CLASSEMENT DES MONUMENTS
Mosaïques de Sainte-Sophie * , — De la grande œuvre de restauration de Tart religieux qui marque le règne de Basile I, un seul monument subsiste, assez incomplètement connu. Ce sont les mosaïques de Sainte-Sophie de Constantinople, que Salzenberg, vers 1850, a partiellement relevées et publiées. La grande église de Justinien avait, vers la fin du ix® siècle, un besoin assez pressant de restauration ; le grand arc occidental surtout menaçait ruine. Basile I le consolida et le décora de mosaïques, oii l'image de la Vierge portant l'enfant prit place dans un médaillon entre les deux apôtres Pierre et Paul (fig. 230). Dans le narthex, d'autre part, au tympan de la porte d'entrée, une autre mosaïque du même temps montre l'empereur, vêtu d'une riche chlamyde de soie et la tête couronnée d'un diadème de perles, se prosternant devant le Christ; aux côtés du Sauveur, dans le champ de la mosaïque, deux médaillons d'un fort beau style représentent deux figures symbo-
1. Salzenberg, AllchristUche Bimdenkmkler von Constantinopel; Lethaby et Swainson, The church of Sa ne tu Sophia^ Londres, 1894.
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liques, la Lumière sous les traits de l'archange Mtchei et la Paix (lig. 231).
I^e x" siècle continua à Sainle-Sophie l'oeuvre du fondateur do lu dynastie. En 975, à la suite d'un tremblement de terre, il fallut reconstruire la grande coupole, et à cette occasîoi nouveau. Au sommet, on représenta le Christ, s ciel ; aux pendentifs, on plaça quatre chérubin) colossales, qu'on entrevoit encore aujourd'hui sous le badigeon qui les
on la décora à s sur l'arc-ene proportions
inscrits dans les grands ^ircs latéraux, prirent place, entre les fenêtres, des prophètes, et plus bas, sous des arcades.
les grands docteurs de l'Ëglise. A l'abside, enlin, trôna la Madone. C'était, autant qu'on peut l'entrevoir, l'ordonnance conforme à la nouvelle formule iconographique et l'habituelle hiérarchie des puissances du monde intelligible. Les scènes
du cycle évangélique se déroulaient peut-être aux voûtes du gynécée, où Salzenberg a retrouvé des resles de la PenteciMe. Le xi* siècle, à son tour, travailla à la Grande Lglîse. Kn 1028, sur l'arc oriental, Homain Argyre fit représenter le thème de l'Ilétimasie, entre la Viei^^e et le Prodrome. D'autres empereurs encore mirent la main ;i cette grande œuvre de décoration. Les frères Fossati, dans des dessins malheureusement introuvables, avaient relevé les images d'Alexandre, frère de Léon VI, de Constantin Monomaque et de Zoé, de plusieurs des Comnènes, et enfin de Jean Paléologue. Mais fe vaste ensemble, qui ne nous est parvenu que d'une façon très fragmentaire, ne donne qu'une idée assez insuffisante do l'ordonnance décorative et de l'art de la période macédonienne ; et les autres édifices sacrés, que les empereurs du x" et du xi" siècle élevèrent dans la capitale et parèrent de mosaïques, l'église que
Fig. 130, — La Madone. Mosaïque de Sainte-Sophie de Constanlinoplc (d'apris
SahenbeTf).
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Léon VI édifia au Palais-Sacré en Thonneur de saint Démélrius, la Peribleptos que bâtil Romain Argyre, Saint-Georges des Man- Çanes que construisit Constantin Monomaque, ne nous sont plus connus que par le témoignage des historiens.
C*est donc en dehors de Constantinople, dans quelques églises de province, et en dehors même des limites de l'ancien empire byzantin qu'il faut chercher aujourd'hui les monuments de Tart qui se manifesta entre le x^ et le xii^ siècle. En effet, dans les contrées que des liens religieux rattachaient au patriarchat de Constantinople, dans celles qui se trouvaient placées sous la vassalité politique de Tempire ou qui subissaient Tiniluence intellectuelle de sa brillante civilisation, Tart byzantin fleurit comme en pleine terre. La Russie du xi*' siècle, la Venise du xi^et du xii'', la Sicile normande du xii" s'inspirèrent dans la décoration de leurs édifices sacrés des modèles que leur fournissait TOrient grec, et leurs monuments, admirablement conservés, nous donnent, comme on Fa remarqué, pour la période qui nous occupe, a l'impression la plus riche et la plus pleine, sinon la plus forte et la plus profonde, du génie artistique de Byzance * ».
Liste des mosaïques du X/* et Xll^ siècle, — Pour le xi® siècle, rOrient proprement dit nous a conservé quatre grands ensembles, d'une importance considérable et d'un très vif intérêt. Ce sont les mosaïques de Saint-Luc en Phocide (commencement du XI® siècle), de Sainte-Sophie de Kief (vers 1040), de la Nea Moni de Chios (milieu du xi® siècle), el de l'église de Daphni près d'Athènes (fin du xi^ siècle). A ces grands ensembles il faut joindre un certain nombre de décorations fragmentaires. Ce sont, dans l'ordre chronologique, les mosaïques de l'arc triomphal de Grotta ferra ta, près de Rome (vers 1025), celles de l'église de la Dormition à Nicée (milieu xi* siècle), dont une partie peut-être est même de date plus ancienne, celles de la coupole de Sainte-Sophie de Salonique (milieu du XI® siècle), de la métropole de Serrés en Macédoine et du catholicon de Vatopédi à l'Athos, qui toutes deux datent de la lin du XI® siècle. A la même époque appartiennent les mosaïques de Torcello (les apôtres de l'abside étant plus anciens), de Murano, de Sainl-Just de Trieste, et une grande partie de la magnifique décoration de Saint-Marc de V^enise ; du xii® siècle datent, à l'autre extrémité de l'Italie, les mosaïques siciliennes qui parent