‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 304 sur 370 · LES MINIATURES DE LA RENAISSANCE OTTONIBNNB · texte numérisé non relu

LES MINIATURES DE LA RENAISSANCE OTTONIBNNB

Les mînialures de la Renaissance otlonienne. — Elle apparaît dans les miniatures, et plus encore dans les émaux qui décorent Tévangéliaire de Gotha [Codex Aureus), offert par Otton II et Théophano au monastère d'Ëchternach. Elle est sensible dans le psautier grec de Saini-Géréon de Cologne, que possède aujourd'hui la Bibliothèque impériale de Vienne, et qui semble bien avoir servi à des offîces du rite grec. Elle se manifeste, au moins par le caractère de riconographie, dans les miniatures des manuscrits qui, entre 977 et 993, furent exécutés pour Tarchevêque Egbert de Trêves ^Évangéliaire de Trêves, Psautier dé Cividalej et surtout dans d'assez nombreuses pièces d'ivoires (par exemple les deux plaques du Vatican et du South-Kensington, provenant de Tabbaye de Lorsch), qui sont des copies évidentes d'originaux byzantins ^ L^aciivité aKistique des écoles de Reichenau et de Trêves, où furent enluminés quelques-uns des beaux manuscrits de la fin du x*' siècle, les goûts d'art que manifestait un Bernward d'Hildesheim, établissant des ateliers dans son palais épiscopal et se faisant lui-même orfèvre et sculpteur, procèdent clairement de la connaissance que prit alors l'Allemagne de la technique et du style byzantins. Et ce ne fut point. là une influence passagère, qui disparut avec Théophano et Otton III. Sous les successeurs de ce prince, en particulier sous Henri II, dont le musée de Cluny conserve le splendide autel d'or offert à l'église de Bâle, bien des monuments portent la marque évidente de Fart chrétien d'Orient. C'est à ce moment que Técole de R^tisbonne, celle de toutes les écoles allemandes qui fut le plus pénétrée d Orient, introduit dans l'art « un flot en quelque sorte débordant d'éléments byzantins '». Le Sac rame n taire exécuté pour Henri II, que conserve la bibliothèque de Munich, témoigne « d'une étude sérieusement approfondie de l'art byzantin à son apogée^ » ; sauf l'iconographie, qui reste occidentale, tout y est grec, les types, les plis des draperies, le coloris, la technique. Et pareillement la sculpture (reliefs du dôme de Bamberg *) puise aux mêmes sources orientales dont s'inspirait l'école du Languedoc. On a vu déjà comment, dans l'architecture, on observe bien des traces dimitation byzantine, et ce

1. Graeven, Die Madonna zwischen Zacharia und Johannes (BZ., X, 1901).

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