‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 233 sur 370 · Hotl · texte numérisé non relu

Hotl

2. Aux ouvrages cités p. 533 de Diehl et de Bertaux, on peut joindre : Salazaro, Studi sui monumenli deiV Ualia, méridionale, Naples, 1870-81 ; Frothingham, Notes on byzt%nline art and culture in Italy (American journal of archaeology, 1894 et 1895); Avena, Monumenti delV Italia méridionale, Itome. 1902,

l'HKLLBMSATIDN PB l' ITALIE I)U SUD 543

i-ncheuse de l'Adriatique, dans les solitudes monla^^neuses de la (Palabre et de la Basilicate, ils transportèrent avec eux les traditions des anachorètes d"Égypte, de SyHe et d'Asie Mineure. A côté des f;rands monastères, s'établirent des laares érémitiques, où des cellules, creusées au flanc des rochers, abritèrent de petites commu-

nauLés de solitaires. Le centre religieux de ces établissements était tinc l'hapelle Doulerraine, qui fut généralement décorée de peintures, .ailleurs, dans ce pays où le rite grec dominait, des éfjlises s'élevèrent pour des paroisses grecques, et furent également embellies <le fresques. Et ainsi, du i\*au xiV^ siècle, le voisinage dos pays grecs, l.'i longue domination de Byzance, les fréquentes relations avec lllrient, la persistance des monastères bnsiliens et des colonies ^'recques produisirent une curieuse floraison artistique, dont le caractère by/antin est incontestable.

Aujourd'hui encore, malgré les ravages du temps et des hommes, 011 rencontre, dans la solitude des gravîne, un grand nombre de

ces oratoires décorés de peintures. Sans doute, Tart en est tout populaire, l'exécution rustique et grossière. L'intérêt n'en est pas moins grand. Par les inscriptions, grecques pour la plupart, qui les accompagnent, par le style, par l'iconographie, ces fresques se rattachent étroitement aux traditions de l'art oriental ; par leur date, que des inscriptions précises attestent en bien des cas, beaucoup d^enlre elles sont de la période qui va du x** au xii^ siècle ; et celles-là même qui sont d'époque postérieure sont instructives encore pour l'histoire de l'art byzantin.

Les sujets. — Gomme en Cappadoce^ les sujets représentés sont, tantôt des scènes évangéliques, tantôt et surtout des saints, au pied desquels des fidèles agenouillés rappellent, dans une inscription, leur nom et leur prière. Comme en Cappadoce^ mais plus rarement, il semble que l'artiste s'efforce de condenser sur l'étroite surface de la chapelle qu'il décore les éléments essentiels de la décoration d'une grande église. C'est ainsi que, dans la crypte de Saint- Biaise, près de Brindisi, qui fut ornée de peintures en 1 1 97, autour du médaillon de 1' « Ancien des jours » {Rg. 263), flanqué des symboles des évangélistes, qui occupe le centre du plafond, quatre compositions représentent des scènes évangéliques, Annonciation [ûg, 264), Présentation, Fuite en Kgypte, Entrée à Jérusalem, tandis que d'autres compositions du même cycle. Nativité, Adoration des Mages, couvraient, avec des figures de saints, les parois latérales. Toutefois un ensemble de cette sorte est plus rare en Italie qu'en Orient. La plupart du temps, les moines ou les fidèles ont fait peindre, à d'assez longs intervalles de temps, l'image des saints qu'ils honoraient d'une dévotion particulière ; ils se sont fait concéder un ou plusieurs panneaux de la muraille pour y inscrire leur hommage ou leur prière ; et, tant qu'il s'est trouvé un espace vide, de nouveaux donateurs sont venus accroître le nombre de ces pieuses représentations. Souvent même, sur une peinture ancienne, on a sans scrupule appliqué un enduit frais destiné à recevoir une nouvelle image. Dans bien des oratoires on trouve donc plusieurs couches de peintures superposées et des fresques d'époque fort différente. Dans la grotte des santi Stefani à Vast€, près d'Otrante, aujourd'hui fort abîmée, à côté d'un Christ, debout entre deux anges, et de trois docteurs de l'Église, Nicolas, Basile, Grégoire de Nazianze, tous datant du xii^ siècle, la Madone de l'abside centrale avait été, comme l'atteste une inscription, peinte en 1376, et les saints des piliers, saint Etienne, sainte Catherine, étaient vêtus à la mode élégante des cours angevines de Tarente et de Naples.

Page 1