CL.\SSEMENT CHRONOLOGIQUE DES MONUMENTS
cernent du x** siècle. La voûte du porche, avec sa coloration caractéristique où dominent le rose et le vert clair, avec ses compositions encombrées de personnages aux proportions mesquines, est d'un style nettement difîérent et semble un peu plus récente.
La même prédominance du ton vert clair se rencontre à Soghanli, clans une partie des peintures de la Karabach-Kilissé. Une inscription rapporte une partie de cette décoration à Tannée 1061 ; mais ce texte ne concerne que les peintures des registres inférieurs (saints et donateurs). Les fresques de la voûte, plus anciennes, plus fraîches de coloris aussi, sont donc évidemment antérieures à cette date. On y voit une série de compositions, Nativité, Présentation, Crucifixion, Saintes Femmes au tombeau, Anastasis, d'exécution assez g^rossière, mais où les figures largement drapées, les statures ramassées et pleines, les gestes nobles attestent d'assez bons modèles. Elles semblent de la fin du x^ ou du commencement du xr siècle.
C'est à cette date qu'appartient avec certitude la jolie décoration de la chapelle de Sain te- Barbe à Soghanli, qu'accompagne une inscription datée du règne de Basile H et Constantin VIII (976-1025). Des saints décorent le basdes parois; à la voûte, que partagent en quatre compartiments un arcdoubleauetune série de médaillons occupant le sommet du berceau, on trouve les scènes habituelles de l'enfance du Christ, accompagnées de rAnastasis(fig. 260). A l'abside; au-dessus des grands docteurs, le Pantocrator trône entre les symboles des évangélistes. A l'arceau central de la nef, dans des encadrements rectangulaires par où le peintre semble avoir voulu simuler des tableaux accrochés à la voûte, des figures non nimbées, présentant les types et le costume de l'époque, représentent les donateurs. Les figures immobiles, à l'attitude rigide, aux draperies sobrement traitées, se présentent assez heureusement; dans les compositions, le groupement des personnages est bon, les draperies, un peu tourmentées et compliquées. Malgré la médiocrité de l'exécution, on sent dans ces peintures le reflet lointain d'un grand art.
A la même date enfin peuvent être rapportées les fresques des trois chapelles à croix grecque de Gueurémé, Klmaly-Kilissé, Karanlyk-Kilissé, Tcharikli-Kilissé, toutes trois du même style, et peut-être de la même main, et d'un art notablement supérieur à celui des fresques de Soghanli. Le coloris en est plus clair, la gamme des tons plus variée. Certaines figures ne sont point sans mérite : les prophètes, Daniel en particulier, ont du naturel et de l'aisance. Certaines compositions, heureusement groupées, sont
belles ; telles la Crucifixion à Ëlmaly-Kilissri [àg. 261), l'Ascension à Karanlyk-Ki lissé (fig. 262]. Les draperies un peu tourmentées, mais harmonieuses et justes, les attitudes, les visag'es de type oriental, rappellent les belles œuvres du xi* siècle.
D'autres peintures datées nous font descendre Jusqu'au xin' siècle' : fait important à retenir pour déterminer la chronolog'ie de ces fresques. C'est à celte époque que j'attribuerais volontiers la
série de représentations qui, à Gueurémé, décorent une chapelle voisine de celle de la Théotokos. On y voit, curieusement figurés, des épisodes de la vie de saint Jean-Baplisle ; dans ces compositions, les architectures tiennent une grande place, et le costume des soldats est toul à fait caractéristique. C'est à tort, selon moi, que Rott les classe danslemèmegroupe que les autres peinturesde Gueurémé*. Caractère de ces fresques. — évidemment ces fresques cappadociennes sont Ticuvre d'un art tout populaire. Les artistes qui les ont exécutées étaient médiocres, sans grand talent, sans originalité, sans invention. Ils se sont bornés Ji copier des modèles invariables, avec une certaine tendance même à reproduire tes traits archaïques