Kondakof, ÉmsLUX
STAUROTHEQUBS
646 l'obfévrerie — les émaux — la verrerie
assurément estlastaurothèque de Limbourg\ a un vrai chef-d'œuvre de Tart byzantin, dit Kondakof, pendant la meilleure période de sa seconde renaissance^ i>(iig.327). La date en estabsolument certaine: une inscription en vers iambiques, repoussée sur les bords du couvercle, mentionne le nom du célèbre proèdre Basile, fils bâtard de Romain Lécapène ; une autre, placée au revers de la croix d'or qui * enferme la relique, nomme les empereurs Constantin VII et Romain II, qui régnèrent associés de 948 à 959. C'est entre ces deux date> qu'il faut placer la fabrication de ce précieux monument, exécuté pour des empereurs, et qu'on peut considérer comme sortant de l'un des meilleurs ateliers de Byzance. Comme la plupart desstaurothèques, Tobjet a la forme d'une boîte rectangulaire, mesurant 0"* 48 sur 0"34. Il est tout revêtu d'or et enrichi d'émaux, sur le couvercle ainsi que dans l'intérieur du coffret, où est encastrée la croix d'or contenant la relique. Sûr le revers du coffret une ornementation au repoussé, d'un grand style, figure une croix entre deux volutes. Sur le couvercle, dont les bordures présentent une curieuse combinaison de verroterie cloisonnée et d'érpail, on voit dans le cadre huit plaques d'émail représentant des bustes de saints. Le centre est occupé par neuf tableaux d'émail, séparés par des bandes de verroterie rouge et verte ; ils représentent la Déisis et les images des apôtres. A l'intérieur de la boîte, autour de la croix, vingt plaques symétriquement disposées figurent des archanges, des chérubins à ailes ocellées (Puissances) et des séraphins à six ailes (Dominations). « Il n'existe à notre connaissance, dit encore Kondakof, ni dans les miniatures, ni dans toute l'émaillerie byzantine, aucun monument qui soit comparable à la beauté de cet iconostase ^. » Le dessin peut rivaliser avec celui des meilleures miniatures; le coloris est d'une finesse et d'un éclat extraordinaires. C'est « le spécimen le plus parfait du style byzantin », et rien ne montre mieux que ce chef-d'œuvre « l'erreur grossière de ceux qui parlent de la raideur et de la pauvreté de cet art* ».
La staurothèque de Gran(fig. 3*28), presque aussi célèbre que celle de Limbourg, ne saurait pourtant lui être comparée, ni comme richesse,
1. Aus'm Weerth, Dds Siegeskreuz des byzant. Kaisers Conslanlinus Vil Porphyrogenelos^ Bonn, 1866; Didron, Annales rchéologiquesj XVII.