‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 289 sur 370 · I. Kondakor, Hitl. tt monamenUdes émaax byuintint · texte numérisé non relu

I. Kondakor, Hitl. tt monamenUdes émaax byuintint

TBIPTYQUR DE RAKHOULI 653

perdue. Admirablement conservés, ce sont de véritables chefsd'œuvre de finesse et d'exécution techniques ; mis le coloris, si riche qu'il soit, n'a plus la merveilleuse harmonie du reliquaire de Limbourg ; et si intéressants que soient ces ouvrages, surtout par ce qu'ils nous apprennent sur les procédés de Témaillerie, on peut difficilement les faire remonter plus haut que le xi" siècle, et il faut se garder, malgré le bruit qui a été fait autour d'eux, de les considérer comme des chefs-d'œuvre. Et peut-être, dans cette collection Zwénigorodskoï, doit-on davantage retenir ces nimbes émaillés (xi*' siècle), d'un dessin et d'un coloris exquis, dont d'autres exemplaires encore se rencontrent au couvent de Ghélat en Mingrélie (xii® siècle) et sur les icônes de TAnnonciation conservées à Saint-Clément d'Ochrida (milieu xi® siècle). Ce sont des merveilles d'ornementation originale et délicate, de véritables chefs-d'œuvre d'orfèvrerie polychrome, où Ton ne saurait assez louer la grâce libre du dessin, Tharmonie des couleurs, la perfection de la technique. Certeson y reconnaît clairement Tiniluence deTart persanet de l'art arabe : mais tout cela se fond en une combinaison si nouvelle et si charmante, que ces ouvrages, d'une si curieuse originalité, peuvent être considérés à bon droit, selon l'expression de Kondakof, u comme les mo lèles les plus parfaits de l'ornementation hyziiitine ^ ».

Enfin le désir de décorer richement les icônes a produit parfois de véritables compositions d'orfèvrerie. Le triptyque de Kakhouli, au couvent de Ghélat, et la célèbre Pala d'Oro, qui décore le grand autel de Saint-iMarc de Venise en sont des exemples remarquables.

Triptyque de Kakhouli. — L'iconedela Vierge de Kakhouli (fig. 331, 332) occupe le panneau central d*un grand triptyque d*argent doré, orné de feuillages au repoussé, au milieu desquels sont fixées de nombreuses plaques d émail. La pièce d'orfèvrerie a été exécutée en Géorgie vers le second quart du xii" siècle ; mais les émaux, d'origine certainement byzantine, sont de date plus ancienne. C'e**t ce que prouvent une plaque où l'on voit le Christ coui'onnant l'empereur Michel Vil et sa femme Marie d'Alanie, et deux croix émaillées où des inscriptions nomment le roi Cyrique d'Abkhazie. Ces indicaticms nous reportent à la seconde moitié du xi* siècle, et c'est à celte date qu'il fautattribuerla plupart de ces émaux. Ils représentent des sujets divers, la Déisis, l'Hélimasie, le Pantocrator, la Vierge trônant, les

Page 1