‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 249 sur 370 · LES PROPHÈTES · texte numérisé non relu

LES PROPHÈTES

le tour d'observation, souvent réaliste, dont il anime ses compositiotts (fig. 190, 267, 268) ; et ainsi, tout en changeant peu da chose à t'ordonnance générale des tableaux, il trouve moyen de donner à ses miniatures un aspect tout nouveau (tig. 281). Dans l'iconographie pareillement, bien detf motifs récents se sont fait place â côté des thèmes anciens. C'est qu'en effet, comme le Psautier,

rOctateuque a été un livre populaire qui a gardé •• à travers les siècles le contact des hommes u. Il a subi au xi'' siècle l'influence des tendances de l'époque, soit qu'il ait cherché des inspirations dans Tétude de la société du temps, soit qu'au contraire, sous l'action de l'Église, il ait rejeté certains traits antiques. C'est là précisément ce qui le dislingue d'autres groupes de manuscrits c-l lui donne un intérêt particulier, parce que, même au xi" et au .vil" siècle, l'art byzantin s'y révèle parfois créateur.

Les Prophètes. — Parmi les autres livres de la Bible, deux encore ont occupé les artistes de la llenaissance macédonienne : le livre de Job et les Prophètes. On a vu précédemment déjà comment, dans l'illustration du premier de ces textes, s'opposent les deux tendances et les deux manières entre lesquelles se partage l'art byzantin, la tradition pittoresque antique étant représentée

par le manuscrit du Sinaî, le style monumental par la rédactioD de Venise. De l'édition illustrée des Prophètes, il ne subsiste qu^un exemplaire, datant du x* ou xi® siècle, et partagé entre Florence et Turin * : les médaillons représentant des prophètes, qui décorent le second de ces manuscrits et qui sont fort beaux, rappellent le style expressif de Daphni (fig. 283).

l'illustration de GRÉGOIRE DE NAZIANZE

A côté du Psautier, les manuscrits illustrés de Grégoire de Nazianze méritent une attention particulière. Comme lui ils oITrent, en effet, un exemple remarquable des deux tendances, profane et religieuse, littéraire et théologique, qui s'opposent dans Tart byzantin du second âge d'or, et ils jettent un jour curieux sur la double source d'inspiration où cet art a puisé.

Les homélies de Grégoire de Nazianze avaient eu une grande vogue à l'époque des iconoclastes. Ses fermes plaidoyers en faveur de la foi avaient souvent inspiré les défenseurs des images; <« son éloquence chaude et brillante, riche en comparaisons imagées el toute pleine de formes classiques », avait, selon la remarque de Kondakof *^, également charmi les polémistes et les sermonnaires. De là vient l'immense quantité de manuscrits de ses ouvrages qui furent exécutés entre le ix® et le xii® siècle, et dont beaucoup renferment une illustration des plus intéressantes. J

La rédaction théologique. — De ces manuscrits illustrés, le plus • fameux est le Parisinus 510^. C'est « certainement, dit Kondakof, avec le Ménologe du Vatican, l'œuvre la plus admirable de la miniature * », et l'expression la plus parfaite de l'illustration des œuvres du saint. La date en est connue avec une absolue précision, et semblablement l'origine. Il fut enluminé, entre 880 et 886, pour l'empereur Basile 1, et le frontispice général, qui représente en deux feuillets le prince et les membres de sa famille, rappelle le style solennel et pompeux des mosaïques contemporaines. Les minia-

1. Ce dernier manuscrit a clé détruit dans Tincendie récent de la bibliothèque.

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