‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 234 sur 370 · CLASSEMENT CHBONOLOGIQUB DES MONUMENTS · texte numérisé non relu

CLASSEMENT CHBONOLOGIQUB DES MONUMENTS

L'étud« de ces peintures byzantines d'Italie ne va donc point sans quelques difRcultës. Mais ce qu'il est essentiel de noter, c'est que, si du x'au xiv' siècle on peut constater dans ces fresques des difTérences de technique et de style, on n'y constatera nulle difTérence d'inspiration. Même lorsque des légendes latines accompagnent ces figures, elles demeurent purement byzantines, exécutées en pays

grec, pour des populations grecques, par des artistes profondément pénétrés des traditions de l'art byzantin.

Classement chronologique des monumenls. — C'est ce qui apparaît dans les plus anciennes de ces fresques, les deux Christs de Carpignano, datés avec précision, l'un de 959 et l'autre de 1020. L'exécution assurément en est maladroite et grossière ; la technique pourtant, comme on l'a remarqué, u n'est qu'une simplification rustique du procédé savant par lequel un miniaturiste de Byzance Manuel d'Art {juianlin. 3S

modelait ses délicates figures * », et le type offre des indices d'origine qui ne trompent point. Les peintures de la crypte de Saint-Biaise, datées de 1 197, et qui sont assurément les plus dignes d'intérêt qui existent en Apulie, ne sont pas moins caractéristiques par leur ordonnance et par l'exacte conformité qu'offrent les différentes compositions avec les modèles canoniques de l'art byzantin (fig. 263-264). J'ai signalé déjà la crypte de Vaste, avec ses figures quirappellentcellesduMénologe basilien.On en pourrait citer bien d'autres: à San-Lorenzo, près

V de Fasano, par exemple, une Déisis décorant Tabside, tandis qu*à droite et à gauche du groupe deux beaux anges, en somptueux costume, s'inclinent, et que, sur les parois voisines, plusieurs saints sont rangés. « A en juger par l'ampleur du style, ces fresques semblent être, après le premier Christ de Carpignano, les plus anciennes peintures basiliennes qui se soient conservées dans l'Italie du sud* ». Ailleurs, à San Angelo au mont Raparo, la Déisis également décore la conque de l'abside, et au-dessous se développe, d:ms l'hémicycle, la scène de la Communion des Apôtres (xir siècle). A Palaggianello, dans une grotte aujourd'hui comblée, la chapelle des santi Eremiti, une belle figure de l'archange Michel faisait pendant à une image de saint Eustathe, toutes deux d'un fort beau style, qui permet de les. attribuer au xii« siècle. Du xii*" siècle également sont les peintures de la crypte San Giovanni,

y près de Brindisi, oii Ton voit la Déisis à l'abside, et un fort beau saint Michel, aux grandes ailes éployées, vêtu d'une riche tunique de pourpre, sur laquelle se croisent les replis d'une bande d'or. Bien d'autres peintures apuliennes encore datent du même temps : et au delà même des pays de langue grecque, l'influence de l'art byzantin s'est propagée jusqu'au mont Vulture, dans les peintures de la chapelle de Saint-Michel (Déisis à l'abside, saints, xn® siècle, jusqu'en Campanie, à San Angelo in Formis, où un maître byzantin a peint, au tympan de la porte d'entrée, la noble et radieuse figure de l'archange Michel et la Vierge dans un médaillon soutenu par deux anges, sur le champ duquel, en cursive grecque, est inscrite une invocation à la Théotokos.

On peut suivre, par toute une série de monuments, dont plusieurs sont datés avec précision, la persistance de l'influence byzantine durant le xni*^ et le xiv® siècle. La petite église de Santo Stefano, à

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