CARACTÈRE DE CES PEINTURES
Soleto, est toute décorée de peintures, datées de 1 347, parmi lesquelles, sur le mur occidental, se voit une grande représentation du Jugement dernier. A Santa Maria de Cerrate, près de Lecce, une fresque presque intacte figure la Dormition de la Vierge, strictement conforme aux modèles grecs, et qui se recommande par la finesse du modelé et le bel éclat du coloris.* Les mêmes qualités distinguent les peintures plus récentes de la crypte de Saint-Biaise (Nativité, saints cavaliers), qui semblent également duxiv® siècle. J'ai cité déjà les fresques de Vaste, datées de 1376. Beaucoup d'autres, figures isolées ou compositions, complètent cet intéressant ensemble.
Caractère de ces peintures . — Une différence essentielle pourtant existe, au point de vue technique, entre les œuvres plus récentes et les fresques basiliennes du xi^ et du xii® siècle. Malgré la noblesse des types et la ferme accentuation des contours, ces dernières sont d'une singulière pauvreté de couleur. Comme beaucoup des fresques de Cappadoce, elles sont peintes dans des couleurs neutres et sourdes, sans un rehaut de couleur vive. Ce sont des peintures presque monochromes, c< des camaïeux d'ocre et de terre brune ^ », assez semblables aux fresques qui décorent l'église de Sainte-Sophie de Kief. Au xni® et au xiv« siècle, au contraire, apparaissent des couleurs vives et franches qui rappellent les peintures de Mistra et de TAthos. Ainsi cet art byzantin d'Italie se transforme et évolue conformément aux modifications qui s'accomplissent dans l'art byzantin lui-même ; et bien qu'il ne rappelle guère le modelé habile et le beau coloris des mosaïques du xi° siècle, ni les finesses de la miniature du même temps, pourtant il ne doit point nous surprendre. C'est un art populaire, qui simplifie les procédés trop savants, d'une façon identique d'ailleurs en Orient et en Occident. Les scènes évangéliques de la chapelle de Saint-Biaise près de Brindisi rappellent étrangement les compositions de la Karabach-Kilissé à Soghanli : ici et là, ce sont les mêmes modèles qui ont été imités, c'est la même technique et le même art.
11 existe pourtant, en Italie encore, quelques fresques byzantines de valeur plus haute. Ce sont les peintures les plus récentes de Santa Maria Antica à Rome, dont nous avons parlé déjà, et qui datent du ix« ou x* siècle. Par la précision du dessin, par la sereine beauté des visages, par l'éclat du coloris, ces images sont d'un art