Cf. sur ces monuments Venturi, Storia^ II, 514 suiv
3. Pour Tensemble, Molinier, Histoire générale des arts appliqués à Vindustrie^ t. I, te» ivoires^ Paris, 1896; Wesiwood, Descriptive catalogue ofthe fictile I t'ortc«, Londres, 1876;Dobbert, Zlir Geschichte der Elfenbeinsculptur (Repert. f. Kunstwissenschafl, VIII, 1885) et les deux recueils de Graeven cités p. 270.
4. On se rendra compte, en parcourant Tabondantc illustration d'ouvrages tels que les quatre volumes de G. Schlumberger ou le tome II de la Storia delt arte italiana de Venluri, de la masse de monuments d'ivoire qui nous restent de la période allant du x* au xii« siècle.
remarquables, où se reconnail la main d'un artiste, on r-encontre en foule des ouvrages de pacotille, comme il est d'ailleurs inévilable dans une branche d'art surtout industriel. Aussi est-ce une erreur grave, et Irop fréquemment commise, de vouloir, sur ces médiocres productions, juger l'art byzantin de ce temps : il convient au contraire d ecarler résolument ces travaux d'artisans, pour ne retenir
V\fi. 303. — CofTi'et d'ivoire (Musée national de Plorenrc (Phol. Alinari.î
que les muvres essentielles dues à des maîtres vërilables. <• Il restera alors, dit E. Molinier, une vingtaine de monuments, en majorité antérieurs au xni° siècle, dont la vue permet de se faire une idée tout autre de la sculplure telle qu'on l'a pratiquée au moyen âge à Constantinople. .Au lieu d'un art impuissant, on y trouvera tout au contraire un art très profondément imprégné d'antiquité grecque, modifié au point de vue de la décoration par des apports d'Orient vite assimilés, et auquel les artistes ont au donner quelque chose de leur personnalité. Et le byzantin n'apparailra plus comme un fabricant de Vierges, de Christs, de saints tous coulés dans le même moule, mais comme un continuateur des traditions de l'antiquité t'iai-sique, capable d'allier l'élude de la nature à certaines traditions de forme et de beauté que le moyen âge occidental a longtemps méconnues '. >> On ne saurait mieux dire : et, conformément il ces indications, on laissera de côté ici l'amas des productions purement industrielles, pour considérer seulement les pièces que recommandent leur valeur artistique ou leur intérêt historique.
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Les ccffrefs à sujets profanes. — Parmi les pièces d'ivoire de la .■■econde époque, ta série la plus intéressante peut-être et la plus pré-
lieuse est colle des coirrels civils à sujets pr<>riines. 1,'oinemenlatioii t'iiest loulù fait caracléristique : entre des bordures déforativos, où lies rosettes empruntées â l'arl oriental alLement avec des médailluns imitésdemonnaiesantiques, les panneau:^ représentent des .«ujetsaiia-
fil4 LA «CULITURB
loques à ceux que nous ont montrés dâjà les mosaïques el les miniatures, scènes de chasse, scènes d'hippodrome, scènes de bataille, composiliona pastorales ou épisodes mythologiques. Les plus anciens monuments de ce groupe, les colTrets de Pirano et de Veroli, semblent bien, on l'a vu, devoir être rapportés à l'époque des empereurs iconoclastes, qui encouragèrent forlemeni les fêtes païennes et la peinture de genre. Mais la tradition alesandrine, ainsi renouvelée, persista sous la dynastie macédonienne, et la renaif^sance
Fig. 3Hi. — GolTrcl d'ivoire (Li-ésor de Troyes). Phot. R, Koechlin.
classique qui marqua le x' siècle ne put que contribuer à multiplier les ouvrages de cette sorte.
