‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 309 sur 370 · Bertaux, lor. cit.^ 273-27-i · texte numérisé non relu

Bertaux, lor. cit.^ 273-27-i

*2. Bertaux, loc. cit., 273.

3. Schulz, Denkm&Ier der Kunsl des MUlelallers in U nier- Italien, Dresde. 1860 ; Venturi, Storia delV &rle ilaliana^ t. II ; Bertaux, loc. cit., 409 sniv.

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Fig. 313. — Portes de brome du mauEult-e de Uolii-iiiond à Ci9iio<4

Pise et pour le grand portail de Monreale (1 186). Il est intéressant de voir dans quelle mesure se distinguent des œuvres byzantines ces productions d'un art vraiment italien, qui s'applique à être original.

Quoiqu'il n'ait pris pour modèle aucun ouvrage byzantin de bronze, Barisanus de Trani n'est point encore pleinement dégagé des influences orientales. Dans le riche décor qui encadre les vingthuit compartiments de la porte de Monreale, s'intercalent entre les rinceaux des médaillons à sujets profanes, d'un style tout byzantin, centaures et sirènes, cavaliers et dragons enlacés ; et de même, dans deux des compartiments, on voit, se faisant face, un archer au costume oriental et un homme brandissant une massue. Parmi les figurines de saints qui occupent les autres compartiments, plusieurs sont des saints grecs ;et enfin les deux scènes évangéliques qui sont représentées, la Déposition de croix et la Descente du Christ aux limbes, ont conservé, avec la légende en caractères grecs^ tous les détails de l'iconographie orientale. On voit clairement, en comparant la porte de Monreale à celles de Trani (fig.344} et de Ravello, que Barisanus a exécuté ses figures au moyen d'un certain nombre de moules, dont il a plusieurs fois répété les épreuves, et qui ne sont autre chose que des copies ou des surmoulages de plaquettes d'ivoire ou d'orfèvrerie byzantines. Si le fondeur a représenté deux épisodes évangéliques seulement, c'est qu'il avait sans doute en main un diptyque représentant ces deux scènes, et de même il a pris sur des coffrets d'ivoire les sujets profanes qu'il a traités. Son œuvre donc est savante et riche, et il y a même une singulière beauté dans les mufles de lion, au relief puissant, qui remplissent deux des compartiments : mais, malgré la nouveauté de la technique, cette œuvre procède encore de Byzance, et le fondeur apulien n'a fait que recueillir l'héritage de l'art industriel de Constantinople.

Les portes de Bonannus de Pise sont tout autres. Dans les bordures, plus de rinceaux et de fleurons orientaux, mais des volutes d'acanthe d'une exécution assez pauvre; dans les quarante-deux compartiments où sont disposés, sur un des battants de Monreale, des scènes bibliques, depuis la création de l'homme jusqu^à Tbistoire de Gédéon, sur l'autre, des épisodes évangéliques, depuis rAnnonciati.on jusqu'à la mort de la Vierge, les figurines sont loin d'avoir la noblesse d'allures et la finesse d'exécution des figurines de Barisanus. Sans doute, dans la composition, il y a parfois des • réminiscences de l'iconographie byzantine : mais la facture est rude.

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le relief rond etjgros, lea types vulgaires Comme la porte de la

Fig. 3i4. — Portes di; brame de Tranj.

cathédrale de Bénévent, qui remonte à la fin du mi* siècle, et dont elle doit être rapprochée, la porte de Monreale ne procède point de l'inspiration d'où sortit l'œuvre de Barisanus. On ne peut dire quels

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modèles perdus servirent à Bonannus de Pise el au fondeur de Bénévent : niais en tout cas « Timpression d'ensemble esl celle d^uii art plus grossier et plus vivant, plus populaire, en un mot, que Tart byzantin ' >.

On a montré précédemment comment, dans les mosaïques de Sicile, dans celles qui décorent les nefs de la Chapelle Palatine comme dans celles qui couvrent les immenses surfaces du dôme de M onreale, on reconnaît de même, malgré le caractère souvent toul oriental de Ticonographie, Tœuvre d'artistes indigènes, disciples des Grecs, mais infiniment moins habiles. Dans ces ouvrages inégaux, où apparaît la tendance à s'affranchir des leçons byzantines, se marque une évolution à laquelle le temps manquera pour pro> duire tous ses fruits. Mais Teffort, qu'on retrouve tout semblable dans quelques-unes des mosaïques vénitiennes, n'en demeure pas moins singulièrement intéressant.

Persistance des influences byzantines. — Sans vouloir exagérer rinfluence de Byzance sur l'Occident, on ne saurait nier pourtant que, du x* au xm* siècle, elle fut, une fois encore, en Italie, en France, en Allemagne, la grande initiatrice, et que, cette fois encore, la tt question byzantine » se résout nettement en faveur de TOrient. Sans doute, selon les régions diverses, la portée de l'action exercée par les maîtres étrangers el la durée de leur influence ont été ditférentes : sans doute d'autres traditions plus anciennes ont combattu parfois la révélation qu'ils apportaient. Il n'en demeure pas moin^ que l'Italie dut à Byzance l'art savant qui a produit la magnifique floraison de la fin du xi® et du xii** siècle, que l'architecture romane doit à Byzance plus qu on ne pense, que l'art décoratif de TOccident s'est longtemps inspiré de ses leçons. Plus d'une fois, après de brillantes renaissances où les arts indigènes semblaient s'être émancipés, le puissant courant byzantin, reprenant sa marche, s'est de nouveau victorieusement répandu sur l'Occident. On le voit dans r.\llemagne du xiii® siècle, dans l'Ilalie méridionale du xn-*^*. A l'époque angevine, alors que depuis cinquante ans, à Naples, l'art officiel est aux mains des maîtres toscans, à Gastellaniare on peint encore des saints à la manière grecque, et dans tout le sud, dans l'église de San Stefano à Soleto (1347), dans la crypte de Vaste (1376), dans l'église de Santa Maria di Gerrate près de Lecce

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