‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 31 sur 370 · Cf. Baumstark, PaUestinensia (RQ, t. XX (1906), p. 125.J · texte numérisé non relu

Cf. Baumstark, PaUestinensia (RQ, t. XX (1906), p. 125.J

2. Cf. Strzygowski, Eine Alexandrinische Weltchronik^ p. 180-183, et Der serbische Psaller in Mùnchen, p. 87 suiv.

LA DÉCORATION POLYCHROME DANS LES ÉDIFICES SYRIENS 5l

retenir ceci comme certain, que Ficonographie byzantine se rattachée la région syro-palestinienne, et que sur ce point, de même que dans la formation de son système décoratif, la Syrie a exercé sur Byzance une action incontestable et puissante.

LA DECORATION POLYCHROMÇ DANS LRS ÉDinCES SYRIENS

L architecture de la Syrie centrale a, on le verra, joué peut-être quelque rôle dans le développement de Tarchitecture occidentale, et en particulier de Fart roman, avec lequel ses monuments offrent de curieuses analogies. Mais s'il est vrai qu'à cet égard, Constantin nople ne doit rien ou presque rien à la Syrie, toutefois il ne faut point perdre de vue que nous sommes loin de connaître dans toute son ampleur le développement de Farchitecture syrienne au iv^ et ' au V* siècle. A côté de Fart très orientalisé que nous rencontrons dans Fintérieur du pays, on peut croire qu'à Antioche, capitale de la région, il en exista un autre, plus pénétré d'hellénisme, moins strictement local et particulier, et il est inadmissible que cette grande ville florissante n'ait exercé aucune sorte d'action.

Assurément il est impossible, dans l'état actuel de la science, de déterminer exactement Fétendue de cette action et de définir le caractère de cet art. On observera cependant que, tandis que les constructeurs de la Syrie centrale employaient exclusivement la pierre, à Antioche certainement, à Jérusalem et dans les grandes villes hellénistiques du littoral, on bâtissait en briques ^ Or, de ce fait, résultent de nécessaires conséquences. Tandis que la construction en pierre exclut, ou du moins n'exige pas la polychromie, le mur en brique, au contraire, a besoin, à Fintérieur et à l'extérieur, d'un revêtement somptueux qui cache son indigence. Dans les édifices des villes hellénistiques de Syrie, la décoration polychrome eut donc sa place, soit par l'emploi des métaux précieux, comme dans « Féglise dorée » que Constantin éleva à Antioche, soit par l'emploi des mosaïques sur la façade extérieure des constructions. La mosaïque de Madaba montre une décoration de cette sorte au fronton des

1. On peut remarquer que toutes les basiliques de Palestine du iv« et du V* siècle, dont il subsiste des ruines, sont construites dans le type hellénistique (Cf. Baumstark, PaUegUnentU, 130-133.)

monuments de Jérusalem ; Choricius vante la polychromie des rues de Gaza, et Ton a la preuve qu'à la basilique de Bethléem, FAdoration des Mages était représentée sur le mur extérieur de Téglise. A rintérieur, les constructions syriennes ont connu de même, sur le sol, le décor polychrome des pavements historiés (mosaïques de Kabr-Hiram, de Jérusalem, de Madaba ^), sur les parois, la splendeur des incrustations de marbre, des mosaïques à fond d'or ou des peintures. Les édifices constantiniens de Jérusalem étaient ainsi décorés^ aussi bien la basilique du Saint-Sépulcre que Téglise de TAscension sur le mont des Oliviers. La description qu'a faite Choricius des églises de Saint-Serge et de Saint-Ktienne, bâties à Gaza au commencement du vi^ siècle, montre qu'elles aussi étaient ornées de semblable manière et avec un luxe pareil. Pas un endroit n*y restait sans un revêtement de marbre précieux, de mosaïques à fond d'or ou de peintures. On y voyait représentés, à Saint-Serge, des jardins pleins de pommiers chargés de fruits, de poiriers et de grenadiers, où s'ébattaient des oiseaux, à Saint-rltienne, le Nil avec ses courants, les prairies de ses rives, les animaux qui se baignent dans ses eaux. Ailleurs c'étaient des vignes, des vergers, des ornements de tout genre, et à côté de ce décor pittoresque, une suite de scène^^ évangéliques, montrant Tenfance, les miracles et la Passion du Christ. Il y a même tout lieu de croire que les plus beaux édifices de la Syrie centrale étaient décorés- de cette façon. On sait, par exemple, qu'au couvent de Saint-Syméon, des peintures, des pavements de marbre, des caissons peints et dorés s'unissaient, pour rehausser la magnificence de l'église, à la décoration sculptée toute pleine d'éléments orientaux.

Ce que Byzance doit à la Syrie. — Si l'on se souvient enfin que la Syrie a connu, parmi les formes architecturales, la basilique hellénistique et la construction à plan central, la coupole sur trompes d'angle à Saint-Serge de Gaza, le plan tréflé à Bethléem et à Bosra« on ne pourra douter du grand et fécond mouvement d'art qui se développa entre le iv® et le vi^ siècle dans les villes hellénistiques de Syrie. Assurément, une partie des éléments qui s'y rencontrent n'est

] . On trouvera une liste des pavements de Palestine dans Baumstarck, loc. cil., 139-1 il. Cf. pour la mosaïque de Kabr-Hiram, Renan, Mission de Phénicien Paris, 1864 : pour celle d'Orphée à Jérusalem, Strzygowski, Das neu-gefundene Orpheus-Mosaik in Jérusalem (Zt. d. deutsch. Palestina-Vereins, t. 24 (1901); pour celle de Madaba, Schulten, Die Mosaikkarte von ifuda/ia, Berlin. 1900 ; Jacoby. Das geocfraphische Mosaik von Madaba^ Leipzig, 1905.

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