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LE BRONZE

Les Byzantins n'excellaient pas moins dans Tari ^de travailler le bronze. Constantin Porphyrogénète rapporte que, sur Tune des fontaines dont son aïeul Basile I para Tatrium de la Nouvelle- Kglise, des figures d'animaux en bronze, coqs, boucs et béliers garnissaient le pourtour du bassin et lançaient de Teau par des tuyaux. Ainsi, à la fîn du ix" siècle encore, les bronziers savaient fondre des pièces enjronde-bosse. Pourtant eux aussi, comme les sculpteurs, tendaient à préférer le bas-relief. Plusieurs musées ( musée chrétien du Vatican, musée de Berlin) possèdent des plaquettes de bronze, ornées d'images de saints, qui décoraient sans cloute des coffrets et des reliquaires. Mais les artistes du métal finirent même par abandonner presque entièrement le relief pour le dessin. C'est ce que prouve la série des portes de bronze qu'ils exécutèrent pour des églises.

1^8 portes de bronze, — La plus ancienne en date, un peu antérieure à noire époque, annonce déjà ces tendances nouvelles. C'est celle de Sainte-Sophie, sqr laquelle des inscriptions nomment les empereurs Théophile et Michel, avec la date de 838 [^\^. 322), Des rinceaux et des grecques finement modelés encadrent des panneaux plats, où sont dessinés des croix, des monogrammes et divers motifs ornementaux ^ . La même technique, plus caractérisée encore, apparaît dans les ouvrages du xi^ siècle. A ce moment les ateliers de fondeurs de Constantinople avaient acquis une réputation universelle; leur habileté était célèbre jusqu'en Occident, et de toutes parts on s'adressait à eux pour leur commander de monumentales portes de bronze^.

Une grande famille d'Amallî, celle des Mauro et des Pantaléon, fut l'intermédiaire de ces commandes, qui ont porté dans plusieurs villes italiennes des monuments remarquables de Tart byzantin. Ces riches et puissants personnages étaient en rapports suivis avec Constantinople ; ils y possédaient une maison, ils y vivaient volontiers, ils y jouissaient delà faveur impériale: quand l'un d'eux,

1. Salz^nberg, AltchrisiUche Baadenknuiler von, Constaniinopel, pi.

2. Schulz, Denkmâler der Kunst des Mitlelallers in Sùd'Halien, Dresde, ls60 : Bcrtaux, L'art dam l'Italie méridionale, Paris. 1903, p. î03 suiv.

PanUléon I,' eut vers 1063 l'idée de donner des portes de broiice à la cathédrale de sa ville natale, il les fît tout naturellement fondre à Bj'itance.

KJIes se composentde vingtquatre plaques, fixées sur deux battants de bois cl encadrées de lamelles de bronze ; six tètes de lions en relief se détachent sur une des bandes horizontales.

Seize des comparlimenU étaient décorés de crois appliquées sur le métal : les quatre compartiments du milieu sont ornés de ligures travaillées avec un art savant, et qui représentent le Christ, la Vierpe, saint Pierre et saint André.

Les portes d'Amalfi excitèrent parmi les contemporains une vive admiration.

Didier, abbé du Mont- Cassin, voulut en avoir de semblables pour l'église de son monastère, et Mauro, rdsde Pantaléon, se chargea de les faire exécutera ses frais à Conslantinople. Les portes du Mont-Cassin sont toutefois un ouvrage tout industriel : aucune fi^-ure n'y est gravée sur le bronze; des croix semblablesàcelles Kifi. ^22. -Ca,.,l«cifm«,.lc. Sainle-Soplùc. d'Amalfi, et des inscriptions

Portn de hmntc (Hhol . Sebuli cl Joiiillierl. en décorent seules les panneaux. D'autres membres de

la grande famille amalfitaine se montrèrent plus généreux. F,n

1076. Pantaléon II donna à l'église de Monte Sant' Angelo au

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