Millet, Art byz., p
les églises de Cefalù, de la Martorana, de la Chapelle palatine à Palerme, et le formidable ensemble décoratif qui se développe aux murailles de la cathédrale de Monreale. Il y faut joindre, en Syrie, les mosaïques de Téglise de Bethléem (vers 1169), qui attestent l'expansion magnifique qu'en Orient comme en Occident Tart byzantin eut entre le x* et le xn® siècle. Ce sont ces monuments divers qu'il nous faut analyser brièvement, pour en dégager les caractères généraux et les traits significatifs de Tart de cette période.
LES MOSAÏQUES ORIENTALES DU Xl^ SlÈCI^
Saint-Luc en Phocide ^ — Dans une vallée retirée de la Phocide, au pied des dernières pentes de THélicon, s'élève, dans un paysage tranquille et charmant, le monastère d'Hosios Loukas. Ses deux églises, consacrées sous le vocable de Saint-Luc et de la Theotokos, datent du premier quart du xi® siècle, et peuvent compter parmi les monuments les plus intéressants de l'art byzantin de ce temps (fig. 203). La plus grande des deux surtout, celle qui est dédiée à saint Luc, constitue une des œuvres les plus complètes et les plus remarquables que l'art grec du moyen âge nous ait léguées, u C'est, dit un vieux voyageur, la plus belle église que j'aie vue dans toute la Grèce, après Sainte-Sophie de Constantinople » : et, en elTel, avec sa somptueuse décoration de marbres multicolores que coupent, d'étage en étage, de larges cordons de marbre blanc sculpté, avec son magnifique pavement de jaspe et de porphyre, avec son iconostase finement ciselé, oii sur un fond bleu pâle se détachent en traits d'or les fleurs, les étoiles et les arabesques de la sculpture, avec l'éclatante parure surtout de ses mosaïques à fond d'or, l'efTet d'ensemble qu'elle produit est d'une harmonieuse et saisissante beauté. Et ce qui en accroît encore Tinléret, ce qui en fait un monument presque unique, c'est que cette église bvzanline nous est parvenue presque intacte, épargnée à la fois par le temps et les restaurateurs.
1. Diehl, Lèglise et les mosaïques de »Sam<-Z.nc en P/iocide, Paris, 1889: Mosaïques byzantines de Saint-Luc Mon. Piot, III, 1897) ; Schullz et Barnslcy. The rnonastery of Saint-Luke of Stiris in Phokis, Londres, 1901 ; Diehl. Études byzantines, Paris, 1905.