Il ne saurait être question d'énumérer ici la trentaine de colTrets entiers — sang compter les fragments — qui composent cette série : il sufiira de signaler les pièces les plus remarquables de chaque calêgorie. Le plus grand nombre représentent des scènes de l'hippodrome, avec des. combattants, des belluaires, des acrobates, des musiciens (colTrets de .\anten, de la cathédrale de Lyon, surtout de l'Krmilage. ce dernier provenant dé la collection Basîlewski^ : parfois, à ces figures se mêlent des personnages mythologiques, centaures, amours et génies (coffret du Musée National à Florence (fig. 303), Mars et Vénus (coffret de Bologne), Hercule étouffant le lion de Némée (Florence), ou emportant la peau du monstre au bout de sa massue (musée de Cluny), etc. Ailleurs, à ces épisodes ordinaires s'ajoute, comme dans un beau coffret du musée de
Diprrui'Es 615
Cluny (dg. 304), une véritable scène de bataille, se déroulant en une longue frise sur l'étroit panneau d'ivoire. Fuis ce sont, sur le coffret pourpré de Troyes, des scènes dérobasse, fort remarquables par la justesse de l'observation et le :ientiment de ta vie, et des ligures d'empereurs à cheval (fig. 305-306) ; sur le nabellum de Tournus, à Florence, ce sont des scènes pastorales. Les thèmes mythologiques enfin, dont le coffret de Veroli offre les reproductions les plus remarquables, abondent sur ces petits n
Fig. 3M. — Cofirel divoire li-ésor de Troyes). Phot. R. Koechlin.
étrangement déformés parfois par un artiste qui ne les comprend plus toujours, mais attestant curieDsement la persistance des traditions antiques et profanes. A celte influence classique se mêle toutefois, comme dans tout l'art du temps, une influence orientale. Sur un coffret de Volterra, jadis danii la collection Spitzer, les panneaux représentent des animaux, félins, paons affrontés, aigles terrassant des bêtes; le cadre est orné de tresses et d'entrelacs cernant des médaillons découpés à jour, où des feuilles de vigne et d'érable s'enlèvent sur un fond de bois doré.
Diptyques. — Au même groupe, dont les pièces principales semblent dater du milieu du ii* siècle, on peut rattacher, à raison des sujets qui les décorent, un certain nombre d'autres œuvres de l'art profane. C'est, par exemple, au musée de Berlin, la plaque
fil6 LA SCILPTVBE
représentant l'empereur Léon VI (886-911) couronné par la Vierge (lig. 307], ouvrage inléressant par sadale précise, mais dont le faira lart^eelun peu grossier semble indiquer qu'il n été sculpté en dehors de Constantinople ' . C'est surtout, au Cabinet des médailles, le diptyque où le Christ, debout sur un haut tabouret, coui
Fi;;. 3U7. — Couronnement tic Lion VI. Ivoire du inusye de Berlin.
l'empereur Romain IVDiogène (l()67-lfl71) et l'impératrice Eudoxie lig. 308). ■! C'est jusqu'ici, dit fort justement Molinier, la pièce ciipitale de la série des ivoires by/.antins », et 'i un des plus beau\ monuments que nous ait légués l'art byïanlin ' ». Rien n'y manque. noblesse des attitudes, beauté des draperies, élégance et précision un peu sèche du travail. Le Christ surtout, harmonieusemetit drapé à l'antique, est d'une justesse de proportions, d'une noblesse de ly|je singulières. Les deux souverains, en revanche, raidis dans leur
I. Sclilumljergcr, Vn ii'oirf hi/iiinlin ilii XI' aiècle fSiélaiigcs d'arclu-olopii- '■2. Molinier, /TO.'re.s, p. «7, lis.
^ SCULFTURB
somptueux costume de cérémonie, font contraste avec cetle fi^ui-e d'une exécution si souple et si sobre ; mais leurs tètes expressivt-s i-évèlent de véritables portraits, et la lînesse des extrémités, traitée^'
Fig. 309. - Triptyque Harbaville (Musée du Louvre.
avec un soin tout particulier, montre un maître en possession de toutes les ressources de son art.
Les ivoires à sujets religieux. — Le diptyque de Romain et d'Eudoiie est daté avec précision entre 1068 et 1071 : il offre donc un point de comparaison précieux pour dater tout un groupe d'ivoires à sujets religieux.
Triptyques. — De cette série, le représentant principal est le triptyque Harbaville, au musée du Louvre '. « Un art parfait, dit
1. Schlumbergcr, Un triptyque hyztntin en ivoire ^Mélangea dATtAéo\og\c byzantine, p. TI1.