‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 191 sur 370 · Heisenberg, Die i4pos(ci/circ/ic, Leipzig · texte numérisé non relu

Heisenberg, Die i4pos(ci/circ/ic, Leipzig

Transfiguration au sommet de la coupole ; à Test, c*était la Passion, où la Crucifixion tenait la place principale ; au sud, c'étaient les épisodes évangéliques consécutifs à la résurrection, parmi lesquels l'Ascension sans doute occupait la coupole ; dans le bras occidental enfin, les apôtres évangélisant les peuples étaient figurés sur le^ murailles, dominés à la coupole par Timposante représentation de la Pentecôte. Tous ces sujets se déroulaient à partir du bras nord de la croix, de gauche à droite et de bas en haut ^

Malheureusement il est assez malaisé de déterminersi cette décoration datait du siècle de Justinien ou de celui de Basile I. Heisenberf? donne des raisons assez fortes pour Tattribuer au vi'' siècle ^. C'est en particulier un fait très remarquable que la Descente du Christ aux limbes, sujet constamment représenté à partir du ix° siècle, manquait certainement dans les mosaïques des Saints- Apôtres, et que la Résurrection était figurée par Tépisode des Saintes Femmes au tombeau. Et, d'autre part, il n'est plus aujourd'hui possible de croire, comme le donnait à penser le texte mutilé de Constantin le Rhodien, que ce cycle de mosaïques représentait, groupées autour de l'image du Christ, les grandes fêtes de l'année liturgique ^. Cette décoration semble avoir eu pour objet bien plus de raconter les scènes de l'Évangile que d'exprimer des idées dogmatiques, et cette tendance historique correspond mieux à Tesprit du vi'^ siècle qu'à celui du ix'\ Et pourtant l'ensemble de cette ordonnance trahit, non seulement une recherche de l'effet pittoresque, mais une conception voulue et profonde, qui surprend un peu au temps de Justinien. La manière dont les coupoles expriment, autour du buste du Christ, les scènes qui mettent en relief la nature divine du Sauveur (Transfiguration, Ascension, Pentecôte), la place éminente faite à la Crucifixion dans le sanctuaire, s'accordent bien avec le système décoratif qui se crée à partir du ix® siècle. L'image du Pantocrator, telle que la décrit avec précision Nicolas Mésaritès, avec son vêtement bleu strié d^or. son air menaçant et sévère, son attitude déjuge prêt à redescendre sur la terre, correspond au type habituel du x® et du xi® siècle, et la place qu'il occupe au sommet de la coupole principale est pareillement un trait caractéristique de la nouvelle ordonnance décorative. La façon dont, autour de ce motif central, les arcs de la grande coupole groupent les scènes montrant le Christ parmi les Apôtres (Cène,

1. Cf. sur cette disposition, Heisenberg, loc. ci7., 140-165.

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