REMARQUES GENERALES SUR LA MINIATURE BYZANTINE
Importance des manuscrits illustrés. — Si importantes que soient les œuvres de Tart monumental, mosaïques et cycles de fresques, qui nous sont parvenues, elles ne suffiraient point à nous donner une idée complète de ce que fut la peinture byzantine, si nous n'avions, en outre, conservé une série abondante de manuscrits illustrés de ce temps. Dans la décoration des édifices religieux, la surveillance de TÉglise, s'exerçant avec plus de rigueur, imposait à Tart une plus grande sévérité ; et d'ailleurs, le caractère même et le but de cette décoration écartaient les éléments pittoresques au profit de la simplicité monumentale. La miniature pouvait montrer plus d'indépendance sans inquiéter aussi promptement Torthodoxie. « Le mosaïste, écrit Kondakof, non sans une pointe d'exagération, n'invente ni de nouveaux types, ni de nouvelles attitudes, ni de nouveaux motifs de draperies; les formes qu'il traite sont pour ainsi dire immuables. Les miniatures, au contraire, sont empreintes d'un
1. Pour lensemble du chapitre, Kondakof, Histoire de Vart byzantin considéré principalement dans les miniatures, Paris, 1880-1891; Vcnturi, Storia delV arte italiana, t. II, Milan, 1902. Cf. Ouvnrof, Album byzantin, Moscou, 1890; Beisscl, Vaticanische Miniaturen, Fribourg:, 1893.
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caractère individuel, el sous ce rapporl elles éclipsent complèlemenl tes peintures murales et tes mosaïques contemporaines'. «C'est dant la miniature, on l'a vu, qu'à l'époque des iconoclastes se réfugia l'or thodoxie persécutée. C'esllà, lorsque, au ix' et au i* siècle, se produisît une renaissance du goût unie à l'admiration des œuvrci antiques, que se conserva la tradition pittoresque alexandrine el
que l'art appnrut plus libre, plus naturel, plus vivant, tout pénétré d'inlluences classiques, tout plein de noblesse et d'élégance. Par là, l'illustration des manuscrits nous fournit des œuvres infiniment plus variées que celles du grand art, et dont l'étude est singulièrement instructive pour nous faire connaître les tendances diverses de l'époque.
Originalité de leur Hliislrafion. — On sait l'objection qui semble étrangement restreindre le champ de cette étude et diminuer l'importance de ces monuments. D'après une théorie fort à la mode aujourd'hui, les artistes du ix' el du x" siècle se seraient bornés k copier des manuscrits antiques, datant du iv', du v', du vi' siècle, et n'auraient absolument rien créé d'original, n'ajoutant aux modèles que les incorrections et les faiblesses de l'exécution. Et il est certain en elTet que. quand on compare tes dilTérenls manu.scrits que cette période nous a laissés d'un même ouvrage, les homélies de Grégoire de Nazianze par exemple, telles que nous les conservent
I, Koiidakof, lliiloire de Cirf byzantin, I, .îi.