‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 248 sur 370 · Millet, loc. cit · texte numérisé non relu

Millet, loc. cit

2. Strzygowski, Die Miniaturen des serbischen Psalters^ Vienne, 1906 ; Baumstark, FrûhchriMtlich-syrische Psàllerillusiration (OCh., 1905), où il est fait mention d*un psautier de Jérusalem, enluminé en 1053, et dont Tillustratiun, souvent analogue à celle du psautier serbe de Munich, difTère sensiblement de la rédaction byzantine.

3. Cf. sur les réserves à faire à ce sujet : Dichl, L'illustration du psautier dans Vart byzantin (Joum. des Savants, 1907, 298).

blG LES MONUMENTS DB LA PEINTURE. LES MINIATURES

d'importance que l'Kvan^ile, parce qu'il a inspiré au peinlre des images plus riches d'idées el l'a induit à une plus grande indépendance ' . ..

UOclnteuqne'*. — Parmi les autres livres de l'Ancien Testament, un ouvrage paraîl avoir élé fort populaire: c'est rOctateuque, ou recueil des huit premiers livres de la Bible. Il n'en subsiste pas

moins de six manuscrits illustrés, datant du xi* et du xii* siècle, deux au Vatican (Gr. 746 et 747), un à Vatopédi, un â l'École évangélique de Smjrne, un à la l<tiurentienne (V, 38) dont l'illustration d'ailleurs se limite aux premiers chapitres delà Genèse, un à Constantinople cnlin, dans la Bibliothèque du Sérail; ce dernier manuscrit, le plus complet de tous, semble provenir de la bibliothèque des Comnènes, et l'un des princes de cette Tamille, Isaac, le plus jeune (ils de l'empereur Alexis I, a même collaboré à cette édilion [l" moitié du xii'^^ siècle). Une parenté fort étroite unit ces différents manuscrits. Leur illustration, très abondante (l'Octateuque du Sérail ne renferme pas moins de 352 minialures), oITre

i. Slnj(,'t>"s''i. ioc- ei(., p. 7.

2, Uunpen$ki, L'Orlateiii/ae df ta hibliolhèqae da Sérail h Contt»Htinople (IIK, XII). Solia. 1907. Les miniatures de l'octat^uque Riec de Smymeontété publiées par llcsKeling dans la oollection de V'i'ies. siippl. VI, Leyd«. 1<H>9. Cf. Slrajgowski, I>er Bilderkreitdea grîechUchen Phyiiotogm.

l'octateuque 577

une même disposition caractéristique : les scènes, intercalées dans tf texte en un ou deux registres, sont visiblement découpées d'un rouleau. Tous présentent, d'autre part, dans rillustratton des exploits (le JosuË, de frappantes analogies avec le fameux rouleau de la \'iiticane. On est donc en droit de conclure que tous les Octa- Icuques reproduisent assez. Rdèlemeol' un original commun, pro-

- Jacob chez Phara

bijblement sji-o-égyptien. qui est également le prolotypedu manuscrit de Josué. Mais tandis que ce dernier est demeuré plus proche du modèle, les Octateuques ne le connaissent déjà plus que par un remaniement byzantin du type primitif.

On constate, en effet, dans toutes ces miniatures, un affaiblissement visible de la tradition antique : les figures allégoriques, si nombreuses dans le rouleau de Josué, se rencontrent ici plus rarement Tig. 'J80) : assez fréquentes encore dans les compositions qui illustrent la Genèse (représentations du soleil et de la lune, de la nuit et du jour, images des douze signes du zodiaque, des saisons, eli.l, elles disparaissent à peu près complètement dans la suite. Les altitudes pareillement se sont modiliêes, encore que certaines scènes, comme l'ivresse de Noé, gardent un caractère tout classique. Manaet ip.\rl bysantin. 37

OiS LES MO?IL-UENTS l>B LA PEINTURE. I

Maia surtout on sent Torlement dans cette iliuslration. par l'abondance des détails ethnographiques, l'influence du milieu contemporain. J'ai déjà indiqué tout ce qu'apprend à cet égard la comparaison des deux Octateuques du Vatican. Sans nul doute les deu^ peintres s'inspirent du même prototype, qu'ils reproduisent indépendamment l'un de l'autre. Maia tandis que l'auteur du 747.

arliiite médiocre, ne s'écarte guère du modèle', le peintre du IHî s'eiïorce d'innover dans le détail par les costumes dont il habille les personnages, par les types très caractérisés qu'il leur prête, par

1. Il faut faire exccpLion toutefois pour les miniatures du dfbut. qui illustrent la lettre d'Aristcas, el qui ne se trouvent point au reste dans l'Octateuqiie 716, Elles sont d'un style neltcmenl distinct du reste du manuscrit e( offrent CCS mêmes traits del3-i>es et de costumes, emprunta* au monde orientai, qui sont si caractéristiques dans le n° 746 (fig. 1S3). Celle illustration, qui se i-encontre igalcment dans le manuscrit du Sérail, procède dvidemmenl d'une autre source que le prototype commun, el a subi fortement t'influence du

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