des grillons ou des paons affrontés {Torcello, fig. 205), des fauves déchirant des eerfs(Saint-Luc),desaigles héraldiques, ou encore des oiseaux parmi des bordures de feuilles d'acanthe. Mais, à partir de la fin du x* siècle, cette décoration disparait. Les motifs géométriques, entrelacs de rercles et de losanges, qui, au ix' el au x" siècle, se mêlaient déjà aux figures d'animaux, reprennent, comme au v° et au vi' siècle, une place prépondérante.exclusive (fig. 206-207). Dans ces cercles ou ces losanges sont inscrits des rosaces, des étoiles, des fleurons, des boulons saillants ou des croix, tandis que des entrelacs capricieux se déroulent autour du motif central et le relient aux angles, qu'oc-
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trouve dans les églises, assez insuffisamment connues encore, de l'ile de Chypre* (églises à cinq coupoles disposées. en croix : Peristerona près Nicosie et Hiéroskypos près Paphos ; églises à coupoles alignées sur une nef allongée : Saint-Barnabe près Salamine et Sainte-Croix) comme dans cellesde Macédoine {Nérès, 1164). Partout il oflre les mêmes traits : sur le thème de la coupole, qui demeure
Pig. SU. —Église de Merbaca iColl. Hautes Étudei, B. 391).
caractéristique, les architectes byzantins brodent d'innombrables variations; tout en réglant leurs construcl.ton<; sur les grandes conceptions du VI* siècle, ils s'efforcent d'y introduire plus de légèreté, de pittoresque, d'élépance. a Ce même rêve, dit M. Bayet, se retrouve sans cesse aux diverses époques de l'histoire de l'art. Quand l'architecture ionique eut produit ses œuvres les plus exquises, Pythios et ses disciples voulurent la doter de formes plus élancées et d'une parure plus riche encore . Quand nos maîtres d'œuvre du xhi" siècle eurent élevé ces églises où l'élégance s'unit si bien à la solidité, leurs succesiseursdu xiv^ siècle, sans délaisser le système ogival, essayèrent d'innover à leur tour en donnant aux édifices une allure plus svelte et une ornementation plus compliquée ^. »
Il existe tout un groupe d'édifices, fort apparenté aux églises byzantines de notre période, et auxquels on a voulu, en ces dernières années, attribuer un rôle assez considérable dans la Tormalion de
Fig. 211.— Athènes. fc.glisc de Saint-Théodore.
Tarchiteclure religieuse du second âge d'or. Ce sont les églises d'Arménie et de Géorgie. Elles oITrent cet avantage d'ëlre assez exactement datées en général, et la question qui se pose à leur sujet les rend dignes d'une particulière attention.
Les monuments'. — Une des plus anciennes parmi elle<i esl l'église de Pitzounda sur la côte de la mer Noire ((ig. 213}. On l'a longtemps attribuée à l'époque de Justinien : en fait elle date du x'' ou mè^e du xr siècle. Elle a la coupole à pendentifs, portée sur un haut tambour percé de fenêtres, les trois absides saillantes, la forme de lu
I. Gr'imm, Maaamenls d'archilectare bytantiae tn Géorgie et en .Irmenr'f. Pi' ItTS bourg, 1860 ; Kondakofct Tulstoï, HouMkU» DrevnoUi. IV. Pi'lci'sbnuty. 1H91 ; Lynch. Armenia, Londres, 1901,
442 LES MONUMENTS DE l'architbcturb
croix dessinée à l'extérieur par les toitures des quatre berceaux, les murs construits en briques et moellons alternés, bref tout ce qui caractérise les églises à croix grecque de ce temps. C'est une œuvre purement byzantine, d'un art visiblement importé.
D'autres édifices au contraire, surtout dans l'intérieur du puy^, sont d'un stvie plus original. Tels sont l'église d'Akthamar sur le lac de Van |i* siècle) (fig. '214;, celle de Sion à .\léoi (x" siècle), la grande cathédrale de Koutaïs, bâtie vers 1003,
ruinée par les Turcs en 1691, l'église de Nikortzminda inii- Pig. S13. — Église de Pilioutida (d'après Kondakor. ]jeu xi° siècle), la bel le église de Mokvi (fin xi' siècle); tels sont surtout les édifices de l'ancienne capitale arménienne. .Ani. Sur le plateau, aujourd'hui désert et couvert de ruines, que FArpa-tcbaï enveloppe de son profond ravin, plusieurs monumenis fort intéressants subsistent. C'est la cathédrale, commencée vers la lin du x» siècle, et achevée en 1010 (fig. 215); c'est la chapelle dodécagone de Saint-Grégoire, el la chapelle circulaire du Rédempteur, toutes deux du milieu du xi« siècle ; c'est enfin l'église de Saint- Grégoire (1215) (fig. 216) et le monastère de Khoska Vank ixx" et xin" siècle). Bien d'autres monuments encore, datant du xn* et du xm" siècle, se rencontrent en Arménie, l'église du couvent de Ghélat (entre 1083 el 1125), celles de Samtavîs. d'Ikorla, d'Krla- Ichminda, elc. Tout cela forme un ensemble tout à fait digne d'attention.
