‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 252 sur 370 · LA RÉDACTION LITTÉBAIRB ST PROFANE · texte numérisé non relu

LA RÉDACTION LITTÉBAIRB ST PROFANE

qui se rencontrent dans le texte de Grégoire. Il semble que, tandis que l'illustrateur de Paris a retenu plue volontiers la leçon dogmatique, celui de Milan, au contraire, se soit attaché davanta(îe à l'image profane.

Or, le choix qu'a fait ce dernier ne constitue aucunement un cas exceptionnel. Dans toute une série de manuscrits de Grégoire de Nazianze datant du xV^ et du xii' siècle, les mêmes allusions profanes

du texte sont rendues avec une singulière ampleur. Dans u prononcé au cours des fêtes de Pâques, le jour du « Nouveau dimanche », Grégoire avait décrit avec une fraîcheur poétique les occupations et les joies du printemps, u La prairie embaume... on coupe l'herbe, et les brebis bondissent dans les champs verdoyants. Le vaisseau est entraîné loin du port au chant cadencé du chef des rameurs, ses voiles déployées comme des ailes; le dauphin bondit autour en souillant... Le laboureur enfonce la charrue, les yeus levés, invoquant l'auteur des moissons... Le berger et le bouvier ajustent les syrinx... Le jardinier soigne les plantes, l'oiseleur construit sa cabane...; le pécheur inspecte les profondeurs. » Le miniaturiste s'est appliqué à traduire toutes ces images avec une scrupuleuse fidélité. Le manuscrit 533 de la Bibliothèque Nationale (il- siècle), le Coislin 239 du même dépôt (fin xi» siècle) et surtout le manuscrit de Jérusalem n" 14 montrent, à ce passage du texte, une série de scènes champêtres, idylliques et charmantes ' : c'est un

1. Bordier, De$criplion des peinlurei des manaicrih grées ; Papadopoulos-

Kerameus, 'lipoaoXuptTiïii piSlioBiiin], Pélersbourg, 1881-1898.

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