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Fig. 3S7. — Reliquaire (te Limbourg [Phot. HOtle).
ni comme valeur d'art * . Il faut reconnaître du reste que sa bordure en argent estampé, d'une facture évidemment inférieure, fait quelque tort aux émaux. Ceux-ci sont d'un beau dessin et d'un assez grand style : ils semblent dater du xi® siècle. A côté de ces deux monuments illustres, on peut citer le reliquaire de Lavra, auquel la tradition attache le nom de Nicéphore Phocas, mais qui semble plutôt du XI* siècle : les volets qui le ferment sont décorés de pierreries et de médaillons en émail représentant des bustes de saints '.
Reliures (Tévangéliaires, — Dans la pensée des Byzantins, le livre des évangiles avait les mêmes vertus et méritait le même culte que les reliques de la croix. Delà les somptueuses reliures dont on a habillé les évangéli aires, en y représentant, entre des images de saints, les grandes fêtes de l'Ëglise. Parmi les plus remarquables de ces monuments, on peut nommer la belle plaque d'or émaillé de la Riche Chapelle de Munich figurant la Crucifixion, morceau fort brillant du x* ou xi* siècle; plusieurs reliures de la Marcienne, dont l'une conserve encore un encadrement en verroterie cloisonnée et où l'on voit, sur les plats, de grandes figures du Christ ou de la Vierge entourées de plaques d'émail portant des bustes de saints (xi* siècle); et enfin la superbe reliure de l'évangéliaire de Sienne, où l'Anastasis et l'Ascension sont environnées de près de cinquante plaques d'émail figurant la Déisis, des apôtres, des anges et des saints. Par son éclat, ce dernier ensemble rappelle le reliquaire de Lim bourg ; mais si l'exécution en est très fine, le dessin pourtant n'a plus cette grandeur de style qui caractérise la staurothèque du x" siècle. On peut dater ce monument de la deuxième moitié du xi** siècle.
Icônes. — Tout naturellement le somptueux décor de l'émaillerie a été également employé pour rehausser la splendeur des icônes. Si l'on veut se faire quel<|ue idée du luxe et de la magnificence auxquels atteignit parfois l'orfèvrerie byzantine, c'est dans cette catégorie de monuments qu'on trouvera, à côté du reliquaire de Limbourg, les exemples les plus significatifs. Le trésor de Saint-Marc possède deux images de saint Michel, datant du x* ou du xi* siècle,
1. Molinier, Le reliquaire de la vraie croix au trésor de Gran (Gaz. archéologique, 1887).
2. Cf. é(|^alenient le reliquaire Stroganof (Schliiinberger. Untableau reliquaire byzantin inédit da X* siècle (Mon. Fiot, I, 1894), et à Gènes, une belle croix byzantine (Schlumber{^er, La croix byzantine des Zaccharia (Mélanges d'archéologie byzantine, p. 375).
et qui sont toutes deux des merveilles ^ Sur Tune (fig. 329) qui n^a pas moins de 0°^ 86 de haut, Tarchange est debout, les ailes éployées, l'épéeà la main; sur un fond d'émail orné de rinceaux et de fleurs, le corps s'enlève en bas-relief, rehaussé d'émaux; la Lêle, « œuvre unique dans l'histoire de l'émiillerie byzantine* », est en plus haut relief, merveilleusement modelée au moyen d'un émail couleur de chair, parfondu sur un masque d'or. L'autre tableau, presque aussi grand, n'est pas moins somptueux (Bg. 330). Saint Michel y est représenté en buste, la main bénissante; le visage est d'or repoussé ; les aifes, le nimbe, les vêtements sont constellés d'émaux et de pierreries. Le travail est admirable. a Aucune œuvre, dit E. \f3linier, ne saurait au point de vue de la somptuosité et de la richesse des etîets obtenus par le mélange de l'or, des pierreries et des émaux, rivaliser avec ces deux ouvrages ^. »
La Géorgie, très riche, au xvn® siècle encore, en objets de cette sorte, en aconservé quelques-uns* ; par exemple, au couvent de Martviii, une icône en orémaillé de la Vierge Hodigitria qui, par la beauté de l'exécution etla majesté du style, mérite une place parmi les chefs-d'œuvre du x® siècle. Mais plus souvent encore, les émaux ont servi, sous forme de plaques et de médaillons, à orner le cadre des icônes. C'est le cas pour l'image de la Madone Nicopea à Saint- Marc, dont les seize émaux, d'un beau travail datant du x*' siècle, représentent la Déisis, des apôtres et des saints. C*e.st le cas pour deux icônes de la Vierge, au mona<^tère de Khopi en Mingrélie (lin x^ ou commencement xi® siècle), pour une icône du monastère de Lavra, à l'Athos, connue sous le nom d'icône de Jean Tzimiscès, mais qui date du xii^ siècle, et que décorent dix beaux médaillons d'émiil représentant les saints du nom de Jean ' ; c'est le cas pour une icône enfin du couvent de Kozkbéri en Mingrélie (deu.xième moitié xi® siècle), où sont figurj's sur le cadre des épisodes de la vie de la Vierge, etc. C'est d'une décoration de cette sorte également que proviennent les douze admirables médaillons émaillés de la collection Zwénigorodskoï, représentant le Christ, la Vierge, des
1. Pasini, Il tesoro diSan MarcOt Venise, 1885; Moliiiicr, Le trésor de Ubusi- Uqae de Saint-. Harc à Venise, Venise, 1888.