Caracléres t/e l'archileclare arménienne. — Une chose y frappe d'abord : c'est la persistance de certaines traditions, par où ces édifices se rattachent aux monumenis qu'entre le iV et le vi* siècle l'art chrétien, sous l'influence orientale, bâtissait sur le haut plateau analolien. Dans les plans, on trouve le souvenir de la basilique à coupole (Koutaïs, Mokvi, Bedia, etc.) et de la construction à
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plan cenlral (Ani) ; le sanctuaire triconque se rencontre à Koutaîs : le quatre-feuilles, imilant le modèle de Sainle-Ripsimé, s'observe â Marlvili, à Aléni, où, entre les quatre chapelles des angles, quatre absides saillantes terminent en demi-cercle les branches de la croix. Les mêmes survivances apparaissent dans les Tormes. La coupole a à l'extérieur un aspect très particulier. Le tambour polygonal, assez haut, est surmonté d'un toit en forme de pyramide, très élevé, qui dissimule la coupole, et se dresse, comme une véritable tour, au centre de la construction, l^s absides ne font point saillie sur l'extérieur de la façade, et sont simplement marquées par des fentes triangulaires assez proton des, creusées dans l'épaisseur du mur. A l'intérieur, on observe l'emploi de l'arc outrepassé, les piliers à faisceaux de pilastres ou à colonnes engagées . L'ornementation des murailles extérieures n'est pas moins caractéristique. Des arcades aveugles, étroites et hautes, les décorent {lig. 216); dessculpture sornementales, d'un
style riche et souvent un peu chargé, les couvrent de leurs enl relacs ; généralement la croix, colossale, se dessine à l'abside; des figures parfois se mêlent à l'ornement (absides de Nikorlzminda, d'Evrtatchminda, fig. 217). Enfin, dans la technique, on constate l'emploi exclusif de la pierre de taille ; les hauts toits coniques eux-miimes sont couverts de tuiles en pierre. El ainsi ces églises de Géorgie et d'Arménie présentent un aspect très particulier, qui rappelle moins les ivpes byzantins que les édifices romans d'Ilccident.
Assurément, à côté de ces survivances, d'autres traits purement byzantins apparaissent. Nombre d'églises sont construites sur le plan à croix grecque classique (Pitiounda, Lechné, Ghélal, etc.).
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Mais, au total, on remarque dans l'architecture de ces régions un mélanj^e d'éléments divers, qu'expliquent fort bien la position géographique et la condition politique du pays. Le voisinage de la Perse arabe y a introduit la décoration géométrique ; la prépondérance politique de Byzance y a fait pénétrer les formes nouvelles de son art. Ces importations se sont combinées avec de vieilles traditions indigènes soigneusement conservées. Ainsi est né un art original, qui, entre le s" et le xn" siècle, s'est manifesté en de nombreuses constructions.
Byzance el r Arménie. — Ici se pose la question essentielle. Cet art arménien, tel qu'il nous apparaît, est-il vraiment tributaire de Byzance, ou bien a u contraire a-t-il fourni quelques- un e« de ses métho- Vig. ïii. — Ani. Calhédrale ;d'après Lynch, Armenûl. j^^ ^ ^,^^^ ■
zantin?
Il y a quelques années, personne ne doutait de l'influence exercée par Byzance sur l'Arménie. Ktrzygowski a changé tout cela. Pour lui, l'avènement d'une dynastie arménienne, dans la personne de Basile 1, sur le trône de Conslantinople, aurait eu pour l'histoire de l'art des conséquences particulières, et le grand monument du nouveau règne, la Nea, procéderait de l'art arménien. Elle serait en conséquence u la création qui ouvrit des voies nouvelles sur le sol de Constantinople » [die haknbrechende Schùpfang aaf dem Boden von Conslantinopelj ', el le plan de l'église en croix grecque serait, par elle, originaire d'Arménie.
Il Y a assurément dans ces théories quelque chose d'ingénieux et de séduisant. Il est incontestable qu'au ix' et au x' siècle^ Byiance